Coronavirus: l’école en juillet? Les syndicats rejettent catégoriquement l’idée

Coronavirus: l’école en juillet? Les syndicats rejettent catégoriquement l’idée
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Pas de prolongation de l’année scolaire en juillet pour l’enseignement obligatoire… Mercredi, la ministre de l’éducation Caroline Désir (PS) mettait fin à une polémique née quelques heures auparavant à l’initiative de l’économiste Geert Noels. Il estimait que pareille mesure serait à la fois bénéfique aux enfants ainsi qu’à l’économie en général. Dans la soirée, le ministre président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR), taclait « sa » ministre : « Je ne veux pas qu’on vienne avec de quelconques exclusives pour la fin de l’année scolaire. Aucune piste n’est exclue ». Pour le chef du gouvernement francophone, avant de prendre attitude sur ce sujet, il importe d’attendre d’abord la décision du prochain Conseil national de sécurité. « Il y aura donc des situations exceptionnelles, à décider en concertation avec les différents secteurs. (…) Mais ce qui doit nous guider, c’est l’intérêt des enfants », insiste le chef de l’exécutif fédératif. « Il n’y a donc pas d’exclusive à ce stade. C’est de toute façon une décision qui sera prise au niveau du gouvernement ».

Balle au centre ? Que nenni. Les syndicats viennent de siffler sèchement la fin de la récréation gouvernementale. « C’est avec effarement que nous constatons que l’idée de mettre les enseignants au travail durant les vacances d’été fait son bout de chemin. Cette idée tout droit sortie de l’esprit de l’économiste Geert Noels a pour objectif de rattraper le retard économique dû à la crise sanitaire en permettant aux travailleurs d’être au summum de leur productivité sans avoir à se soucier de la garde de leurs enfants ».

Regrettant la sortie du ministre-président Jeholet, ils insistent : « Nous tenons à rappeler que l’école ne sert pas qu’à assurer une garderie, son objectif étant de garantir l’accès à un enseignement de qualité à chacun. De plus, les enseignants, comme tous les travailleurs des services publics, accomplissent leurs missions dans des conditions plus difficiles que jamais en étant en première ligne dans la lutte contre la propagation du virus ».

Les cinq syndicats de l’enseignement ajoutent en front commun : « Le scénario dont il est question ici dénaturerait la notion même de services publics. Si l’économie de marché s’obstine à rechercher la rentabilité absolue, les services publics permettent à chacun d’avoir accès à des services essentiels à leur bien-être. Nous nous élevons contre l’instrumentalisation des services publics à des fins productivistes ! (…) Pour toutes ces raisons, nous refusons catégoriquement la prolongation des cours durant les vacances d’été et exigeons du gouvernement que toute mesure soit soumise à la négociation sociale ».

 
 
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