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La liste des mesures économiques prises par le gouvernement fédéral face au coronavirus

L’effort fédéral pour les mesures socio-économiques porte sur 8 à 10 milliards d’euros.

Temps de lecture: 3 min

Le conseil des ministres a approuvé vendredi un deuxième volet de son plan de protections sociale et économique dans le cadre de la crise du coronavirus, avec des mesures qui feront porter son effort budgétaire total à 8 à 10 milliards d’euros pour 2020, dont une part sera toutefois récupérée plus tard.

«La crise qui arrive est peut-être plus grave que celle de 2008, mais nous ferons tout pour protéger d’abord la santé de notre population, mais aussi les emplois», a assuré la Première ministre Sophie Wilmès.

L’impact direct des mesures coronavirus sur le budget 2020 serait de 8 à 10 milliards d’euros, selon le ministre du Budget David Clarinval. «Il variera en fonction de la durée de la crise et pourrait augmenter en fonction des résultats de la négociation sur la garantie bancaire», grâce à laquelle l’Etat cherche à s’assurer que les banques délivreront toujours du crédit aux entreprises, selon le ministre MR.

Une bonne partie de ce montant sera toutefois récupérée plus tard par l’Etat. C’est le cas des 4,5 milliards d’euros des reports de paiement de l’impôt aux entreprises et aux indépendants, annoncés jeudi par le ministre des Finances Alexander De Croo. Les mesures de chômage économiques pèseront 1 à 1,5 milliard, de même que les mesures pour indépendants comme le droit passerelle. Un milliard avait par ailleurs déjà été prévu pour une provision intergouvernementale pour les dépenses les plus urgentes dans la lutte contre le coronavirus.

Chômage temporaire

Toutes les demandes de chômage temporaire liées au Covid-19, émanant d’ouvriers ou d’employés, seront traitées comme cas de force majeure, ce qui notamment automatisera leur traitement qui dans le cadre du chômage économique peut prendre 3 à 4 mois. C’est la «procédure corona», selon la ministre de l’Emploi Nathalie Muylle: l’entreprise n’aura pas à justifier sa demande.

Le gouvernement avait déjà annoncé que ce chômage temporaire couvrirait 70% - et non plus 65% - du «salaire journalier plafonné» qui est de 2.754,76 euros. Il y ajoute un complément journalier de 5,63 euros. Soit quelque 150 euros en plus par mois, selon la ministre.

L’accès au chômage temporaire est également étendu au travailleur qui doit rester à la maison parce qu’un membre de sa famille est contaminé. Au total, de 800.000 à un million de travailleurs seront concernés, selon Mme Muylle.

Travail saisonnier

Une pénurie de travailleurs saisonniers menace le secteur de l’agriculture et de l’horticulture en raison du coronavirus et des restrictions de circulation en Europe. Pour tenter d’y remédier, le gouvernement va doubler de 65 à 130 jours la période de travail autorisée. L’idée est de garder plus longtemps en Belgique les ouvriers agricoles étrangers qui y sont déjà et auraient dû partir sans cela, selon Mme Muylle. Près de 9 saisonniers sur 10 viennent de l’étranger, bon nombre travaillant en Flandre. Le gouvernement flamand, lui, a demandé au VDAB, le service public de la formation et de l’emploi au nord du pays, de diriger les demandeurs d’emploi en priorité vers les secteurs agricole et horticole.

Concertations dans la distribution et l’Horeca

Une concertation est en cours dans le secteur de la distribution pour élargir les heures d’ouverture des grandes surfaces et des magasins d’alimentation afin de répondre aux besoins de la population, selon la ministre Muylle. Certains rayons vides suscitent de la frustration chez les clients: même si les stocks sont suffisants, le remplissage des rayons ne suit parfois pas. C’est la raison pour laquelle cette concertation porte aussi sur les flexijobs ou le recours à des personnes bloquées chez elles.

Dans l’Horeca également, la concertation est en cours, selon le ministre des Indépendants Denis Ducarme, notamment pour assouplir les règles sur le «take-away» ou les services traiteur, avec le concours de l’Afsca. Les contrats de brasserie aussi sont examinés: «on est en contact avec les sociétés de brasserie pour qu’elles abandonnent les pénalités imposées contractuellement si le chiffre de vente n’est pas assez élevé».

