Ligue des Champions: le PSG en mission face à Dortmund, au huis clos et au mauvais sort

Kylian Mbappé et Thomas Tuchel
Kylian Mbappé et Thomas Tuchel - Photo News

L’équation, déjà complexe en raison du poids des désillusions parisiennes au seuil du Top 8 européen, s’est enrichie d’une inconnue inattendue: il faudra réaliser le match européen parfait, qui se refuse au PSG depuis 2016, dans un Parc des Princes vide et sans âme.

A l’aller, l’ambiance survoltée du «Mur jaune» avait transcendé les joueurs de Dortmund pour leur permettre de remporter la première manche. Au retour, le club français misait sur l’appui de ses 48.000 supporters pour renverser la situation lors du rendez-vous le plus important de sa saison.

Les autorités françaises en ont finalement décidé autrement. La faute à la propagation du Covid-19, qui a contaminé plus de mille personnes sur le territoire selon le dernier bilan officiel.

Comme si le PSG, traumatisé par les éliminations répétées en 8es de finale de C1 depuis 2016, voyait le sort s’acharner sur son rêve européen après les deux blessures de sa superstar Neymar, la «remontada» de Barcelone en 2017, la leçon du Real Madrid en 2018 et l’incroyable «come-back» de Manchester United en 2019...

— Incertitude Mbappé, supporters déboussolés -

Le vice-capitaine parisien Marquinhos souhaitait un report pour pouvoir jouer devant son public ? Un voeux pieux impossible à concrétiser pour l’UEFA, contraint par un calendrier serré. De quoi désespérer les supporters parisiens...

Résultat: les coéquipiers de Neymar, qui disputera son premier 8e de finale retour de C1 sous le maillot parisien, ne verront jamais le tifo et autres animations préparés depuis plusieurs semaines par le Collectif ultras Paris (CUP).

Le principal groupe de supporters a toutefois invité les fans à se réunir mercredi en fin d’après-midi aux alentours du Parc, pour que «les joueurs (les) entendent de l’extérieur.»

Dans le stade, l’atmosphère s’annonce «bizarre», comme l’a reconnu mardi l’entraîneur Thomas Tuchel. «On va jouer sans spectateurs, sans supporters. Dans un match comme celui-là, c’est super important pour créer une ambiance spéciale, pour créer de la pression sur nos adversaires», a-t-il déploré.

Sans public, il faudra d’autres ressorts pour réussir le grand exploit tant attendu de l’ère qatarie, comme l’orgueil blessé d’un club programmé aux plus grands succès grâce à ses investissements faramineux depuis 2011, mais devenu la risée de la planète foot par sa propension à se saborder dans les moments clés.

Surclassé à Dortmund par la fougue d’Erling Haaland et l’intelligence tactique d’Emre Can, deux joueurs recrutés cet hiver au prix d’un Leandro Paredes, le PSG a payé sa mauvaise préparation entre jeu stéréotypé, reposant sur les éclairs de ses individualités, et bloc défensif trop friable.

— Dortmund mise sur «l’avantage psychologique» -

Principal cible des critiques ? L’entraîneur parisien Thomas Tuchel, auteur d’un pari tactique raté à l’aller. Le technicien allemand, qui joue son avenir dans la capitale, est condamné à s’appuyer cette fois sur son 4-4-2 préférentiel.

Avec quels joueurs ? Si l’identité du onze de départ est connue à 80%, deux joueurs majeurs posent encore question: Kylian Mbappé et Thiago Silva.

Le champion du monde, malade, a manqué les deux derniers entraînements, semant le doute sur sa participation. Quant au capitaine parisien, engagé dans une course contre la montre après sa blessure musculaire, il est en passe de réussir son pari malgré le report de dernière minute du match de Strasbourg, censé lui redonner du rythme.

Toutes les meilleures armes parisiennes seront nécessaires car Dortmund, de son côté, a poursuivi sans encombre sa préparation en s’imposant samedi à Mönchengladbach (2-1) en Bundesliga. Sans aucune blessure à déplorer.

La confiance est telle à tous les étages, que le patron du Borussia Hans-Joachim Watzke s’est même permis un coup de pression médiatique: «Pour eux, le monde va s’effondrer s’ils sont éliminés. Je crois que nous avons maintenant un avantage psychologique».

Avec un budget presque deux fois inférieur au PSG (377,1 contre 635,9 M EUR, selon le cabinet Deloitte), Dortmund n’a pas ce poids.

Depuis sa finale en 2013, le Borussia n’a même atteint qu’une fois les quarts avec... Thomas Tuchel sur le banc. L’entraîneur parisien est condamné à faire au moins aussi bien sous ses nouvelles couleurs pour éviter une crise sportive majeure.

 
 
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