Coronavirus - Hausse des factures vendues sur la plateforme Edebex, qui demande une garantie publique

"Il y a eu cette semaine une augmentation de 25% du nombre de vendeurs. Et ce n'est que le début, car les mesures de confinement ont commencé cette semaine", indique à l'agence Belga David Van der Looven, co-fondateur de la fintech, précisant qu'Edebex recensait avant cela 1.500 vendeurs sur sa plateforme.

"Historiquement, nous avons toujours eu plus de PME acheteuses, de par l'intérêt financier et les garanties de notre solution, que de vendeuses", poursuit-il. "La tendance change dangereusement ces derniers jours."

Pour M. Van der Looven, cette augmentation est due à l'épidémie de nouveau coronavirus. Les mesures prises pour freiner sa propagation ont en effet entraîné un net ralentissement économique. Beaucoup de sociétés ont vu une partie de leur chiffre d'affaires disparaître du jour au lendemain. Elles ont dès lors un urgent besoin de cash, de trésorerie.

La plateforme en ligne d'Edebex permet à des PME ayant besoin de liquidités de vendre des factures à d'autres sociétés disposant, elles, de liquidités et à la recherche d'un rendement. Ces transactions sécurisées se font en principe quelques heures sous le couvert d'une assurance spéciale et garantie par l'assureur-crédit Euler Hermes.

Ca, c'est pour le principe. Mais si Edebex estime que sa plateforme apporte une solution bienvenue, surtout par ces temps économiques très difficiles, la fintech constate aussi que les assureurs-crédit diminuent leur exposition au risque et se retirent. Quant aux investisseurs, ils se montrent plus circonspects sinon inquiets par rapport à la tournure des événements.

Edebex assure qu'elle ne compte pas augmenter les coûts pour les vendeurs "afin de garder les acheteurs à bord" et lance plutôt un appel aux gouvernements fédéral et régionaux pour qu'ils se portent garants des factures vendues sur sa plateforme "afin de rassurer les entrepreneurs-acheteurs et réamorcer la pompe à oxygène des entrepreneurs-vendeurs."

"L'argent public ne fonctionnerait alors 'que' comme levier d'un phénomène d'entraide privé et démultiplierait ainsi un effet salvateur, tout en restant parfaitement disponible pour soutenir d'autres projets. On ferait donc d'une pierre trois coups pour le plus grand bien de l'économie, des finances publiques et du citoyen-contribuable", conclut pour sa part le CEO d'Edebex, Wim De Ridder.

 
 
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