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Bruxelles: de nouvelles vidéos attestent des violences policières à la Marche des Femmes

Le Collecti.e.f 8 maars de Bruxelles a tenu une conférence de presse ce mardi. Ils ont présenté divers témoignages et vidéos attestant de violences policières lors de la marche des femmes de dimanche.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Depuis dimanche, le collecti.e.f 8 maars, à l’initiative de la marche des femmes de dimanche et de la grève des femmes, a rassemblé divers témoignages de violences policières subies lors du cortège et en dehors. Des vidéos ont également été présentées lors de la conférence de presse convoquée par les organisatrices ce mardi. En recoupant divers témoignages de victimes directes ou de personnes ayant assisté aux faits, le Collecti.e.f a identifié différents moments et lieux où des violences ont eu lieu.

Tout d’abord, l’agression de deux jeunes femmes rue des Six Jeunes hommes, où des policiers en civil ont traîné violemment des manifestantes hors du cortège. Il s’agit des témoignages que Le Soir avait déjà récoltés dimanche soir. Une nouvelle vidéo transmise au collecti.e.f, et filmée d’un balcon, montre la réaction des policiers qui matraquent les personnes qui tentent d’intervenir. On dénombre un poignet cassé, des coups de matraque à la poitrine, aux épaules, etc. Une autre vidéo révèle la prise serrée d’un policier envers une jeune femme, qui a été attrapée par derrière et traînée sur le sol alors qu’elle faisait des graffitis sur le sol. « On faisait une manifestation pour les droits des femmes en évoquant des faits graves, comme le viol, les violences, etc. , témoigne cette victime. Et on se fait violenter pour un petit graffiti sous la pluie ! C’est totalement disproportionné. »

Ensuite, d’autres violences se sont déroulées près de la Monnaie : un policier porte un coup au visage à une jeune femme, qui tentait d’intervenir voyant son copain entraîné à l’écart et plaqué au sol par plusieurs policiers. Il s’agit de la vidéo qui a commencé à circuler sur divers sites dès lundi. La jeune femme, qui a transmis un témoignage écrit au collecti.e.f, est sortie de l’hôpital à 22 h, avec trois points de suture. Elle est encore sous le choc. L’homme mis à terre pourrait avoir une fracture de la mâchoire. « De nombreuses victimes ont des certificats médicaux », indique le Collecti.e.f.

Les organisatrices ont aussi reçu un témoignage et une vidéo d’une violence raciste à la grand place, envers une femme portant un voile qui lui masquait le visage. Enfin, à la fin de la manifestation, aux alentours de la gare centrale, des colleuses d’affiche auraient également été prises à partie et arrêtées, mais le collecti.e.f dispose de moins d’informations.

Une enquête ouverte

Les victimes réfléchissent à porter plainte. Parallèlement, une enquête a été ouverte dimanche soir, même si la porte-parole de la zone Bruxelles-Ixelles, Ilse Van de keere, avait dans un premier temps déclaré au Soir ne pas avoir d’éléments. «Un procès-verbal a été établi concernant l’ensemble de l’incident et une enquête est en cours pour savoir ce qui s’est réellement passé», a déclaré lundi Olivier Slosse, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles. «Il sera notamment examiné si l’usage de la violence par la police était opportune et proportionnée. Le coup qui a été porté à l’agent pourrait également faire l’objet d’une enquête».

Pour le Collecti.e.f, « les événements survenus ce 8 mars sont une énième attaque menée sur les corps des femmes, et des autres corps minorisés. Ils sont l’expression de cette violence systémique patriarcale, raciste, classiste, LGBTophobes contre laquelle nous nous soulevons. » Il appelle toutes les associations féministes, les mouvements sociaux, syndicaux et politiques à « condamner publiquement cette gestion de l’ordre public intolérable dans un “État de droit” et la normalisation des répressions policières ».

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13 Commentaires

  • Posté par Noirot Stéphane, mercredi 11 mars 2020, 13:56

    Je crois qu'Elodie Blogie est journaliste à proprement parler (diplômée de l'UCL) : extrait de sa bio dans le journal Le Soir. Journaliste au service Société Née en 1988, Elodie Blogie est collaboratrice pour « Soir » depuis début 2013. Diplômée en langues et littératures romanes et en journalisme (UCL), elle a travaillé pour les services Culture et Forum du « Soir » avant d'intégrer le service Société. Elle est en charge des dossiers cultes et laïcité, et de tout ce qui concerne la famille.

  • Posté par De Ronde Michel, mardi 10 mars 2020, 22:48

    Pour le moment et d’après les vidéos disponibles, on peut juste dire que les policiers agressés par des agitateurs ont réagi de manière opportune et proportionnée. Pour le reste, ce ne sont que des allégations encore non vérifiées et vraisemblablement invérifiables. Il est probable que l’enquête diligentée par la police conclura à l’absence de violences policières. D’ailleurs le collectif ne fait pour l’instant que songer à porter plainte, ce qui laisserait entendre qu’il n’est pas trop sûr du succès de sa démarche, mais devrait lui permettre, s’il porte quand même plainte, de faire traîner les choses. Car l’essentiel pour les activistes est de faire la une de la presse le plus longtemps possible et au moins jusqu’à la fin de l’enquête policière, voire de l’action en justice. En cas de décision invalidant le stratagème de la brutalité policière, il est tout à fait possible que la presse ne fasse pas état de cette conclusion, de sorte que le bon peuple retiendra malgré tout que les féministes sont également victimes de violences de la part de la police. Cette victimisation n’est évidemment pleinement efficace que si, jusqu’au bout, la presse se prête complaisamment à ce jeu de dupes.

  • Posté par De Ronde Michel, mercredi 11 mars 2020, 11:56

    @Wauthier Philippe. Si vous pouviez en apporter un début de preuve, non idéologique et non fabriqué de préférence...

  • Posté par Monsieur Alain, mercredi 11 mars 2020, 10:19

    Je relève que sur la plupart des images, les policiers ne sont aucunement identifiables au travers d'un brassard ou autre moyen. De plus, en aucun cas des policiers en civil ne devraient être déployés sur le terrain pour empêcher aux manifestants tel ou tel accès. Ces policiers sont difficilement identifiables, disposent de peu ou pas de protection individuelle, ne sont pas entraînés pour ce type d'action et peuvent ainsi avoir recours beaucoup plus vite à une violence excessive en s'imaginant que c'est la chose à faire. Des policiers en civil ayant quand même été déployés, cela peut être un indice que la police a été surprise par l'action du collectif et/ou était mal préparée/renseignée. Quand on sait que l'Inspection Générale de la Police est en sous-effectif et ne pourra pas faire grand chose, on ne doit pas s'attendre non-plus à une quelconque remise en cause si c'est la police locale qui enquête elle-même sur ses propres "bavures" supposées.

  • Posté par Wauthier Philippe, mercredi 11 mars 2020, 9:23

    Une femme est sortie de l'hôpital avec 3 points de suture et vous parlez de réaction de manière opportune et proportionnée.

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