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Coronavirus: «Aplatir la courbe», qu’est-ce que ça signifie? (infographie)

Les autorités ont pris des mesures afin de ralentir la propagation du virus et éviter la saturation des hopîtaux.

Temps de lecture: 2 min

Depuis plusieurs jours, on entend un peu partout qu’il faut « aplatir la courbe » dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus. Mais qu’est-ce que cela signifie-t-il concrètement ? En réalité, il y a deux scénarios à examiner.

Scénario 1

Le premier – sans aucune mesure préventive – montre qu’on assiste à une explosion brusque des cas qui conduirait à un afflux massif de patients dans des hôpitaux inexorablement débordés. Cela compliquerait non seulement la prise en charge des malades atteints de formes graves du Covid-19, mais aussi de tous les autres. Et ce serait encore pire si les soignants venaient à manquer, en cas de contamination d’un grand nombre d’entre eux. « À cause de ce double facteur – une surcharge de travail avec moins de personnel – les malades atteints de pathologies urgentes ne seraient plus soignés dans les temps et risqueraient de décéder », explique le médecin réanimateur belge Philippe Devos.

Scénario 2

Dans le scénario 2, des mesures préventives sont prises pour étaler l’épidémie dans le temps. Objectif : faire en sorte que le pic soit moins brusque (c’est la fameuse courbe à aplatir) et que le nombre de cas simultanés ne dépasse pas les capacités du système hospitalier.

courbe

Le scénario 2 est donc exactement celui opté par la Belgique, mais aussi de nombreux autres pays européens. Les mesures, en vigueur depuis ce samedi et d’application – au moins – jusqu’au 3 avril, ont pour but de « ralentir la propagation du virus et protéger les personnes vulnérables », ont rappelé les autorités ce samedi. « Cela n’est possible que si chacun fait sa part. C’est pourquoi nous demandons à tous de faire attention à son hygiène personnelle et à limiter ses contacts sociaux. »

Et de compléter : « En prenant les mesures nécessaires, nous pouvons limiter autant que possible l’augmentation du nombre de personnes infectées dans les semaines qui viennent. Ces mesures n’ont pas d’effet immédiat sur les personnes déjà malades ou infectées, mais elles réduisent considérablement le risque de transmission du virus à d’autres. Nous voulons avant tout éviter d’éventuelles transmissions entre personnes qui n’ont pas l’habitude d’entrer en contact les unes avec les autres. »

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14 Commentaires

  • Posté par Tolley Michael, dimanche 15 mars 2020, 10:47

    Dans un article de 2006 du Journal of Theoretical Biology (volume 241, pages 193 à 204), intitulé : "Transmission dynamics of the great influenza pandemic of 1918 in Geneva, Switzerland: Assessing the effects of hypothetical interventions" Chowell, Ammon, Hengartner et Hyman ont étudié la propagation de la grippe dite espagnole dans le canton de Genève. Ils ont procédé à une modélisation mathématique de l'épidémie qu'ils ont confrontée aux données récoltées en milieu hospitalier de juillet 1918 à février 1919. L'épidémie a connu trois vagues successives. La première s'est étendue du 1er juillet au 10 septembre et a culminé aux environs du 22 juillet avec un pic de 240 malades par jour. Le 10 septembre alors que tout semblait indiquer que l'épidémie s'était éteinte, elle a repris de plus belle pour culminer mi-octobre avec un pic de 500 malades par jour, soit plus que le double du pic de juillet. La courbe d'évolution de cet épisode genevois de la pandémie de 1918 est très différente de celle qui est présentée ici pour illustrer "l'aplatissement de la courbe". Elle présente trois "cloches successives, la première avec un maximum de 240 malades par jour vers le 20 juillet, la deuxième avec un pic de 500 malades par jour mi-octobre et une résurgence mineure avec un maximum de 63 cas le 13 janvier 1919. Cette résurgence, selon les auteurs, aurait été la conséquence des réunions festives de décembre 1918. L'épidémie à Genève s'est éteinte début mars 1919 et a duré huit mois avec un point culminant au bout de 4 mois. Ceci étant, rien n'indique a priori que ce scénario se reproduira avec le COVID-19 mais cet exemple devrait nous inciter tous à respecter strictement les consignes préconisées par les médecins, épidémiologistes et autres spécialistes qui nous sont imposées par les autorités politiques.

  • Posté par Sterpin René , dimanche 15 mars 2020, 13:08

    L'attitude à adopter, telle qu'expliquée par Tolley Michael, est logique, humaine et porteuse d'espoir. Face à cette évidence, je reste abasourdi et même écoeuré devant l'expansion d'une autre épidémie, en pleine expansion : le corona-négationnisme. Cette "pathologie", de la part de personnes dont la formation est modeste, peut être compréhensible... Mais, de la part de personnes cultivées, appartenant aux couches favorisées de la société, cela s'avère carrément révoltant. Pourquoi cette attitude de déni face à ce qui doit raisonnablement être fait pour sauver la vie des plus faibles et un peu aussi de certains moins faibles? S'agit-il d'égoïsme? de dilettantisme? d'un besoin de transcender la peur plutôt que de lutter contre le péril? de résignation devant les forces de la nature? de la posture infantile de celui qui veut montrer qu'il n'a pas peur du loup? de rejet absolu de nos politiques? d'allergie aux contraintes? que sais-je encore? Écrivons, répétons que, sans rationalité, l'humanité est perdue. Et pas seulement vis-à-vis des virus mais aussi vis-à-vis du climat, de la pollution, de la surpopulation et autres périls annoncés. La responsabilité est sans objet en l'absence de rationalité. Cela ne dispense pas de garder à l'esprit la marge d'erreur inévitable qui colle à toute avancée ou initiative humaine. Mais la gestion pointue de ces limites doit être confiée aux personnes compétentes (scientifiques et décideurs), sous la supervision à la fois bienveillante et stricte d'une population formée, intéressée et humaniste. Vaste programme!

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