Coronavirus: les marchés toujours en mode «panique»

Coronavirus: les marchés toujours en mode «panique»

Rien ne semble pouvoir enrayer la déprime qui tétanise les marchés financiers depuis que l’épidémie de coronavirus a éclaté. Après les chutes historiques de lundi et jeudi derniers, les Bourses sont encore une fois en mode rouge vif. Ce lundi, Paris a perdu 5,75 %, Londres 4,71 % et Francfort 5,32 %. Chez nous, le Bel 20 a lâché 7,22 %. En un mois, la Bourse de Bruxelles a chuté de… 40 % !

Le pessimisme est généralisé. Plus tôt dans la journée, Sydney avait déjà ouvert la semaine par une chute inédite de 9,7 %. La Bourse de Hong Kong a fini en baisse de plus de 4 %, idem pour celle Shanghai (– 3,4 %) et celle de Shenzhen (– 4,83 %) et Tokyo (– 2,46 %). « Les marchés comprennent que la récession est presque garantie », a indiqué Jasper Lawler, analyste pour London Capital Group. Ce lundi matin, le commissaire européen chargé du Marché intérieur, Thierry Breton, a annoncé que l’Union européenne anticipait dorénavant une récession en 2020 « de 2 à 2,5 % ».

Les banques centrales ne restent pourtant pas les bras ballants. « Les autorités aident en injectant de l’argent mais ne peuvent stopper (la récession) », a ajouté Jasper Lawler. La Banque centrale américaine (Fed) a abaissé brutalement dimanche son taux à 0 %-0,25 % et annoncé une injection de liquidité de 700 milliards de dollars. Une manœuvre qui rappelle de mauvais souvenirs : la dernière fois que la Fed avait abaissé ses taux à un tel niveau remonte à décembre 2008, en pleine crise des « subprimes ». Parallèlement, la Fed, la Banque centrale européenne et les Banques centrales du Japon, Royaume-Uni, Canada et de Suisse, ont assoupli les conditions auxquelles elles s’échangent des devises entre elles, afin de pouvoir garantir un approvisionnement suffisant des marchés en dollars.

Mais visiblement, c’est insuffisant pour rassurer les marchés. A Wall Street, après un jeudi noir (le Dow Jones avait perdu 9,99 %), Wall Street s’était refait la cerise vendredi passé (+ 9,36 %). Mais comme la plupart des analystes s’y attendaient, les marchés américains sont repartis à la baisse. D’emblée, l’indice S&P 500 a perdu plus de 7 %, ce qui a enclenché un coupe-circuit qui suspend les échanges pendant quinze minutes. En fin de journée, le Dow Jones reperdait 8 %, le Nasdaq 7,40 % et le S&P 500 8,30 %.

L’activité s’est effondrée en Chine

D’autant qu’à l’effondrement des marchés financiers s’ajoute celui des statistiques économiques. Celles-ci se sont révélées nettement pires que prévu en Chine, deuxième économie mondiale. La production industrielle s’est contractée pour la première fois en près de 30 ans tandis que les ventes de détail se sont effondrées. « Cette baisse de l’activité en Chine pourrait conduire à de nombreux décalages dans l’approvisionnement des sociétés en Europe et aux Etats-Unis et mener de nombreuses sociétés à la faillite », a prévenu Vincent Boy, analyste marché chez IG France. « Nous pouvons nous attendre au même type de publications dans les autres zones économiques mondiales pour le mois de mars et au-delà ».

Les marchés redoutent aussi l’évolution de la pandémie aux Etats-Unis, qui représente un risque de récession même si le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, parle pour l’instant de « ralentissement ». Le président de la Fed, Jérôme Powell, a déjà prévenu que l’économie américaine serait « faible » au deuxième trimestre.

Les marchés pétroliers ont eux aussi connu une sale journée, sous le double effet du ralentissement de la demande et de la guerre des prix que se livrent Arabie saoudite et Russie. Le baril de West Texas Intermediate (la référence à New York) est même passé sous la barre des 29 dollars (– 8,5 %), tandis que le Brent de la mer du Nord est au plus bas depuis 2016, sous les 30 dollars (– 11,5 %).

 
 
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