La liste des mesures économiques prises par le gouvernement fédéral face au coronavirus

La liste des mesures économiques prises par le gouvernement fédéral face au coronavirus
Belga

Le conseil des ministres a approuvé vendredi un deuxième volet de son plan de protections sociale et économique dans le cadre de la crise du coronavirus, avec des mesures qui feront porter son effort budgétaire total à 8 à 10 milliards d’euros pour 2020, dont une part sera toutefois récupérée plus tard.

«La crise qui arrive est peut-être plus grave que celle de 2008, mais nous ferons tout pour protéger d’abord la santé de notre population, mais aussi les emplois», a assuré la Première ministre Sophie Wilmès.

L’impact direct des mesures coronavirus sur le budget 2020 serait de 8 à 10 milliards d’euros, selon le ministre du Budget David Clarinval. «Il variera en fonction de la durée de la crise et pourrait augmenter en fonction des résultats de la négociation sur la garantie bancaire», grâce à laquelle l’Etat cherche à s’assurer que les banques délivreront toujours du crédit aux entreprises, selon le ministre MR.

Une bonne partie de ce montant sera toutefois récupérée plus tard par l’Etat. C’est le cas des 4,5 milliards d’euros des reports de paiement de l’impôt aux entreprises et aux indépendants, annoncés jeudi par le ministre des Finances Alexander De Croo. Les mesures de chômage économiques pèseront 1 à 1,5 milliard, de même que les mesures pour indépendants comme le droit passerelle. Un milliard avait par ailleurs déjà été prévu pour une provision intergouvernementale pour les dépenses les plus urgentes dans la lutte contre le coronavirus.

Chômage temporaire

Toutes les demandes de chômage temporaire liées au Covid-19, émanant d’ouvriers ou d’employés, seront traitées comme cas de force majeure, ce qui notamment automatisera leur traitement qui dans le cadre du chômage économique peut prendre 3 à 4 mois. C’est la «procédure corona», selon la ministre de l’Emploi Nathalie Muylle: l’entreprise n’aura pas à justifier sa demande.

Le gouvernement avait déjà annoncé que ce chômage temporaire couvrirait 70% - et non plus 65% - du «salaire journalier plafonné» qui est de 2.754,76 euros. Il y ajoute un complément journalier de 5,63 euros. Soit quelque 150 euros en plus par mois, selon la ministre.

L’accès au chômage temporaire est également étendu au travailleur qui doit rester à la maison parce qu’un membre de sa famille est contaminé. Au total, de 800.000 à un million de travailleurs seront concernés, selon Mme Muylle.

Travail saisonnier

Une pénurie de travailleurs saisonniers menace le secteur de l’agriculture et de l’horticulture en raison du coronavirus et des restrictions de circulation en Europe. Pour tenter d’y remédier, le gouvernement va doubler de 65 à 130 jours la période de travail autorisée. L’idée est de garder plus longtemps en Belgique les ouvriers agricoles étrangers qui y sont déjà et auraient dû partir sans cela, selon Mme Muylle. Près de 9 saisonniers sur 10 viennent de l’étranger, bon nombre travaillant en Flandre. Le gouvernement flamand, lui, a demandé au VDAB, le service public de la formation et de l’emploi au nord du pays, de diriger les demandeurs d’emploi en priorité vers les secteurs agricole et horticole.

Concertations dans la distribution et l’Horeca

Une concertation est en cours dans le secteur de la distribution pour élargir les heures d’ouverture des grandes surfaces et des magasins d’alimentation afin de répondre aux besoins de la population, selon la ministre Muylle. Certains rayons vides suscitent de la frustration chez les clients: même si les stocks sont suffisants, le remplissage des rayons ne suit parfois pas. C’est la raison pour laquelle cette concertation porte aussi sur les flexijobs ou le recours à des personnes bloquées chez elles.

Dans l’Horeca également, la concertation est en cours, selon le ministre des Indépendants Denis Ducarme, notamment pour assouplir les règles sur le «take-away» ou les services traiteur, avec le concours de l’Afsca. Les contrats de brasserie aussi sont examinés: «on est en contact avec les sociétés de brasserie pour qu’elles abandonnent les pénalités imposées contractuellement si le chiffre de vente n’est pas assez élevé».

 
 
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