Coronavirus: «L’hypothèse d’une disparition à court ou moyen terme se fait de moins en moins probable»

Coronavirus: «L’hypothèse d’une disparition à court ou moyen terme se fait de moins en moins probable»

S’il est impossible de prédire l’évolution du nouveau coronavirus au cours des prochains mois, les scientifiques ne peuvent écarter la probabilité d’un rebond du Covid-19, contre lequel seul un vaccin peut assurer une immunité de groupe suffisante.

«En Belgique, personne ne peut prédire l’évolution tant que les mesures de confinement n’auront pas montré leurs effets sur la courbe épidémique», explique le professeur à l’École de santé publique de l’ULB, Yves Coppieters.

Une immunuté naturelle

Les mesures de restriction - annoncées pour trois semaines - pourraient par ailleurs se voir prolongées. En France, «les modèles épidémiologiques montrent que 18 jours de confinement au sens strict sont insuffisants pour rompre la chaîne de transmission du virus, six semaines seraient nécessaires», ajoute le professeur, précisant toutefois que la Belgique a une semaine d’avance sur ses voisins, les dispositions (cependant plus souples) ayant été prises à un stade plus précoce de la maladie.

Au terme d’une période de confinement, «on peut s’attendre à ce que la population infectée ait développé une immunité naturelle, bloquant la circulation du virus. Mais nous ignorons quelle sera sa proportion, et si celle-ci sera suffisante pour écarter une résurgence de la maladie», explique-t-il.

«Le pourcentage qui doit être immunisé dépend du virus», abonde le chercheur à l’Institut de recherche expérimentale et clinique de l’UCLouvain, Jean Ruelle. En ce qui concerne le Covid-19, «le chiffre de 60% a été cité dans la communauté scientifique mais reste à vérifier. Quel que soit le chiffre exact, nous sommes loin du compte aujourd’hui: si vous envisagez un scénario sombre où 100.000 Belges auraient été touchés durant la phase épidémique actuelle, cela ne ferait jamais que 1% de la population. Pour établir une immunité de groupe suffisante, nous avons donc besoin d’un autre moyen: un vaccin», explique-t-il. Attendre, comme au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas, que l’immunité du groupe se fasse par une diffusion naturelle du virus «est un procédé moyenâgeux qui causera inutilement un grand nombre de décès», estime le chercheur.

Eviter un rebond d’infection

Vendredi, la Chine, berceau de la pandémie, n’a rapporté aucune nouvelle contamination d’origine locale au coronavirus pour le deuxième jour consécutif, mais le nombre de cas importés atteint désormais 228. «C’est à cela qu’il faut être attentif au moment où les mesures de confinement sont levées. Le virus étant pandémique, l’hypothèse d’une disparition à court ou moyen terme se fait de moins en moins probable», ajoute Jean Ruelle.

Pour éviter un rebond des cas d’infection, «il faut tenter d’empêcher d’importer de nouveaux cas d’une zone épidémique tant que la population n’est pas immunisée», précise-t-il encore. Des restrictions au niveau des déplacements dans d’autres pays pourraient dès lors être maintenues plus longuement.

Entre-temps, les mesures de confinement servent à gagner du temps pour développer un vaccin. Des tests sont en cours, «on peut espérer en avoir un dans une petite année», affirme le professeur à l’UCLouvain et chercheur en virologie moléculaire à l’Institut de Duve, Thomas Michiels.

 
 
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