Coronavirus - Pas encore d'accord entre employeurs et syndicats du commerce, dénouement attendu vendredi

Syndicats et employeurs se retrouvaient mercredi pour évoquer l'application dans leur secteur des mesures mises en place par le gouvernement face à l'épidémie de coronavirus. Les représentants des travailleurs pointent en particulier les risques encourus par ceux-ci dans l'exercice de leur fonction et la possibilité laissée ouverte par l'arrêté ministériel du 23 mars d'élargir les heures d'ouverture des magasins de 7h à 22h maximum. Cela alors que la loi établit ces heures d'ouverture de 8 à 20h, à l'exception du vendredi ou veille de jour férié où il s'agit de 8 à 21h.

Mercredi matin, le front commun avait d'ailleurs plaidé pour une réduction des jours et plages d'ouverture au public des commerces alimentaires, évoquant "un personnel à bout moralement et physiquement" et n'excluait pas de mener des actions. Il demandait en outre, au niveau sectoriel, des jours de congé/récupération supplémentaires et une prime supplémentaire pour les travailleurs.

Lors de la rencontre, Comeos a déposé une proposition "partielle", que les syndicats vont à présent évaluer. "Mais je peux d'ores et déjà dire qu'elle est insuffisante", réagit Myriam Delmée, présidente du Setca en charge du commerce, sans vouloir s'exprimer sur le contenu. "Nous allons faire une contre-proposition extrêmement rapidement et avons demandé une réponse définitive pour vendredi."

Même son de cloche de la part de Delphine Latawiec, secrétaire permanente CNE: "on a le sentiment général que c'est largement insuffisant. Il faut aller bien au-delà de ce qui est sur la table", estime-t-elle, plaidant pour des avancées sur les heures d'ouverture et la prime d'encouragement.

Les deux représentantes syndicales s'accordent à dire qu'une certaine tension commence à se faire sentir dans les magasins ainsi que dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. Elles ne peuvent donc exclure d'éventuels mouvements d'humeur des travailleurs.

Myriam Delmée salue les initiatives positives de Lidl (de fermer dorénavant ses magasins une heure plus tôt) ou de Carrefour (d'offrir une journée de congé supplémentaire par semaine) mais déplore que ce ne soient là que des solutions partielles et non pas une réponse sectorielle.

"On a l'impression que la fédération patronale et les employeurs prennent à la légère la pression sur le travail que subissent les collaborateurs", confie la présidente du Setca. Cela alors que des mesures de sécurité adéquates n'ont pas été prises dans tous les magasins, à l'entendre.

Ce que confirme Delphine Latawiec. "Ils n'ont pas pris la mesure de la colère et du ras-le-bol des travailleurs dans les magasins", déplore-t-elle, se demandant s'il s'agit là de dédain, de déni ou de mépris.

Dans une réaction, Comeos a indiqué que "les négociations avec les syndicats n'ont pas encore été conclues et se poursuivent" et ne pas vouloir faire de déclaration durant ces discussions.

 
 
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