Coronavirus - Aide-ménagère: la FGTB fustige les pratiques d'acteurs de l'économie collaborative

Les organisations syndicales et plusieurs fédération patronales, comme Federgon, ont appelé ces derniers jours, en vain, à l'arrêt de l'ensemble du secteur, face aux risques de contamination des aides-ménagères, mais aussi de leurs clients, dont près d'un quart ont plus de 65 ans. Plusieurs grosses entreprises du secteur des titres-services ont décidé elles-mêmes de suspendre leurs activités mais, pour l'heure, le gouvernement fédéral n'a pas décidé l'arrêt total des activités d'aide-ménagère

"Dans ce contexte, (...) nous voyons certains acteurs de l'économie de plateforme qui tentent de manière totalement irresponsable et scandaleuse de tirer profit de la crise en envoyant des travailleurs faire le ménage dans des familles", alerte le syndicat socialiste.

"C'est un comportement dangereux et honteux à plusieurs niveaux. Outre le fait qu'ils exposent les travailleurs et les familles à des risques inutiles, ils profitent aussi du statut précaire de ces travailleurs de l'économie de plateforme qui ne bénéficient pas de la même protection que les autres travailleurs en cas d'incapacité de travail. Ils les traitent comme de la chair à canon", poursuit la FGTB.

"Comme des charognards, ils profitent d'une situation de crise pour gagner des parts de marché et attaquer les titres-services", s'insurge encore le syndicat.

Les plateformes d'économie collaborative sont des intermédiaires qui, via une plateforme en ligne, mettent en relation des prestataires et des utilisateurs et facilitent les transactions entre eux, qu'elles soient lucratives ou non lucratives. Ces plateformes peuvent demander un agrément et bénéficier d'avantages fiscaux auprès du SPF Finances. Depuis la "loi De Croo", toute personne qui effectue des activités complémentaires rémunérées dans le cadre d'une de ces plateformes peut gagner jusqu'à 6.340 euros par année civile sans devoir s'acquitter de cotisations fiscales ou sociales.

Contacté par l'agence Belga, le secrétaire fédéral à la Centrale Générale de la FGTB, Sébastien Dupanloup, cite la cas de la plateforme "Task Booker", qui propose au nord du pays des services, notamment, de nettoyage à domicile.

"On est en train de permettre le développement d'un système parallèle qui met des vies en danger", dénonce-t-il. Et la FGTB d'appeler les gouvernements fédéral et régionaux à "mettre fin à cet opportunisme criminel" ainsi qu'"à fermer purement et simplement toutes les activités de nettoyage chez les particuliers, y compris dans les titres-services".

 
 
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