Face au coronavirus, les Bourses perdent pied: Wall Street perd 7%

Face au coronavirus, les Bourses perdent pied: Wall Street perd 7%
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Les Bourses ont perdu pied ce lundi matin. En Europe, dès l’ouverture, les marchés d’actions cédaient entre 5 et 12 %. A Bruxelles, le Bel 20, l’indice des vingt valeurs vedettes, dégringolait ainsi de plus de 7 %, de même que Francfort. Les pertes étaient à peine moins marquées à Paris et Amsterdam, aux environs de 6 %, tandis qu’Oslo s’effondrait de 12 % !

Après avoir quelque peu réduit leurs pertes dans la matinée, les places européennes ont rechuté en milieu d’après-midi, mimant l’ouverture en nette baisse de la Bourse de New York : le Dow Jones perd, dans les premiers échanges, 7 %.

Les places boursières occidentales s’alignent ainsi sur la dégringolade observée quelques heures plus tôt en Asie, où les marchés d’actions ont dévissé, dans la foulée de l’effondrement du cours du baril.

En cause, la décision de l’Arabie saoudite d’adopter une politique de la terre brûlée en baissant drastiquement le prix de son or noir, après l’échec de négociations en fin de semaine dernière entre les pays exportateurs de pétrole (Opep) et la Russie.

Ces derniers ne sont pas parvenus à s’entendre sur de nouvelles coupes dans leur production pour tenter d’enrayer la chute des cours du pétrole en raison de l’épidémie mondiale de coronavirus.

« L’Arabie saoudite semble vouloir punir la Russie », a commenté Jeffrey Halley, analyste de marché chez OANDA.

D’est en ouest, les pertes, en clôture, s’établissaient entre 7 % à Sydney, plus de 5 % à Tokyo, 4,2 % à Hong Kong, 3,8 % à Shenzhen et 3 % à Shanghai.

Le Bel 20 a effacé ses gains de 2019

Les marchés boursiers avaient initialement largement ignoré l’épidémie de covid-19. Mais depuis l’apparition du nouveau coronavirus dans le nord de l’Italie, il y a trois semaines, l’épidémie a contaminé, de plus en plus, l’atmosphère des marchés.

Par rapport à leur clôture du 21 février dernier, des places européennes, comme Bruxelles et Francfort, affichent ce lundi matin un recul de plus de 20 %.

Le Bel 20 venait à peine de renouer avec son niveau d’il y a deux ans. Si l’année 2018 avait été morose à la Bourse de Bruxelles, la remontée des cours l’année suivante avait en effet permis à l’indice de regagner le terrain perdu.

Las, la dégringolade du Bel 20, en moins de trois semaines, a effacé la quasi-totalité des gains engrangés au cours de l’année passée.

« L’épidémie est un catalyseur des faiblesses et contradictions » de l’économie mondiale, a commenté Shen Zhengyang, analyste du courtier Northeast Securities, auprès de nos confrères de l’Agence France Presse.

« Les risques de récession mondiale ont augmenté. Un recul prolongé de la consommation, en plus de fermetures prolongées d’entreprises, attaquerait les bénéfices, conduirait à des suppressions d’emplois et pèserait sur le moral » des acteurs économiques, expliquent les analystes de Moody’s. (avec AFP.)

Les banques centrales à la rescousse

Mardi passé, la Réserve fédérale, la banque centrale des Etats-Unis, a décidé d’abaisser de 50 points de base son taux directeur. Si la mesure était attendue, la Fed a néanmoins pris les observateurs par surprise : cette décision a été prise sans attendre la réunion du comité de politique monétaire, programmée pour les 17 et 18 mars.

Jugé peu efficace face aux perturbations économiques provoquées par le coronavirus, l’assouplissement de la politique monétaire américaine visait avant tout à soutenir la Bourse américaine. Mais elle n’a eu, au final, que peu d’impact, puisque Wall Street a continué à perdre du terrain.

Quelques heures auparavant, les banques centrales d’Australie et de Malaisie avaient également dégainé l’arme monétaire. La Banque de réserve d’Australie, qui a ainsi ramené son taux directeur à 0,5 %, avait déjà abaissé à trois reprises son taux directeur depuis juin 2019, face à la morosité persistante de la conjoncture locale et à une croissance atone.

Tous les regards se tournent désormais vers la Banque centrale européenne (BCE), dont la réunion du conseil des gouverneurs, son organe décisionnel, est attendue jeudi.

Au début de la semaine passée, la BCE a promis des mesures « appropriées et ciblées » face à l’épidémie, sans préciser leur nature ni leur calendrier.

La référence à des mesures « ciblées » reflète en réalité la faible marge de manœuvre de l’institut d’émission de la zone euro, dont le principal taux directeur est à zéro depuis bientôt 4 ans.

La BCE pourrait, par exemple, proposer aux banques commerciales des prêts à long terme à taux négatif, à condition que celles-ci octroient à leur tour des prêts aux PME, particulièrement fragiles et exposées à un problème de liquidité.

 
 
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