A l’heure du coronavirus, la grande distribution rassure: «Nous avons assez de tout»

Les rayons pris d’assaut ne resteront pas longtemps vides car les dépôts des grands détaillants sont bien fournis, assure la fédération belge du commerce.
Les rayons pris d’assaut ne resteront pas longtemps vides car les dépôts des grands détaillants sont bien fournis, assure la fédération belge du commerce. - DR

Depuis ce jeudi, des milliers de consommateurs ont véritablement pris les supermarchés d’assaut pour s’approvisionner en aliments de base (riz, pâtes, conserves, eau en bouteilles) et en produits d’hygiène (papier WC, désinfectant). Expliqué par le contexte des mesures de lutte contre le coronavirus, ce réflexe de panique a créé un certain chaos et laissé des rayons (presque) vides. Ce vendredi en fin de matinée, Comeos, la fédération du commerce organisé, a tenu une conférence de presse pour faire le point sur l’état de la grande distribution et rassurer les consommateurs. Voici les éléments majeurs qui s’en dégagent.

Tout d’abord, citons quelques chiffres assez impressionnants. Ce jeudi, la grande distribution alimentaire a augmenté ses ventes globales de 50 %, alors que la hausse avait été de 25 % les jours précédents. Elle a même doublé (+ 100 % !) ses ventes d’alimentation sèche, après avoir enregistré une hausse de 40 % les jours d’avant. Quant à ses ventes en ligne (avec livraison à domicile ou retrait sur place), qui ne représentent que 1 % du chiffre d’affaires de l’alimentation, elles ont progressé ce jeudi de 70 %, avec même un pic de 150 %. Tous ces chiffres pourraient encore augmenter ce vendredi, selon la fédération du commerce.

Le temps de transférer les marchandises

Pour autant, Comeos, par la voix de Dominique Michel, son administrateur délégué, le martèle : « Rassurez-vous. Il y a assez de tout en stock. Nous n’avons aucun problème de quantité. Mais nous avons de la peine à suivre la demande. Laissez-nous le temps de transférer nos marchandises de nos entrepôts vers nos supermarchés. » Il s’agit là de comprendre comment fonctionne la chaîne logistique de la grande distribution. Classiquement, un supermarché dispose d’un stock lui permettant de vendre ses produits durant deux jours avant de tomber à sec. Une à deux fois par jour, il reçoit la visite d’un camion venant d’un dépôt central pour le réapprovisionner. Comme les ventes de certains produits ont doublé, la pression sur la chaîne logistique est importante. « En ce moment, il nous faut deux fois plus de camions et deux fois plus de mains pour manipuler la marchandise. Le défi logistique est énorme, » résume Dominique Michel qui demande aux pouvoirs publics un élargissement des horaires de livraisons, singulièrement dans les villes qui imposent des restrictions à cet égard.

Faire preuve de maturité

Et les consommateurs ? Comme il y a du stock mais que la logistique doit suivre, le patron de Comeos leur demande de « faire preuve de maturité » en espaçant leurs passages dans les grandes surfaces et en limitant leurs achats. « Ce que vous n’avez pas aujourd’hui, vous l’aurez demain. » Il n’est en effet pas question à ce stade de contingentements comme en Italie. Et même les produits les plus populaires du moment comme le riz et les pâtes sont loin, très loin de manquer dans les centres des grandes enseignes et chez les fournisseurs. Par contre, Dominique Michel ne souhaite pas un élargissement des horaires d’ouverture des grandes surfaces, ni leur ouverture le dimanche. « Notre personnel est déjà en surrégime. Il faut qu’il puisse suivre le mouvement. » A cet égard, Comeos souhaite que le personnel de la grande distribution alimentaire puisse bénéficier des mêmes facilités de garderie de leurs enfants à l’école que le personnel actif dans les soins de santé.

Comeos demande également que les magasins spécialisés dans les articles de droguerie puissent ouvrir également le samedi, afin de soulager les supermarchés et de réduire leurs files d’attente.

 
 
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