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Une Europe «laide», «morte»: la presse italienne en colère en pleine crise du coronavirus

L’Italie, dont la dette est la deuxième plus élevée de la zone euro après celle de la Grèce, attend de l’UE une plus grande solidarité financière pour faire face à la pandémie.

Temps de lecture: 3 min

Une Europe «laide», «morte »: la presse italienne exprime vendredi désarroi et colère contre l’UE au lendemain de la décision des 27 de reporter l’examen de mesures plus fortes contre les conséquences économiques de la pandémie de coronavirus.

Lors de ce sommet en vidéoconférence, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a menacé de ne pas signer de déclaration commune si l’Union européenne n’adoptait pas des mesures fortes, «avec des instruments financiers innovants et réellement adéquats à une guerre que nous devons mener ensemble». Les 27 États membres ont alors convenu de «présenter des propositions dans un délai de deux semaines».

L’Italie, dont la dette est la deuxième plus élevée de la zone euro après celle de la Grèce, attend de l’UE une plus grande solidarité financière quand les pays du Nord, notamment l’Allemagne, refusent toute mutualisation des dettes de la zone euro et tout projet de «corona bonds».

«Conte dit à une Europe morte d’aller se faire foutre», titre le quotidien Fatto Quotidiano. «Laide Europe», juge en Une La Repubblica, un quotidien à la ligne d’ordinaire pro-UE.

«Une union qui ne fait pas la force »

«Si l’UE ne se met pas d’accord, le projet européen est terminé», juge le Corriere della Sera. Également pro-européen, le journal évoque «un accord a minima» et raille une «union qui ne fait pas la force».

Le quotidien financier Il Sole-24Ore estime, lui, que l’UE est «à un tournant». Il cite un diplomate européen selon lequel «quand on compte les morts, on ne compte pas les milliards».

«Nous attendons de la part de nos partenaires européens de la loyauté, nous attendons que l’Europe fasse sa part, parce que les belles paroles, on ne sait pas quoi en faire», a écrit sur sa page Facebook le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio.

L’ancien président du Parlement européen, Antonio Tajani, membre du parti d’opposition Forza Italia (centre droit) a aussi exprimé sa colère. Pour lui, «une Europe lâche comme celle que nous avons vue hier sera emportée par le coronavirus».

« Il n’y a pas de stratégie »

«Pendant que l’on meure et que l’économie s’effondre, les décisions sont renvoyées à dans deux semaines. L’égoïsme masochiste des tenants de la rigueur, est myope et dangereux pour tous», s’est-il indigné.

«Une fois de plus, l’Europe démontre son absence, il n’y a pas de stratégie», a dénoncé sur la chaîne Rete4 Luca Zaia, gouverneur de la Vénétie, l’une des régions les plus touchées par la pandémie.

En nombre de morts, l’Italie reste le pays qui paie le plus lourd tribut à la pandémie avec près de 8.200 décès.

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21 Commentaires

  • Posté par Philippe Christian, samedi 28 mars 2020, 22:10

    L'UE aura finalement montré son vrai visage : un grand vide ! Car elle n'aura rien montré du tout durant cette crise ! Cette Europe qu'on m'a vendue il y a tant d'années alors que j'étais encore un gamin, nous a coûté une fortune qui aura bénéficié à des technocrates privilégiés. Je voulais ces Etats-Unis d'Europe, avec une seule législation, une seule gouvernance, des règles communes et consistantes sur tout son territoire. Qu'avons-nous eu ? L'Euro ? Réalisez-vous ce que cette monnaie nous a coûté ? Ces états vite rattachés qui ont tout pompé ! Et dans la crise actuelle : au lieu d'avoir une démarche collective, solidaire inter-états, on assiste à 27+1 stratégies différentes, parfois totalement à l'opposé l'une de l'autre et avec un protectionnisme des états-membres inqualifiable ! Le coup de semonce du Brexit était pourtant clair. Réaction : nihil ! Fonctionnaires européens, vos heures sont comptées. Je vous ai supporté dès le début mais là, la coupe est pleine. Je ferme le robinet. L'Europe que nous devions bâtir pour nos petits-enfants, eh bien j'en veux une toute différente pour eux ! La vôtre je ferai tout pour qu'elle arrête de nuire. Et je me battrai pour enfin construire nos Etats-Unis d'Europe comme promis quand j'étais gamin. Je vous méprise !!!

