France, Allemagne, Italie...: tour d’Europe des mesures prises face au coronavirus

France, Allemagne, Italie...: tour d’Europe des mesures prises face au coronavirus

En Europe, et partout dans le monde, les pays prennent des mesures afin de lutter contre le coronavirus, petit tour d’Europe.

France

Pas plus de 100 personnes : le gouvernement a encore abaissé vendredi le seuil maximal des rassemblements, nouvelle étape dans la série de mesures draconiennes destinée à enrayer la propagation du virus, qui met progressivement la France au ralenti et paralyse l’économie.

Des millions d’élèves et d’étudiants vivaient vendredi leur dernière journée d’école avant des « vacances » forcées qui devraient durer au moins jusqu’au début du mois d’avril tandis que le gouvernement s’est employé à expliciter les différentes mesures de soutien à l’économie annoncées jeudi par Emmanuel Macron, qui pourraient coûter « des dizaines de milliards d’euros ».

« Nous allons faire passer (la) limite aux rassemblements de 100 personnes. L’idée c’est de faire en sorte que nous puissions ralentir la progression, la circulation du virus » et cette interdiction s’appliquera sur tout le territoire national et dès maintenant, a expliqué le Premier ministre sur TF1. Le seuil était précédemment fixé à 1.000 personnes.

« 100 personnes, ça veut dire évidemment des conséquences importantes pour les théâtres, pour les cinémas », a reconnu le chef du gouvernement.

Si les mesures annoncées jeudi par Emmanuel Macron face à la « plus grave crise sanitaire depuis un siècle » marquent un tournant dans la gestion de la crise due à l’épidémie de coronavirus, les élections municipales, dont le premier tour a lieu dimanche, sont toutefois maintenues.

Un peu plus tôt, le ministre de l’Education Jean-Michel Blanquer avait indiqué que les crèches et établissements scolaires devraient rester fermés au moins jusqu’aux prochaines vacances scolaires, qui débutent le 4 avril dans certaines académies, dont celles d’Ile-de-France.

« Ce qui est assez certain c’est qu’on va aller au moins jusqu’aux vacances de printemps qui commencent début avril », a-t-il dit, insistant aussi sur le fait que les élèves ne seraient pas vraiment en vacances car ils devront travailler.

Tandis que des millions de parents se creusaient la tête pour tenter de concilier travail et garde d’enfants, entre congés, système D et télétravail, d’autres membres du gouvernement se sont attachés à rassurer les Français.

Les parents d’enfants de moins de 16 ans qui ne peuvent pas recourir au télétravail « ont droit automatiquement » à un arrêt maladie, sur demande de l’employeur, a indiqué sur Franceinfo la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, ajoutant que l’Etat prendrait en charge « intégralement » le chômage partiel demandé par les entreprises pénalisées.

Jeudi soir, 5.117 entreprises avaient demandé à bénéficier du chômage partiel pour un total de 80.000 salariés et un coût de 242 millions d’euros, selon le gouvernement.

Le tourisme, la restauration, l’événementiel et les transports sont particulièrement touchés.

Les mesures économiques « coûteront des dizaines de milliards d’euros », a prévenu pour sa part le ministre des Finances, Bruno Le Maire, alors que la Bourse de Paris reprenait des couleurs, après une séance historiquement noire jeudi.

Côté hôpitaux, le gouvernement a déclenché le « plan blanc maximal », ordonnant aux hôpitaux et cliniques d’annuler toute chirurgie non-urgente pour accueillir le maximum de malades du coronavirus, et ils disposeront pour cela de « tous les moyens financiers nécessaires ».

Selon le dernier bilan officiel, 61 personnes sont décédées et 2.876 ont été contaminées – soit près de 600 de plus en 24 heures. Il y a 129 cas graves, en réanimation.

Autres conséquences de l’épidémie, les marches pour le climat et contre les violences policières prévues samedi à Paris et d’autres actions climat qui devaient avoir lieu vendredi ont été annulées par les organisateurs en raison de la crise du nouveau coronavirus.

Allemagne

L’Allemagne a instauré des « mesures de contrôle aléatoires » dans toutes ses zones frontalières, y compris Belges, dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, a confirmé vendredi l’ambassade d’Allemagne à Bruxelles.

« Cela ne signifie pas que des contrôles aux frontières en tant que tels ont été réinstaurés », a souligné le service presse de l’ambassade. La police demande aux automobilistes entrant sur le territoire allemand s’ils ont de la fièvre ou s’ils sont malades.

