Coronavirus: le gouvernement bruxellois prend des mesures pour les secteurs en difficulté

Coronavirus: le gouvernement bruxellois prend des mesures pour les secteurs en difficulté

Si les autorités ne prennent pas de mesures, nous risquons la faillite. » Ugo Federico et Francesco Cury ont rangé leur tablier, ce matin, et sorti la calculette. Les propriétaires de Racines, resto italien bien connu de la chaussée d’Ixelles sont plus qu’inquiets. Par les trois semaines de fermeture. « Nous comprenons et soutenons totalement la décision du gouvernement. Mais elle survient après dix jours où notre chiffre d’affaires a chuté de 50 %, expliquent les deux compères. Nous avions eu un très bon mois de janvier, février a été mauvais. Et, depuis Carnaval, c’est la catastrophe. » L’effet conjugué d’une clientèle composée, pour une certaine part, de clients « business » et d’eurocrates, qui ont déserté les lunch. « A tel point que nous venions de décider de fermer le resto, le midi, et de mettre quatre personnes au chômage économique. Nous avons aussi un peu payé le fait que nous sommes italiens… »

Le lockdown est un coup de massue pour le tandem, qui emploie une vingtaine de personnes à temps plein. « Nous sommes ouverts depuis cinq ans, et nous arrivons à l’équilibre, entre nos dépenses et nos recettes. » Et de raconter comment chaque mois est rythmé par le paiement, en flux tendu, du loyer (l’équivalent de trois jours avec une salle bien remplie), des salaires, puis des taxes et charges, puis des fournisseurs. « Autrement dit, ne pas travailler pendant trois semaines, au moins, c’est la catastrophe, se désolent Ugo et Francesco. Nous n’allons plus rentrer le moindre sou mais nous allons continuer à devoir payer notre loyer, nos charges d’électricité et de gaz, nos taxes ? C’est impossible ! Il faut que le gouvernement prenne des mesures. En nous permettant de reporter les charges des crédits, d’effacer certaines taxes. En Italie, ils ont d’abord décidé de l’accompagnement économique avant de fermer. Ici, c’est brutal, du jour au lendemain. » Une immédiateté qui n’est pas sans conséquence sur la gestion des stocks « même si, c’est vrai, ces derniers jours, on le gérait en voyant bien que la fréquentation diminuait. »

Le téléphone sonne beaucoup, les fournisseurs prennent des nouvelles… Ugo et Francesco réfléchissent à une formule lockdown, « on va peut-être faire à manger, à deux, des portions à emporter pour le quartier ou via Deliveroo et Ubereats ».

Assouplissement de taxes à l’étude

Cet après-midi, le gouvernement bruxellois, qui a mis sur pied une task force et assure un monitoring hebdomadaire de l’économie bruxelloise en général, des secteurs à risques en particulier, a pris un premier train de mesures. « Nous allons renforcer les équipes du 1819 qui centralise toutes les informations à destination des entreprises, confirme Barbara Trachte, secrétaire d’Etat (Ecolo) en charge de la transition économique. Nous prévoyons aussi un soutien fort à la trésorerie des entreprises touchées via l’octroi de garanties publiques de garantie) sur des prêts bancaires, pour un total de 20 millions d’euros. » Autres décisions : un moratoire sur le remboursement des prêts accordés par finance.brussels aux entreprises impactées, le renforcement de l’accompagnement des entreprises en difficulté et l’anticipation du traitement et de la liquidation des aides économiques à destination prioritaire du secteur horeca, mais aussi culturel et événementiel.

Le gouvernement bruxellois étudie encore d’autres pistes, comme « l’assouplissement de certaines taxes régionales, notamment la City tax, mais aussi des mesures qui pourraient accompagner et encourager les plateformes collaboratives de livraison ».

Des initiatives qui s’ajoutent, insiste le gouvernement bruxellois, à la batterie de mesures fédérales : « la reconnaissance du Covid-19 comme motif de chômage temporaire pour force majeure, le chômage temporaire pour raisons économiques, un plan de paiement pour les cotisations sociales patronales, la TVA, le précompte professionnel et l’Isoc, le report ou dispense de paiement des cotisations sociales des indépendants, l’obtention d’un revenu de remplacement en faveur des indépendants… »

 
 
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