Des témoignages de violences policières lors de la Marche des femmes

Des témoignages de violences policières lors de la Marche des femmes
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La Marche des Femmes, organisée à Bruxelles à l’initiative du collecti.e.f 8 maars, a rassemblé plus de 6.000 personnes ce dimanche. L’ambiance était plutôt bon enfant tout au long du cortège… Des manifestantes témoignent cependant de violences policières. « Nous étions trois filles, et nous faisions des tags au sol, sous la pluie, raconte cette manifestante. Ils sont venus vers nous et on n’a pas eu le temps de dire quoi que ce soit, ou de se débattre qu’ils nous traînaient par terre. Ils m’ont traînée sur le sol, en m’étranglant, et en disant aux gens que tout allait bien, qu’ils ne me faisaient pas mal. D’autres flics ont traîné mon amie dans une autre petite rue, seule, l’ont maintenue au sol, avec les genoux sur sa cage thoracique. Elle a reçu un coup dans la mâchoire et a perdu un bout de dent. Ils ont apparemment sorti les matraques pour s’en prendre à celles et ceux qui sont venus la défendre. Un autre ami a réussi à s’en sortir avec un bleu à la tête. » Les manifestants ont demandé aux agents de fournir leur preuve d’identification en tant que policiers, ce que ces derniers auraient refusé, à l’exception de l’un d’eux, rapportent les témoins que nous avons eus en ligne. « Ils m’ont par contre pris ma carte d’identité, et ne me l’ont rendue que lorsque 15, 20 personnes autour d’eux ont fait pression. »

Cette autre manifestante est intervenue, lorsqu’elle a vu que des jeunes femmes étaient traînées dans des ruelles adjacentes. « C’est un peu confus, raconte-t-elle. J’ai vu des policiers en civil qui s’en prenaient à une manifestante dans une ruelle, entre le Sablon et la place des Palais. Il y avait une femme à terre, qui était tenue par le cou par un policier en civil. On est allés voir ce qui se passait. Là, on a été roués de coups par des policiers en civil avec une matraque télescopique. » Cette manifestante évoque au moins une dizaine de personnes violentées. « Ils frappaient sur tout le monde. Les pompiers ont dû intervenir car une personne a reçu un coup à l’arcade, et a dû partir en ambulance. »

Du côté de la police, on dément de telles violences : « Je me suis renseignée et je ne dispose d’aucune information faisant état d’une quelconque intervention de ce type-là », assure Ilse van de Keere, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Ixelles. Elle précise d’ailleurs que ces services ont bien fait appel à une ambulance, mais que personne n’est finalement monté dedans. « C’est une histoire un peu spéciale », termine-t-elle.

Le Collecti.e.f 8 maars, à l’initiative de la manifestation, a lancé un appel à témoignages sur les réseaux sociaux, et tente de rassembler les vidéos qui auraient capturé ces violences. « Nous allons récolter les preuves et accompagner les filles pour porter plainte », explique Alicia Aguirre, membre du Collecti.e.f. « Il s’agissait d’une manifestation on ne peut plus pacifiste. Ces actions policières ont employé une force totalement démesurée par rapport à ce qui était réalisé. On n’étrangle pas une personne parce qu’elle colle des affiches ou fait un tag. » Le bilan de la mobilisation est cependant positif, tient à souligner Alicia Aguirre. « La grève prend un peu partout, et ce n’est pas ce type d’exactions qui nous arrêtera ! »

 
 
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