Accueil Coronavirus: témoignages de la première vague

Malvina, conductrice de tram à Bruxelles: «Je me suis demandé si j’étais inconsciente ou courageuse de venir rouler»

Sur son blog « Trame », Malvina raconte à coup de feutres, de phylactères et de capsules sonores sa vie de conductrice de tram à Bruxelles. Elle a accepté de prendre la plume pour rendre compte de son quotidien, chamboulé depuis que la crise bat son plein.

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Temps de lecture: 3 min

Il est 12 h, je pars au travail. Comme j’aime le faire, je fais un détour par le Starbucks de Montgomery. Fermé. C’est l’occasion de me rappeler qu’il y a plus éthique comme endroit pour s’acheter un café. Que ça aussi, je pourrais changer après “tout ça”. Je continue ma route avec le tram 25, essayant de garder l’équilibre sans me tenir aux mains courantes ni aux sièges. Oops, je me suis installée trop près de cette dame. Je recule. Mais zut, j’oublie de respirer dans mon cache-cou ! J’arrive au dépôt d’Ixelles, la porte d’entrée est ouverte pour ne pas avoir à la toucher. Certains collègues maladroits tentent encore de faire la bise ou de serrer la main. On s’assied avec hésitation pas trop près, pas trop loin. On est content.e.s de se voir mais, entre plaisir et prudence, on ne sait pas trop comment se comporter. Je pointe à la badgeuse, le nez et la bouche enfoncés dans mon cache-cou, c’est le début de ma journée.

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3 Commentaires

  • Posté par Wafellman Fabienne, samedi 21 mars 2020, 10:49

    Vous faites partie des héros de l'ombre, celles et ceux dont on ne parle pas. Oui, le corps médical est en première ligne et on leur est reconnaissant ! Mais il y a les autres dont on parle moins ; les pompiers, les policiers, les conducteurs de bus, de tram, les boueux, les employés des magasins, les fournisseurs de mazout, les dépanneurs, les assistants sociaux, les livreurs de repas, les employés de la poste. Bref, tous ceux dont on ne parle peu ou pas mais qui mérite tout autant notre admiration. Nous, nous restons calfeutrés chez nous, il faut dire qu'à nos âges (plus de 70 ans), nous savons qu'en cas de contamination notre route sera directement pour le crématoire. On vous remercie tous pour ce que vous faites pour nous toutes et tous.

  • Posté par Wafellman Fabienne, samedi 21 mars 2020, 12:54

    Monsieur Hauwaert, Je ne pensais pas au taux de morbidité des personnes plus âgées, mais à la gare de triage en hôpital si nous devions avoir besoin d'assistance respiratoire.

  • Posté par Hauwaert Willy, samedi 21 mars 2020, 12:01

    Entièrement d'accord. Nous (re)prenons conscience de notre interdépendance d'une part, et d'autre part de notre dépendance totale à l'égard d'un tas de personnes sans qui il nous serait impossible de (sur)vivre et qui, actuellement, prennent des risques importants. Ceci dit, il y a aussi une nombre important de guérisons dont on ne parle pas assez et dont le nombre total restera sans doute inconnu. L'âge n'est pas nécessairement un facteur de condamnation. Même si les risques sont plus importants. Mais nous avons eu la chance de vivre 70 ou 80 ans ou plus.

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