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17 Commentaires

  • Posté par Deckers Björn, vendredi 20 mars 2020, 20:56

    Louis Lambert, votre propos est ridicule. Quand les écologistes prônent la décroissance, ils ne la postulent pas comme cela de but en blanc et dans un contexte déjà catastrophique. Il s'agit de repenser le modèle en profondeur, de questionner le partage du temps de travail et le capitalisme, la juste répartition des ressources et des revenus, mais aussi en effet la modération dans le sens de tourner le dos à une hyperconsommation devenue folle et inconséquente (pensez au capharnaüm grotesque des fêtes de fin d'années, à l'orgie indécente de cette période). Par ailleurs, croire au tout à la bagnole est simplement une folie. La voiture et la pollution tue déjà chaque année bien plus que le covid 19 dans les grandes villes. Votre propos est démago et inconséquent.

  • Posté par Deckers Björn, vendredi 20 mars 2020, 20:48

    Rebecca Vangansbeke, vous posez une bonne question, mais il faut accepter les réponses. La vérité est qu'en cédant au tout à la mondialisation, les produits dont vous parlez ne sont plus fabriqués en Belgique. Et donc même si le begov voulait "forcer" une augmentation de la production, il n'en aurait pas les moyens, car il n'aurait simplement pas d'interlocuteur. Nous sommes tous responsables, du particulier qui achète moins cher du made in China sur Amazon au multinationales qui diminuent les coûts à coup de délocalisations massives et pas seulement pour faire baisser les prix de la concurrence mais pour assurer des rendements à deux chiffres. Cette crise posera aussi le débat des débordements de la consommation massive et de la mondialisation débridée. Mais il ne sert à rien de chercher un coupable, le gouvernement ici dans votre propos. Le gouvernement, les gouvernements sont juste coupables de lâcheté, ils ne veulent pas perdre des électeurs et ne peuvent donc nous balancer à la gu.. une vérité pourtant utile. Nous détruisons nous même notre planète, nos emplois, notre économie, et... finalement notre bien être. Nous ne consacrons plus qu'entre 10% et 20% de nos revenus au budget alimentation alors que le rapport était quasi inversé il y a quelques décennies. En gros, au propre comme au figuré, il faut d'abord regarder dans son assiette.

  • Posté par Jean-Paul BULTEAU, vendredi 20 mars 2020, 18:12

    Comment comprendre que des hôpitaux doivent faire appel à des dons pour pouvoir acquérir des appareils respirateurs supplémentaires??

  • Posté par Rebecca Vangansbeke, vendredi 20 mars 2020, 17:53

    Bien que je sois contente de plusieurs aspects de la gestion de la crise (esprit d'unité, rassemblement, souci de prendre des mesures pour éviter d'aggraver la situation, mesures économiques, mesures pour protéger les employés, etc), il y a vraiment une question qui me dérange. Pourquoi le monde politique ne forcent pas les industries à produire davantage de masques et de gels nettoyants ??? C'est essentiel pour la lutte contre le coronavirus ! Je ne comprends pas ! En temps de guerre, les industries se mettaient immédiatement à fabriquer l'arsenal pour la guerre, et nous sommes 100 ans plus tard, avec beaucoup plus de moyens techniques, et on ne sait pas fabriquer en masse des misérables masques et des misérables solutions nettoyantes ? Quelle performance tout de même pitoyable à l'ère où nous savons envoyer des hommes sur la lune ! Que quelqu'un m'explique ! ... Il en va de la vie ! ... ?? Je ne comprends pas... Est-ce problématique d'un point de vue économique ? Pourtant le gouvernement a dit que la priorité, c'était la vie des gens. Porter un masque et des gants dans les supermarchés où, je l'ai constaté, il est difficile de garder une distance de deux mètres avec les autres clients ne serai-il pas indiqué ? Bon si nous restons confinés chez nous et que nous avons moins de 45 ans ça va : on ne risque pas d'infecter nos aînés et autrui si nous sommes des porteurs sains du COVID, mais quand même... Je trouve la gestion un peu chaotique à ce niveau là ! ... Qu'en pensez-vous ?

  • Posté par Lambert Louis, vendredi 20 mars 2020, 17:51

    C'est amusant de constater que toutes les mesures prônées par les Écolos se révèlent catastrophiques en temps de coronavirus: les transports en commun sont de nids à microbe, le covoiturage favorise la contagion, les rassemblements citoyens aussi, les aliments qui ne sont pas préemballés peuvent être porteurs du virus et une élévation de la température serait bénéfique pour rendre le virus moins virulent ! Ajoutons encore que l'arrêt de la croissance économique entraîne le chômage et que la limitation des déplacements individuels est très mal vécue par la population alors que c'est précisément ce que les Écolos veulent nous imposer. Cette crise du coronavirus nous montre par l'absurde à quel point les propositions des Écolos sont nuisibles !

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