Frontières fermées, sanctions, un supermarché fermé: la Belgique durcit le ton pour freiner le coronavirus

Knokke
Knokke - Belga

Le nombre de personnes infectées par le coronavirus continue à grimper. Selon le dernier bilan des autorités sanitaires belges (vendredi 20 mars, à 11 heures), on dénombre 837 personnes hospitalisées en Belgique pour cause de Covid-19, dont 164 en soins intensifs. Soit une (nette) augmentation de 32 % sur les dernières 24 heures. Un chiffre en constante évolution, qui semble indiquer que le pic n’est pas encore atteint.

Les autorités fédérales et régionales mettent tout en œuvre afin d’endiguer la propagation du coronavirus.

Ce vendredi, la Belgique a notamment décidé vendredi de fermer ses frontières pour tout déplacement « non essentiel ».

Concrètement le trafic du fret et des camions reste autorisé, ainsi que le retour de l’étranger des ressortissants belges. Une décision prise avec les cinq pays concernés : France, Allemagne, Pays-Bas, Luxembourg et Royaume-Uni.

Selon Pieter De Crem, le ministre des Affaires étrangères, chaque infraction sera strictement sanctionnée. Le Comité fédéral de Coordination (COFECO) dirigé par le Centre de crise est chargé d’exécuter ces mesures.

Le ministre a également rappelé qu’il est interdit d’aller dans sa résidence secondaire.

Les contrôles seront effectués tant sur les voies routières que dans les ports, aéroports et gares d’arrêt des trains internationaux.

De lourdes sanctions

Les sanctions en cas de non-respect de ces mesures peuvent aller jusqu’à 4.000 euros d’amende et/ou trois mois de prison. Pour simplifier les contrôles, la police demande aux travailleurs transfrontaliers de se munir d’une attestation de leur employeur pour justifier tout déplacement essentiel.

À Bruxelles, depuis l’instauration des nouvelles mesures de confinement, la police de la zone Bruxelles-capitale Ixelles a déjà dressé 104 procès-verbaux contre des personnes ne respectant pas les interdictions de rassemblement et des commerces qui ne ferment pas.

Il s’agit de PV qui seront transmis au parquet ainsi que de sanctions administratives communales (SAC). Ces dernières s’élèvent à 350 euros pour les adultes et 175 euros pour les mineurs.

Du côté de la zone de police Bruxelles-nord, 22 SAC ont déjà été administrées ainsi que trois PV. Deux arrestations administratives ont aussi eu lieu. Les PV concernent des cafés qui restent ouverts malgré l’interdiction, tandis que les sanctions administratives communales visent le non-respect de l’interdiction de rassemblement.

La zone de Bruxelles-Midi (Forest, Anderlecht et Saint-GIlles) constate une légère hausse des infractions et des SAC.

Des drones à la rescousse

La police locale de Bruxelles-Capitale/Ixelles et la police fédérale effectuent des surveillances avec des drones et des véhicules de patrouilles pour rappeler à la population les nécessaires mesures de distanciation sociale.

Les drones et les véhicules de patrouille diffusent un message audio trilingue pour rappeler les règles en vigueur.

Les espaces verts sont particulièrement visés. Les personnes sont encouragées à faire du sport, mais dans le respect des règles de distanciation sociale.

Certaines communes ont d’ailleurs décidé de fermer certains parcs pour éviter des rassemblements.

Un supermarché fermé à Charleroi

La police locale de Charleroi a fermé un supermarché du centre-ville pour non-respect des mesures gouvernementales prises. Un procès-verbal a été dressé. Le magasin a été contraint de fermer ses portes jusqu’au 5 avril.

Malgré plusieurs avertissements préalables, les policiers ont constaté le non-respect de deux mesures mises en place. « Le nombre de clients au sein du magasin était trop important. La distanciation requise entre les clients n’était pas non plus respectée », précise David Quinaux, le porte-parole de la zone de police.

Le parquet de Charleroi pourrait poursuivre le gérant. « La loi prévoit une peine de prison allant jusqu’à trois mois et une peine d’amende. »

700 Néerlandais renvoyés chez eux

La police a renvoyé quelque 700 Néerlandais qui avaient passé la frontière à Kinrooi, dans le Limbourg. La frontière ne peut effectivement être franchie que pour fournir des soins aux personnes ou aux animaux ainsi que pour le travail, certainement pas donc pour faire le plein ou du shopping. Les Pays-Bas ont une autre approche face à la pandémie de coronavirus et les mesures y sont moins strictes.

Les zones de police locale en Campine ont également commencé à mener des contrôles à la frontière avec les Pays-Bas, mais pas en permanence. « Les Néerlandais qui viennent encore en excursion en Belgique et vice versa, cela doit cesser », plaide la zone Campine nord-est.

 
 
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