  • Posté par J Mantrach, samedi 28 mars 2020, 8:12

    business as usual, tout dépendra de votre bulletin de vote. Nous avons permis que la Grèce soit mal menée même si on peut lui reprocher sa mauvaise gestion. Le peuple de ce pays a souffert et continue de l'être par l'Europe et principalement l'Allemagne. L'UE existe seulement pour le business. Le reste c'est du Blabla. L'Italie est une énième démonstration du business as usual

  • Posté par brenes norbert, samedi 28 mars 2020, 20:59

    En réalité c'est pire que cela. Si c'était "business as usual" le pragmatisme l'emporterait. Dans l'hypothèse où l'Italie sort de l'EU elle se trouvera rapidement en faillite car elle devra rembourser ses emprunts en euros avec une monnaie dévaluée et payer les intérêts sur ses nouveaux emprunts à des taux bien plus élevés qu'aujourd'hui (qui voudra prêter en lires ?). Et si l'Italie tombe en faillite nous sommes tous dans le pétrin car d'une part l'exposition de beaucoup de banques et d'assurances sur l'Italie est importante et d'autre part l'Italie est un des principaux partenaires commerciaux de la France et de l'Allemagne. Outre les considérations humanitaires évidentes un simple réalisme économique et politique voudrait que l'on fasse preuve de solidarité dans de telles circonstances.

  • Posté par LAUWERS, vendredi 27 mars 2020, 21:32

    "Chaque pays doit assumer son rôle"... - OK. Avant de parler budgets et équilibres de ceux-ci, commençons par nous intéresser aux pays suceurs de budgets européens qui ne respectent pas les traités européens et qui méritent tout simplement un ostracisme. Mettons les pieds dans le plat : depuis plusieurs années, Hongrie et Pologne s'asseyent sur le droit européen et se moquent avec cynisme des règles communes du bon vivre ensemble. Tout cela avec une réaction très molle de la Commission qui semble ne regarder qu'une seule chose : on n'exclut pas 48 millions de consommateurs du sacro-saint marché européen ! L'Italie est un des pays fondateurs du grandiose projet de "Communauté européenne" et a certes fauté dans l'élaboration de ses budgets (quel pays ne l'a pas fait ?). Est-ce pour cela qu'il faut la laisser tomber aujourd'hui ? Ce serait une faute morale et politique de la part de ses partenaires. Cela pourrait se payer très cher, car le loup Salvini et sa meute sont aux aguets et profiteront de la situation une fois la crise sanitaire passée... Celui-ci croit pouvoir compter sur ses alliés de Budapest et Varsovie. Sottise que d'y croire ! Alors, Monsieur Michel, Madame von der Leyen, RÉVEILLEZ-VOUS !

  • Posté par Debrabander Jean, vendredi 27 mars 2020, 19:42

    D'accord avec Maxence Mehlen : l'Europe a voulu grandir beaucoup trop vite, pour des raisons surtout financières ! Accepter des pays comme la Pologne d'abord, puis la Bulgarie et la Roumanie, bientôt l'Albanie, tout cela pour toujours trouver de la main d'œuvre meilleur marché, pour délocaliser afin que les grosses entreprises puissent faire toujours plus de profit, distribuer plus de dividendes, rétribuer toujours mieux les actionnaires. Mais l'Europe sociale attend toujours, l'uniformisation des lois sociales, la lutte contre l'évasion fiscale, etc. c'est toujours pour plus tard. Cette crise aura eu le mérite de forcer cette Europe-là à changer de cap … ou à disparaître. Bientôt l'Italexit, la Spainexit et d'autres exit.

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