Coronavirus: les généralistes désirent un commissaire de crise

Le président du collège de médecine générale francophone, Thomas Orban, a appelé dimanche à la désignation d’un « commissaire de crise » pour gérer le suivi du coronavirus en Belgique.

Le paysage politique de la santé en Belgique se caractérise par un éclatement des compétences entre le pouvoir fédéral, les Communautés et les Régions. Pas moins de 9 ministres exercent une partie de cette compétence.

« Il est temps de nommer un commissaire de crise au-dessus des clivages. Il faut avancer pour couper la tête de cette épidémie », a dit M. Orban sur le plateau de « C’est pas tous les jours dimanche » (RTL-TVI).

Le nombre de cas détectés augmente chaque jour en Belgique. Le royaume est toujours en « phase 2 » qui consiste à limiter la propagation du virus. Certaines voix scientifiques se font toutefois entendre pour passer en « phase 3 » qui vise elle à endiguer l’épidémie, comme c’est le cas en Italie, où sont prises des mesures beaucoup plus strictes de quarantaines, d’interdiction de grands rassemblements, de fermeture des écoles, etc.

« Jusqu’ici, le gouvernement n’y pense pas », a assuré le ministre de l’Intérieur, Pieter De Crem. « Il faut se préparer éventuellement à passer en phase 3 », a nuancé la ministre en charge de la Santé en Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard. « La question du confinement est discutée et la décision sera prise en fonction de ce que les scientifiques recommandent. Il y a des échanges quotidiens parfois d’heure en heure ».

Des mesures comme celles prises en Italie, où des millions de citoyens ont été placés en quarantaine dans le nord du pays, n’ont que « peu de sens dans le contexte belge », a indiqué quant à lui le virologue Steven Van Gucht, expert de Sciensano et directeur du comité scientifique « coronavirus », interrogé par Belga. Si la situation était semblable en Belgique, la population serait appelée à limiter sa participation à des activités et éviter les déplacements non nécessaires.

La fermeture d’écoles pourrait avoir des effets pervers puisque des enfants risquent de se retrouver chez leurs grands parents, font remarquer plusieurs spécialistes. Or, les personnes âgées font partie des catégories à risque de l’épidémie.

La question du nombre de ministres est également posée. Le président du MR, Georges-Louis Bouchez, estime qu’il faut le réduire, particulièrement du côté francophone et germanophone qui totalise 6 des 9 ministres compétents. Le son de cloche était le même chez Sofie Merckx (PTB).

« C’est une question qui peut totalement se poser mais dans une période non urgente », a dit pour sa part Mme Linard.

 
 
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