Coronavirus: les mesures de confinement ne seront adaptées que si les hôpitaux sont submergés

Coronavirus: les mesures de confinement ne seront adaptées que si les hôpitaux sont submergés
PQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPP

Le centre de crise et le SPF Santé publique ont souligné, mardi, lors de leur point presse quotidien - à distance, cette fois - que les mesures pour ralentir la propagation du nouveau coronavirus sont prises afin d’éviter une surcharge trop rapide des hôpitaux. Elles ne seront dès lors renforcées que si les établissements de soins de santé venaient à être trop vite débordés - et non en fonction de décisions prises par les pays voisins.

«S’il faut adapter les mesures, nous le ferons», a insisté Benoit Ramacker, porte-parole du Centre de crise. Toutefois, ces mesures ne seront renforcées «que si nous avons des indications que le système de santé est trop vite surchargé», a expliqué Steven Van Gucht, porte-parole interfédéral du Covid-19.

«Nous savons qu’aucune mesure n’arrêtera totalement le virus donc nous regardons plutôt la charge de travail dans les hôpitaux», a poursuivi Emmanuel André, également porte-parole interfédéral. «Ce qui pourrait augmenter les mesures de confinement serait des indications montrant que les hôpitaux ne peuvent plus fonctionner» de manière «acceptable». Une évaluation «au jour le jour» est effectuée.

«Inacceptable et irresponsable»

Le Centre de crise a, de son côté, appelé les Belges à respecter les consignes édictées. «Nous devons constater certaines attitudes irresponsables», a déploré Benoit Ramacker, qui s’est insurgé que certaines personnes vendent des masques sur des sites de seconde main à prix d’or. «C’est absolument inacceptable et irresponsable !»

MM. André et Van Gucht ont enfin indiqué que les capacités de détection du coronavirus allaient être renforcées car «de plus en plus de personnes vont répondre aux critères» permettant un test. En effet, seules les personnes les plus malades et le personnel soignant sont soumis à un test pour vérifier s’ils ont le coronavirus. Les chiffres donnés quotidiennement ne portent ainsi que sur les cas détectés et non sur le nombre effectif de contaminations.

Les experts estiment que de plus en plus d’individus vont répondre aux critères édictés et il faut donc renforcer la capacité de détection. Il n’est toutefois pas question de tester chaque cas suspect, comme l’a demandé, lundi, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Une stratégie utile dans une «phase pré-épidémique», lorsqu’il s’agit de détecter «quand et où» le virus va apparaître dans le pays mais plus une fois le stade épidémique atteint, à en croire les deux porte-paroles interfédéraux.

«Nous ne pouvons nous permettre des soins de santé débordés»

Ils ont également abordé leur volonté de voir se développer une immunité collective en Belgique sans que les hôpitaux ne viennent à être surchargés. «Il y a deux moyens d’être immunisé contre le virus: faire l’infection ou se faire vacciner mais aucun vaccin n’existe à l’heure actuelle», a expliqué Emmanuel André. «Notre volonté est de voir le nombre de personnes immunisées continuer à augmenter mais à une vitesse acceptable pour les hôpitaux. Nous ne pouvons nous permettre des soins de santé débordés. Donc nous diminuons l’intensité du pic épidémique pour que la population développe petit à petit son immunité sans surcharger les hôpitaux», a-t-il détaillé.

La Belgique compte 1.243 infections avérées au coronavirus. Dix décès sont à déplorer.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous