Des soignants devant la Chambre pour faire entendre leur voix contre la loi IVG

Des soignants devant la Chambre pour faire entendre leur voix contre la loi IVG
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E.BL.

Le monde médical se déchire autour de la proposition de loi élargissant l’accès à l’avortement. Ce jeudi, à 11h, des soignants se sont donné rendez-vous devant la Maison des Parlementaires pour interpeller les députés qui, cette après-midi, devront se prononcer sur le texte qui autoriserait l’IVG jusque 18 semaines (au lieu de 12 actuellement). Le collectif des « soignants opposés à l’extension de la loi sur l’avortement » regroupe plus de 2500 soignants, dont 830 médecins, 80 professeurs d’université et est soutenu par 11.000 citoyens. Hier, il a envoyé un courrier aux parlementaires demandant à être reçu et entendu. Appel resté sans réponse. Raison pour laquelle des représentants de ce groupe ont décidé de se présenter sur place ce jour à 11h.

« Nous voudrions juste que les parlementaires nous entendent, insiste la docteur Arielle Nuchowicz. Je sais que beaucoup de plannings sont d’accord, j’en ai fait partie. Je me suis battue pour la loi de 1990, j’ai créé un centre de planning à La Louvière, j’ai pratiqué des avortements pendant vingt ans. Mais il y a des choses à débattre, à réfléchir avec humanité, et avec les gens de terrain. » La médecin pointe d’abord l’impact sur les femmes, notamment sur celles qui sont ambivalentes et le seraient donc plus longtemps, et les effets secondaires médicaux. Une interruption de grossesse après douze semaines nécessite une autre méthode que celle pratiquée aujourd’hui. Pour le moment, les interruptions médicales de grossesse au-delà de 12 semaines s’apparentent à des accouchements, ce qui entraîne un trauma plus important pour la femme. Une autre technique est utilisée aux Pays-Bas, mais personne n’est formé en Belgique. « Or, rien n’a été décidé, étudié. Si demain on passe à 18 semaines, où vont aller les femmes pour des avortements tardifs ? ».

Le collectif estime également que lors des auditions menées l’an dernier, les experts n’ont pas été entendus spécifiquement sur les nouvelles dispositions (18 semaines, réduction du délai de réflexion à deux jours au lieu de six, etc.). « On va abîmer les femmes », plaide Dr Nuchowicz.

A l’inverse, une pétition, initiée par différentes fédérations des centres de planning, et signée par 3.500 soignantes et soignants ainsi que 3.400 citoyennes et citoyens soutient l’extension de l’accès à l’avortement.

Cette après-midi, en plénière, les députés examineront le texte. Les huit partis qui portent le texte aimeraient aboutir à un vote, mais les opposants CD&V, NVA, Vlaams Belang, et CDH prévoient de déposer des amendements supplémentaires et de requérir l’avis du Conseil d’Etat, ce qui reporterait de facto un éventuel vote.

 
 
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