Coronavirus: est-ce que la quarantaine en Italie est proportionnée?

Coronavirus: est-ce que la quarantaine en Italie est proportionnée?

Le virologue Marc Van Ranst comprend les mesures prises par le gouvernement italien pour mettre en quarantaine de grandes parties de l’Italie du Nord, mais doute qu’elles soient proportionnées. « Nous devons examiner les faits objectivement », dit-il dimanche.

« Il est difficile de prendre la place des Italiens, où la crise du coronavirus dure depuis un certain temps », déclare M. Van Ranst. « Le nombre de décès ne cesse d’augmenter : d’abord cent, puis deux cents. La population demande des mesures et pense que le gouvernement n’en fait pas assez. Cela crée une pression politique et le gouvernement est obligé de prendre des mesures de ce type ».

Mais Van Ranst met la situation en perspective. « Nous devons examiner les faits objectivement. Chaque année, plus de citoyens meurent de la grippe que du coronavirus. Peu de questions sont posées car cela est prévu et se produit chaque année ».

Les mesures doivent être proportionnées, même si chaque décès est un de trop, dit M. Van Ranst. « Nous pourrions aussi faire des tests de dépistage de la grippe. Mais je n’ai même jamais été appelé par des journalistes pour demander s’il y avait assez de réactifs (les produits nécessaires aux analyses, NDLR) pour la grippe ».

Des mesures efficaces ?

Les mesures sont-elles efficaces en Italie ? « Bien sûr qu’ils le sont. Ils l’ont vu avec les fermetures d’usines en Chine, mais en fait, nous le faisons depuis le Moyen Âge. Si vous fermez des zones, le virus doit s’éteindre. La question, en revanche, est de savoir si cela est proportionné et s’il s’agit de la meilleure solution possible pour le moment », déclare M. Van Ranst, qui continue d’appeler au calme.

La Belgique en phase 2

Pour l’instant, la Belgique est toujours dans la phase 2 du plan d’urgence pour le nouveau coronavirus, dont le but est de contrôler et de contenir le virus.

Mais maintenant que des infections locales apparaissent également ici et là, la question se pose de savoir quand la phase 3 commencerait. À l’heure actuelle, il n’est plus possible de savoir qui infecte qui et l’accent est mis sur l’organisation des soins médicaux. « Je ne m’inquiète pas de savoir quelle phase va commencer et quand », répond M. Van Ranst. « Nous devons juste faire ce qui est nécessaire pour faire face au virus. »

 
 
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