Laisser-faire le coronavirus: les Pays-Bas et le Royaume-Uni misent sur une immunité collective

Des manifestants à Londres
Des manifestants à Londres - Reuters

L’attitude adoptée par le Royaume-Uni et les Pays-Bas tranche avec les mesures radicales prises dans les pays voisins européens. Elle a jusqu’ici été critiquée par des scientifiques qui la jugent trop timorée face à l’ampleur de la crise.

Le gouvernement britannique a demandé lundi au public d’éviter tout « contact social » et déplacement « non essentiel », en favorisant le télétravail et en cessant de fréquenter pubs et théâtres, pour limiter la propagation du nouveau coronavirus qui a désormais fait plus de 50 morts au Royaume-Uni.

« Le temps est venu pour tout le monde de mettre fin à tous les contacts sociaux non essentiels et de cesser tous les déplacements non essentiels », a déclaré au cours d’une conférence de presse le Premier ministre Boris Johnson, critiqué jusqu’à présent pour la faiblesse de la réaction de son gouvernement face à la pandémie.

Il a précisé qu’il s’agissait d’une « forte recommandation » mais qu’il n’était « pas nécessaire » en l’état d’édicter des interdictions de rassemblement ou des fermetures de lieux publics, tout en décourageant leur fréquentation.

M. Johnson a également jugé qu’en l’état, le gouvernement ne considérait pas utile de fermer les écoles, ajoutant que cette décision pourrait être revue.

Il a aussi fait savoir qu’il serait « nécessaire (…) de s’assurer que ceux à la santé la plus fragile soient largement protégés de tout contact social pendant douze semaines ».

Le gouvernement demande par ailleurs désormais à tout foyer dont un membre présente les symptômes de contamination, température élevée ou toux persistante, de se mettre en quarantaine pendant 14 jours à domicile.

Le Royaume-Uni a enregistré en l’état 1.543 cas positifs. 55 patients sont morts du Covid-19, soit 18 de plus en une journée, selon le dernier bilan fourni lundi par le ministre de la Santé Matt Hancock.

Mais ce pays ne procède pas à des tests systématiques et le nombre des cas réels pourrait être bien plus élevé.

« Sans action drastique, le nombre des cas pourrait doubler tous les cinq ou six jours », a averti Boris Johnson.

Les Pays-Bas

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a déclaré lundi vouloir favoriser le développement d’une immunité collective aux Pays-Bas, où, a-t-il averti, la plupart de ses compatriotes seront contaminés par le nouveau coronavirus. Il a exclu un confinement total de la population.

« Il n’y a pas de message facile pour vous ce soir (…) La réalité est qu’une grande partie de la population néerlandaise sera infectée par le coronavirus. C’est ce que les experts nous disent », a déclaré M. Rutte d’un air grave dans un discours télévisé.

Le gouvernement néerlandais a ordonné dimanche la fermeture de l’ensemble des écoles, bars, restaurants, maisons closes ou encore coffee-shops jusqu’au 6 avril.

Dans son discours à la nation lundi, le Premier ministre a annoncé que son gouvernement voulait parvenir à une « immunité de groupe » dans l’attente d’un vaccin, laissant les personnes les moins vulnérables attraper le virus tout en protégeant les personnes âgées et les malades, ce qui pourrait prendre « des mois, voire plus ».

Il a souligné qu’à la différence de l’Italie, de l’Espagne ou de la France, qui ont imposé des mesures fortes pour enrayer la propagation du Covid-19, les Pays-Bas n’envisageaient pas de confinement total.

« Dans ce scénario, nous devrions fermer notre pays pendant un an ou même plus, avec toutes les conséquences » que cela implique, a-t-il expliqué, ajoutant que le virus « pourrait réapparaître immédiatement si les mesures étaient retirées ».

Selon le dernier comptage des autorités, 1.413 cas de contamination par le nouveau coronavirus ont été détectés aux Pays-Bas, dont 24 décès.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous