Grève «émotionnelle» de 24 heures à la prison de Lantin: ce qu’il s’est passé

© Michel Tonneau.
© Michel Tonneau.

Si les prisonniers n’ont plus que des préaux par petits groupes et n’ont plus de visites, la situation était jusqu’alors relativement calme à l’établissement pénitentiaire de Lantin, en région liégeoise. « Vendredi, lors du débriefing de 14 h, nous nous disions encore, avec les collègues, qu’il n’y avait pas encore trop de tension et que tout le monde collaborait pour tenter de supporter la situation de crise sanitaire », explique Billy Dethier, délégué CGSP. Mais à 17 h, lors d’une remontée après préau, un détenu a fait un malaise : « Il a chuté lourdement, et trois gardiens sont venus l’aider, poursuit le délégué. Six détenus sont alors arrivés en furie et ont asséné aux trois collègues des coups de poing et des coups de pied. » Les trois gardiens ont été blessés ; celui qui était plus fortement touché a pu quitter l’hôpital en soirée, heureusement sans fracture ni grave lésion.

Les six détenus violents, des prisonniers ayant déjà rencontré des problèmes disciplinaires et qui auraient déjà un « lourd pedigree », ont ensuite gagné le toit, d’où ils ont crié et jeté des cailloux ; à l’heure de boucler ces lignes, ils y étaient encore. On ignore s’ils ont émis des revendications liées à la problématique du coronavirus, qui touche peu cette aile de la prison puisque seuls deux prisonniers, non testés, sont isolés par précaution (il y en a une petite vingtaine, par contre, en maison d’arrêt, où les cellules ne sont pas individuelles). A priori, il s’agirait « d’une attaque purement gratuite », explique Marc Brisy, directeur de la prison. La police a été appelée et en attendant la brigade d’intervention, elle a cerné la prison, pour éviter toute tentative d’évasion.

Ce vendredi, les gardiens de Lantin, à qui des masques en tissu avaient été distribués la veille, ont appris qu’un second masque leur serait remis à chacun, pour être relavé avant chaque prise de service. C’est également ce vendredi que les détenus ont reçu un crédit téléphonique supplémentaire de 20 euros, pour « compenser » l’absence de visites des familles. Le climat n’était pas à la grève, mais sous le choc, alors que le personnel est confronté à une croissance de la charge de travail (le personnel est réduit de 30 % en raison de maladie), une grève émotionnelle a été décidée dès 22 heures ce vendredi, et ce pour 24 heures.

 
 
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