Coronavirus: les hôpitaux psychiatriques ne reçoivent pas de masques

Les couloirs du Beau-Vallon
Les couloirs du Beau-Vallon - Dominique Duchesnes

Dans un communiqué de presse, une fédération patronale d’institutions de soins de santé wallonnes et bruxelloises, du secteur public ainsi que du secteur privé non confessionnel et non commercial, Santhea s’insurge du fait que les hôpitaux psychiatriques soient laissés de côté.

« Le secteur non-hospitalier de la santé mentale a reçu quelques masques des Régions, ce qui leur offre un répit temporaire, mais les hôpitaux psychiatriques sont les grands oubliés. Ni le fédéral ni les régions n’ont prévu de leur livrer du matériel de protection », peut-on lire.

En temps normal, ces institutions n’ont ni besoin de masques, ni de blouses ou autre matériel de protection, ce qui fait qu’elles n’ont pas ou peu de stock et ne savent pas s’en constituer au vu de la pénurie mondiale. « Certains en ont quelques centaines, mais pour beaucoup, cela se compte en dizaines. Les besoins, eux, s’évaluent en milliers ! », dit-on dans ce communiqué. Certains hôpitaux psychiatriques sont liés à un hôpital général, et peut donc lui faire « l’aumône de masques ».

« Santhea n’a de cesse de relayer leur demande de matériel de protection, mais ils ne sont pas considérés comme prioritaires... Et pourtant ! Ils ont l’obligation de garder en leur sein, en confinement, les patients Covid-19 positifs. Cela signifie qu’une bonne partie du personnel est de facto en contact avec le virus au quotidien, sans protection, ou avec un simple masque chirurgical dans les meilleurs cas. Résultats? Les hôpitaux psychiatriques doivent souvent gérer la panique d’une partie du personnel, et le taux d’absentéisme est en hausse. »

Dans les différents hôpitaux, il est parfois difficiles pour les patients d’appliquer, voire même de comprendre, les mesures d’hygiène liées au coronavirus. De plus, l’objectif même des consignes de confinement leur est dans certains cas difficilement appréhendable.

Les médecins en mauvaise posture

Les médecins généralistes, déjà très peu nombreux à travailler dans avec les hopitaux psychiatriques, ont reçu pour consigne de ne communiquer avec leurs patients atteints du coronavirus uniquement par téléphone. « Vous admettrez qu’avec des patients psychiatriques, c’est loin d’être idéal. Par ailleurs, les médecins psychiatres ne sont pas drillés aux traitements somatiques. Pour couronner le tout, il n’y a aucun monitoring des cas Covid-19 dans les hôpitaux psychiatriques. Cela signifie qu’un écho ne sera donné que lorsque la situation sera grave. C’est-à-dire trop tard », expliquent-ils.

Pour l’instant, la situation est gérable dans les différentes institutions, notamment grâce au fait qu’aucun foyer épidémique n’y a été identifié. Santhea appelle les autorités à anticiper avant qu’il ne soit trop tard : « Mais s’il n’est pas encore trop tard, il est plus que temps d’agir. Gérer c’est anticiper. Il faut anticiper. Maintenant. »

« Le degré de civilisation et d’humanisme d’une société se mesure notamment à la manière dont elle prend en charge ses citoyens les plus vulnérables », concluent-ils.

 
 
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