Vésale Bioscience et la Défense s'attaquent aux bactéries multi-résistantes

Tous les virus ne sont pas mortels. Certains peuvent même être des alliés de l'homme. C'est le cas des bactériophages, ou phages, d'innombrables virus qui détruisent les bactéries. Certains s'avérent ainsi précieux dans la lutte contre les bactéries ultra-résistantes qui se multiplient à cause de l'utilisation abusive d'antibiotiques.

Vésale Bioscience et la Défense, dont l'Hôpital royal militaire Reine Astrid est une référence en matière de phages, ont décidé d'avancer main dans la main dans le développement d'une phagothérapie moderne.

Les raisons qui poussent l'Armée belge à s'intéresser aux phages sont nombreuses. La phagothérapie est déjà utilisée pour le traitement des grands brûlés à l'hôpital militaire de Neder-over-Heembeek. Elle offre aussi de nouvelles possibilités pour le traitement de militaires belges dans le cadre d'opérations à l'étranger. En outre, "la phagothérapie offre des perspectives prometteuses dans la lutte contre le bio-terrorisme, contre des bactéries utilisées comme armes de guerre ou de terrorisme", a illustré le général-major Lutgardis Claes, commandant de l'École royale militaire, au cours d'une conférence de presse.

L'accord signé mercredi porte sur plusieurs volets: thérapeutique, de production ou encore régulatoire. Les partenaires espèrent mettre au point une forme sèche de phages qui en faciliterait l'utilisation, par exemple par le biais d'une crème.

Un autre objectif est de mettre à disposition des hôpitaux et centres de référence un "phagogramme" permettant des thérapies personnalisées. "Un prototype est attendu encore cette année", a annoncé pour sa part le CEO de la société wallonne, Jehan Liénart.

En outre, les partenaires espèrent contribuer au développement d'un cadre législatif européen.

"C'est accord est important pour Vésale mais aussi pour la société en général. Et pas seulement la société belge", souligne Jehan Liénart. "Imaginez qu'à la place de ce qui retient aujourd'hui l'attention du monde, le coronavirus, nous ayons à affronter une épidémie due à une bactérie multi-résistante? Ce ne sont pas des milliers de décès et malades que nous devrions déplorer mais des millions..."

 
 
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