La police allemande effectue ce type de contrôles à la frontière avec la France depuis jeudi après-midi. Le ministre fédéral allemand de l’Intérieur Horst Seehofer aurait demandé à la police d’effectuer ces contrôles dans toutes les zones frontalières.

« Hier (jeudi, NDLR), le ministre fédéral de l’Intérieur Seehofer a demandé à la police fédérale d’intensifier les mesures de contrôle dans toutes les zones frontalières intérieures allemandes afin de combattre et de prévenir la situation actuelle d’infection. Cela est particulièrement vrai en ce qui concerne le trafic entrant en provenance des zones à haut risque de coronavirus à l’étranger », d’après une déclaration officielle transmise à Belga.

« Il ne s’agit pas d’une réintroduction des contrôles aux frontières. Il ne s’agit pas non plus de contrôles systématiques, mais plutôt d’un renforcement des contrôles aléatoires dans la zone frontalière. Il s’agit d’examiner de plus près le trafic transfrontalier et, en parlant aux voyageurs, de faciliter par exemple le traçage des itinéraires. »

Italie

La Commission européenne a promis vendredi une « flexibilité maximale » avec les Etats membres de l’UE confrontés aux conséquences économiques de l’épidémie du coronavirus, et en particulier de soutenir l’Italie par tous les moyens.

« Les Etats membres doivent être encouragés à prendre toutes les mesures nécessaires » pour soutenir leur économie, a affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

L’Allemande a affirmé que l’exécutif européen ferait preuve d’une extrême souplesse dans l’application des traités, face aux potentielles entorses des pays européens aux règles budgétaires ou à celles liées aux aides d’Etat.

« Le choc est temporaire. Mais nous devons travailler ensemble pour qu’il soit le plus court et le plus limité possible », a-t-elle insisté, au moment où les Etats membres annoncent des fermetures d’écoles, de crèches ou de commerces pour limiter la pandémie.

Cette souplesse devrait particulièrement profiter à l’Italie, pays européen le plus touché par le virus -15.000 cas et plus d’un millier de morts- qui a annoncé une enveloppe de 25 milliards d’euros pour lutter contre le virus.

« Nous sommes absolument prêts à aider l’Italie, avec tout ce qui sera nécessaire. C’est de la plus haute importance », a assuré Mme von der Leyen.

Elle a aussi proposé « d’affecter 37 milliards d’euros » de fonds de l’UE à la lutte contre l’épidémie.

Espagne

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a annoncé vendredi l’état d’alerte dans tout le pays pour mieux lutter contre la progression du nouveau coronavirus.

Un conseil des ministres extraordinaire adoptera samedi un décret plaçant l’Espagne en « état d’alerte pour une période de quinze jours », a annoncé M. Sanchez dans une courte allocution télévisée alors que la pandémie a fait 120 morts et contaminé plus de 4.200 personnes en Espagne. La veille au soir, le bilan était de 84 morts et 3.004 cas.

Déjà dans le Nord, la Catalogne qui, la première en Espagne, avait décrété jeudi le confinement de quatre localités, a décidé de fermer les zones commerciales, les gymnases et les stations de ski.

La région de Murcie, dans le Sud-Est du pays, a annoncé sur Twitter le confinement des zones touristiques, essentiellement les villes balnéaires sur la Méditerranée comme Carthagène.

La région de Madrid est la plus touchée, avec 64 morts et plus de 2.000 cas annoncés séparément par les autorités régionales.

La mairie de Madrid devait ordonner vendredi la suppression des terrasses dans la capitale et recommandait aux bars et restaurants de fermer.

Au Pays basque, une des régions les plus affectées, les autorités ont déclaré l’état d’urgence sanitaire qui facilite la mobilisation de tous les services.

Fermeture des frontières

La Slovaquie a annoncé la fermeture de ses frontières à tous les étrangers à l’exception des Polonais, très impliqués dans la vie économique locale. La République tchèque va fermer à partir de lundi les siennes, tant aux étrangers voulant entrer dans le pays qu’aux Tchèques voulant le quitter.

Hors UE, l’Ukraine a aussi annoncé la fermeture de ses frontières. Les vols vers et depuis l’Europe ont été suspendus dans de nombreux pays d’Amérique latine.

 
 
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