Coronavirus: la police pourra contrôler les déplacements

Coronavirus: la police pourra contrôler les déplacements
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La population belge est invitée dans la mesure du possible à rester à la maison à compter de mercredi midi jusqu’au 5 avril afin d’éviter la propagation du nouveau coronavirus. Seules seront autorisées les sorties pour aller chez le médecin, pour l’activité physique en plein air et dans quelques commerces jugés essentiels, a précisé Sophie Wilmès lors d’une conférence de presse, citant notamment les pharmacies et les commerces d’alimentation.

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Les policiers seront donc habilités à effectuer des contrôles des déplacements sur le territoire.

Manque de moyens

Les mesures supplémentaires de santé publique impacteront davantage un des acteurs: la police intégrée, relève la CSC-Services publics mardi soir à l’issue du conseil national de sécurité. «Il faudra impérativement prioriser les objectifs», estime le syndicat chrétien.

«Les policiers de bénéficient pas encore du matériel de protection en suffisance et le succès de leurs missions reposera toujours sur le comportement individuel de chaque citoyen. La volonté est présente, comme tout autre acteur des services publics de remplir notre mission, mais elle aura un prix», prévient le syndicat dans un communiqué.

Comment la police intégrée - qui réunit les niveaux fédéral et local - «va-t-elle contrôler que les Belges respectent les mesures de confinement édictées mardi soir pour endiguer la propagation du nouveau coronavirus? «, s’interroge Stéphane Deldicque, vice-président de la CSC Services publics. La police manque d’effectifs, de protection et de moyens, pointe-t-il.

Un manque d’effectifs

«Entre la décision prise ce (mardi) soir et l’application demain (mercredi) midi, il n’y a pas beaucoup de temps», relève M. Deldicque. La police sera chargée du bon respect des mesures de confinement et de la limitation des déplacements au strict nécessaire. «Nous devrons prioriser, les patrouilles devront se focaliser sur les magasins ouverts - les grandes surfaces et les pharmacies», explique-t-il, alors que la police est déjà en proie à un manque d’effectifs. «Mettre un policier derrière chaque citoyen est impossible. Un scénario à l’italienne avec des barrages de police est impossible», martèle le syndicaliste.

Autre axe de préoccupation du syndicat: la protection des policiers contre le Covid-19. «Beaucoup de policiers ne sont pas munis de masques. Ils ne sont pas les seuls, même les infirmiers» en manquent mais «nous faisons partie des services publics sur lesquels nous devons compter». Il faut donc s’assurer que les policiers ne soient pas contaminés afin qu’ils puissent assurer la continuité de leur mission.

Enfin, Stéphane Deldicque s’interroge sur les moyens donnés pour contrôler effectivement les citoyens. En France, chaque personne qui se déplace doit remplir un formulaire justifiant son déplacement. Aucune mesure similaire n’a été annoncée en Belgique. «Si un policier contrôle quelqu’un dans la rue, il n’aura aucun moyen de vérifier ce qu’il dit», pointe M. Deldicque. «Bien entendu, le formulaire» peut être mensonger mais aux yeux du syndicaliste, devoir écrire sur un papier la raison de son déplacement avant de sortir est un «acte supplémentaire, plus fort» qui permet un meilleur contrôle. D’autant que celui-ci pourra être assorti de sanctions, en l’occurrence d’amende. Il faudra donc pouvoir s’assurer que la personne est en tort avant de la verbaliser.

«Je suis très curieux de voir comment (ces mesures) seront appliquées. C’est un réel défi, de taille. C’est une situation unique et exceptionnelle», conclut le vice-président de la CSC Services publics.

 
 
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