Coronavirus - Pour l'Union wallonne des Entreprises, la récession est "inévitable" (2)

Plus inquiétant encore, 73% des entreprises et 87% des indépendants sont confrontés à des problèmes de trésorerie tandis que 42% des entreprises et 57% des indépendants interrogés signalent déjà des soucis de solvabilité, a souligné l'UWE.

Sans surprise, les embauches font également grise mine, avec 37% des entrepreneurs estimant que leurs effectifs vont diminuer dans les mois à venir, seuls 11% comptant au contraire engager.

Quant aux retombées sur le PIB wallon, elles sont à ce stade difficiles à estimer, a ajouté la fédération patronale. Dans un scénario optimiste, dans lequel le confinement ne dépasserait pas deux mois, sa croissance pourrait s'établir entre -1% et -3% pour l'année 2020. En cas de confinement plus long, compris entre 2 et 6 mois, elle pourrait varier entre -3% et -5%.

"Les résultats de notre enquête montrent que nos entreprises sont extrêmement pessimistes. La priorité, aujourd'hui, c'est évidemment la santé des citoyens. Mais ensuite, les réponses des autorités devront être à la hauteur, au risque de voir un cataclysme économique succéder à la crise sanitaire", a résumé Olivier de Wasseige, l'administrateur délégué de l'UWE.

A court terme, l'objectif est on ne peut plus clair: il s'agit d'éviter un maximum de faillites d'entreprises alors que la confiance des consommateurs est au plus bas et que les exportations souffrent de l'effondrement de la demande au niveau mondial. Il faut par ailleurs assurer la poursuite l'activité économique, en particulier dans les secteurs essentiels, "dans le respect des consignes de sécurité".

Mais quels que soient les efforts fournis, "la Wallonie connaîtra une récession en 2020. Nos indicateurs d'enquête suggèrent que cette récession sera significative et générale. Nos quatre grands indicateurs (activité, investissement, embauche et exportation) ont atteint leur niveau le plus bas depuis la création de notre enquête, en 2003. Et ce, dans un contexte où les indices de confiance s'écroulent et la consommation privée décline", a encore affirmé M. de Wasseige.

Selon ce dernier, les gouvernements fédéral et régionaux semblent toutefois avoir pris la mesure de la situation, la Wallonie s'étant notamment dotée d'une enveloppe de 350 millions d'euros pour faire face à la crise et à ses conséquences.

Si le sort de l'économie régionale dépendra en grande partie des mesures budgétaires et monétaires prises par l'Europe, la BCE et le Fédéral, le gouvernement wallon a lui aussi son rôle à jouer, a souligné l'administrateur délégué de l'UWE. "Il faut qu'il mette en place un plan de relance avec des moyens exceptionnels car il sera primordial de relancer, dès la fin de la crise sanitaire, l'économie wallonne afin d'éviter des dommages durables, non seulement économiques mais aussi sociaux", a-t-il conclu.

 
 
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