Bruxelles: de nouvelles vidéos attestent des violences policières à la Marche des Femmes

Bruxelles: de nouvelles vidéos attestent des violences policières à la Marche des Femmes

Depuis dimanche, le collecti.e.f 8 maars, à l’initiative de la marche des femmes de dimanche et de la grève des femmes, a rassemblé divers témoignages de violences policières subies lors du cortège et en dehors. Des vidéos ont également été présentées lors de la conférence de presse convoquée par les organisatrices ce mardi. En recoupant divers témoignages de victimes directes ou de personnes ayant assisté aux faits, le Collecti.e.f a identifié différents moments et lieux où des violences ont eu lieu.

Tout d’abord, l’agression de deux jeunes femmes rue des Six Jeunes hommes, où des policiers en civil ont traîné violemment des manifestantes hors du cortège. Il s’agit des témoignages que Le Soir avait déjà récoltés dimanche soir. Une nouvelle vidéo transmise au collecti.e.f, et filmée d’un balcon, montre la réaction des policiers qui matraquent les personnes qui tentent d’intervenir. On dénombre un poignet cassé, des coups de matraque à la poitrine, aux épaules, etc. Une autre vidéo révèle la prise serrée d’un policier envers une jeune femme, qui a été attrapée par derrière et traînée sur le sol alors qu’elle faisait des graffitis sur le sol. « On faisait une manifestation pour les droits des femmes en évoquant des faits graves, comme le viol, les violences, etc. , témoigne cette victime. Et on se fait violenter pour un petit graffiti sous la pluie ! C’est totalement disproportionné. »

Ensuite, d’autres violences se sont déroulées près de la Monnaie : un policier porte un coup au visage à une jeune femme, qui tentait d’intervenir voyant son copain entraîné à l’écart et plaqué au sol par plusieurs policiers. Il s’agit de la vidéo qui a commencé à circuler sur divers sites dès lundi. La jeune femme, qui a transmis un témoignage écrit au collecti.e.f, est sortie de l’hôpital à 22 h, avec trois points de suture. Elle est encore sous le choc. L’homme mis à terre pourrait avoir une fracture de la mâchoire. « De nombreuses victimes ont des certificats médicaux », indique le Collecti.e.f.

Les organisatrices ont aussi reçu un témoignage et une vidéo d’une violence raciste à la grand place, envers une femme portant un voile qui lui masquait le visage. Enfin, à la fin de la manifestation, aux alentours de la gare centrale, des colleuses d’affiche auraient également été prises à partie et arrêtées, mais le collecti.e.f dispose de moins d’informations.

Une enquête ouverte

Les victimes réfléchissent à porter plainte. Parallèlement, une enquête a été ouverte dimanche soir, même si la porte-parole de la zone Bruxelles-Ixelles, Ilse Van de keere, avait dans un premier temps déclaré au Soir ne pas avoir d’éléments. «Un procès-verbal a été établi concernant l’ensemble de l’incident et une enquête est en cours pour savoir ce qui s’est réellement passé», a déclaré lundi Olivier Slosse, porte-parole de la zone de police Bruxelles-Capitale/Ixelles. «Il sera notamment examiné si l’usage de la violence par la police était opportune et proportionnée. Le coup qui a été porté à l’agent pourrait également faire l’objet d’une enquête».

Pour le Collecti.e.f, « les événements survenus ce 8 mars sont une énième attaque menée sur les corps des femmes, et des autres corps minorisés. Ils sont l’expression de cette violence systémique patriarcale, raciste, classiste, LGBTophobes contre laquelle nous nous soulevons. » Il appelle toutes les associations féministes, les mouvements sociaux, syndicaux et politiques à « condamner publiquement cette gestion de l’ordre public intolérable dans un “État de droit” et la normalisation des répressions policières ».

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