Coronavirus: en France, 36 patients transférés en TGV vers la Nouvelle-Aquitaine

Coronavirus: en France, 36 patients transférés en TGV vers la Nouvelle-Aquitaine

Placées sous haute surveillance, les gares de Nancy et de Mulhouse ont accueilli aux premières heures du jour dimanche les premiers des 36 patients en réanimation du Grand Est qui doivent être transférés par deux TGV médicalisés vers la Nouvelle-Aquitaine.

Cette évacuation vers une région encore relativement préservée de l’épidémie de coronavirus, sera la plus importante jamais menée depuis que la « vague » a déferlé sur l’est de la France.

A Nancy, où 24 patients doivent être embarqués à bord de ce train, les deux premiers sont arrivés dans des ambulances vers 07H20 et ont immédiatement été transférés par du personnel soignant protégé de pied en cap à l’intérieur de la gare, placée sous bonne garde, ont constaté des journalistes de l’AFP. Une noria d’ambulances du Samu et des pompiers a ensuite pris le relais.

A Mulhouse, où un autre TGV médicalisé doit recevoir 12 patients, six d’entre eux ont quitté vers 07H00 l’hôpital de campagne installé par les armées et un septième, les urgences de l’hôpital civil voisin pour rejoindre eux aussi la gare, selon un photographe de l’AFP. Le premier embarquement à bord du train a été effectué à 07H35.

Ces évacuations visent à désengorger les hôpitaux du Grand Est, l’une des régions les plus lourdement touchées par l’épidémie avec samedi 3.777 personnes hospitalisées, dont 786 en réanimation, et 757 décès.

« Libérer des lits »

« Il faut libérer des lits, il faut absolument donner de l’air aux services de réanimation. On est toujours dans une augmentation continue du nombre de patients », a exhorté le chef des urgences du centre hospitalier régional (CHR) de Metz, François Braun.

Les patients en provenance de Mulhouse doivent être répartis dans l’après-midi depuis la gare de Poitiers dans des hôpitaux de cette ville, de La Rochelle, Niort et Angoulême et ceux partis de Nancy, à partir des gares de Bordeaux et Bayonne vers des établissements de ces villes mais aussi de Libourne et Pau.

Il s’agit de patients « en état d’être transférés, sans complication en cours (…) Ils sont toujours intubés, ventilés, endormis et ils n’ont pas besoin d’être mis sur le ventre pour respirer », selon le docteur Braun.

Des dizaines de malades ont déjà été évacués ces derniers jours du Grand Est par des moyens civils et militaires, terrestres et aériens, vers des hôpitaux d’autres régions françaises mais aussi d’Allemagne, de Suisse et du Luxembourg. Notamment au cours d’un tout premier transfert en TGV médicalisé jeudi entre le Grand Est et des hôpitux des Pays-de-Loire.

À bord des trains samedi, – baptisés « Chardon 2 » et « Chardon 3 » aménagés en hôpital roulant, « quatre patients seront installés dans chaque voiture avec pour chacune des voitures un anesthésiste-réanimateur ou un urgentiste senior, un interne, une infirmière anesthésiste, trois infirmières, éventuellement un logisticien », a indiqué à l’AFP le ministère des Solidarités et de la Santé.

La vague est attendue

Le TGV présente l’avantage d’être « particulièrement stable par rapport aux autres vecteurs et finalement particulièrement sécuritaire. Nous avons plus de place, plus d’équipes à l’intérieur, plus de matériels », a expliqué le docteur Braun samedi sur France inter.

Avec 490 hospitalisations en cours comptabilisées samedi, dont 127 personnes en réanimation ou soins intensifs, la Nouvelle-Aquitaine figure parmi les régions les moins touchées par l’épidémie.

Selon des chiffres communiqués vendredi, 188 lits de réanimation sont disponibles sur 561 places, une marge de manoeuvre qui lui permet donc de participer encore à ce « grand mouvement d’accueil » même si, ici aussi, on s’attend à une saturation des services.

« Nous avons aussi pensé que le fait de les accueillir tout de suite nous permettrait de faire en sorte que la plupart sortent en bonne forme avant que l’essentiel de la vague ne nous frappe (en Nouvelle-Aquitaine) », a expliqué vendredi Michel Laforcade, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine.

« La guerre, nous la gagnerons probablement sur la question des lits de réanimation, avec notre capacité au niveau du territoire national à bien utiliser, de manière intelligente, bien coordonnée, nos moyens en réanimation, en se soutenant les uns les autres à l’intérieur d’une région et entre les régions », a estimé la directrice générale du CHR de Metz, Marie-Odile Saillard.

 
 
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