Coronavirus: la Commission européenne met sur la table un «fonds d’investissement» corona à 25 milliards d’euros

Coronavirus: la Commission européenne met sur la table un «fonds d’investissement» corona à 25 milliards d’euros
EPA

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé mardi soir qu’un « fonds d’investissement de réponse au coronavirus » sera prochainement créé, qui pourrait « rapidement atteindre 25 milliards d’euros » de force d’investissement au bénéfice « des PME », du marché de l’emploi, et plus largement des « parties les plus vulnérables de notre économie » qui souffre de la propagation du Covid-19.

« Pour réaliser cela, je proposerai cette semaine au Conseil (États membres) et au Parlement de libérer 7,5 milliards de liquidités d’investissement », une somme qui est disponible « au titre des fonds structurels » et permettra ensuite de mobiliser plus largement les 25 milliards évoqués, a-t-elle expliqué à l’issue d’une vidéoconférence avec Charles Michel, Josep Borrell et les chefs d’État et de gouvernement des 27 États membres.

Lors de cette rencontre virtuelle menée par le président du Conseil européen, les dirigeants des 27 ont identifié les priorités face à la crise : la lutte contre la propagation du virus, s’assurer de la disponibilité des équipements médicaux nécessaires, dont les fameux masques, le soutien à la recherche, ainsi que la gestion des conséquences socio-économiques de la crise. C’est sous ce dernier point que tombe la création prochaine du fonds d’investissement de réponse au coronavirus. « Nous allons créer une task force avec les États membres pour nous assurer que l’argent commence à circuler dans les prochaines semaines », assure à ce sujet la présidente de la Commission.

« Une application flexible des règles européennes »

«Nous allons utiliser tous les instruments à notre disposition pour que notre économie résiste à cette tempête », a affirmé Ursula von der Leyen. À ses côtés, Charles Michel a constaté qu’il faudra temporairement permettre « une application flexible des règles européennes, en particulier en matière d’aides d’État et quant au Pacte de stabilité et de croissance ». Plus tôt dans la semaine, le président de l’Eurogroupe Mario Centeno avait déjà évoqué la possibilité que pouvait offrir la Commission aux États membres d’être flexibles sur le plan fiscal. Il renvoyait alors à une clause du Pacte de stabilité et de croissance permettant, en cas de circonstances exceptionnelles, de dévier quelque peu des trajectoires d’ajustement transmises par les capitales à la Commission.

C’est bien le chemin que la Commission entend suivre, a confirmé mardi Ursula von der Leyen : « Nous ferons en sorte que les aides d’État puissent arriver aux entreprises qui en ont besoin. Et nous ferons plein usage de la flexibilité prévue dans le Pacte de stabilité et de croissance », a-t-elle promis. Des « idées concrètes » à ce sujet seront transmises avant la réunion de l’Eurogroupe prévue lundi (16 mars).

À l’avenir, dans un souci de coordination au niveau européen, la Commission va également mener une conférence téléphonique quotidienne avec les ministres de la Santé et/ou de l’Intérieur des États membres, a expliqué Ursula von der Leyen face aux journalistes. Une équipe d’épidémiologistes et de virologues va parallèlement transmettre des recommandations régulières à l’exécutif européen, qui a reçu pour tâche de « faire le point » sur l’état actuel des stocks d’équipements de protection (masques) et d’appareils respiratoires, ainsi que sur les capacités de production et distribution à l’intérieur de l’UE.

 
 
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