RDC: le patron belge de la première banque privée en détention provisoire

Ce banquier belge rejoint en détention deux entrepreneurs américain et libanais ainsi que le patron congolais d'une entreprise publique.

"M. Thierry Taeymans, directeur de Raw-Bank, est en détention provisoire à la prison de Makala dans le cadre des enquêtes sur des détournements présumés de l'argent public destiné aux travaux de 100 jours du chef de l'État", a déclaré à l'AFP, une source judiciaire du parquet de Kinshasa/Matete.

"Il lui est reproché sa complicité dans le détournement des deniers publics. Raw-bank a ouvert un compte parallèle (...) à travers lequel 35 millions de dollars ont été sortis en liquide", a expliqué à l'AFP la même source.

"Raw Bank regrette cette décision (de détention de son directeur) mais tient à rappeler qu'elle continuera de collaborer avec la justice congolaise, étant convaincue que la vérité finira par être établie", dans un communiqué.

Première banque de la RDC avec 1.800 collaborateurs, 400.000 clients et un total du bilan de 1,7 milliard de dollars en 2018, "Raw-Bank précise avoir respecté toutes les réglementations en vigueur" en RDC, dans les opérations avec la société Samibo.

La société Samibo, appartenant au Libanais Jamal Sammih, avait reçu 57,5 millions de dollars du Trésor public pour la construction de maisons préfabriquées, selon des sources judiciaires, mais n'a pas réalisé le travail dans le délai contractuel.

Thierry Taeymans a rejoint aussi l'Américain David Blattner, directeur général de l'entreprise de travaux publics Safricas-Congo et dont la famille, installée depuis le siècle dernier en RDC, est aussi propriétaire de la BIAC, une banque tombée en faillite après avoir eu des démêlés avec les autorités.

Pour le ministre congolais de la Justice Célestin Tunda Ya Kasende, les affaires judiciaires sur les travaux d'urgence du président Félix Tshisekedi devraient marquer "le début du renouveau" de la justice en RDC, "pour un véritable État de droit, avec une justice qui doit aller jusqu'au bout des affaires dont elle est saisie".

 
 
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