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Quels patients soigner en priorité? Les critères doivent être éthiques et médicaux, recommande l’Académie de Médecine

Plusieurs hôpitaux arrivent à saturation notamment à Bruxelles pour soigner les personnes gravant atteintes par le coronavirus.

Temps de lecture: 2 min

En cas de saturation des services de soins intensifs en Belgique, quels patients doivent bénéficier d’un accès prioritaire à ce type de soins ? Face à cette question, l’Académie royale de Médecine recommande de suivre les règles d’éthique et les recommandations de la Société belge de Soins intensifs, rappelant notamment que le critère de soins « non-disproportionnés » doit prévaloir.

« Prendre ces décisions est lourd et pénible. En tant que médecins, nous sommes formés pour aider, pour soigner », souligne le Pr. Jean-Michel Foidart, Secrétaire perpétuel de l’Académie de Médecine de Belgique. « Les règles d’éthique sont, en cette période tout autant que d’ordinaire, les seules à devoir nous guider et protéger nos patients », ajoute-t-il.

« Chaque médecin, qu’il soit à l’intérieur ou à l’extérieur des hôpitaux, doit garder à l’esprit que le critère des soins non-disproportionnés dans le temps doit prévaloir », poursuit le Professeur Foidart.

En d’autres mots, les lits de soins intensifs doivent être réservés aux patients pour lesquels une issue positive ou au moins acceptable peut être attendue après la sortie de l’hôpital.

Quant à la règle du ’Premier arrivé, premier servi’, elle ne devrait intervenir « que très exceptionnellement après évaluation de l’urgence, du besoin impérieux ou non de soins intensifs, du meilleur pronostic et de la chance de récupération ».

Concrètement, selon l’Académie de Médecine, seuls des critères objectifs et strictement médicaux peuvent être utilisés pour les décisions d’admission et de maintien en soins intensifs en période de saturation de la capacité hospitalière. « Pour les patients plus âgés, outre le critère des soins proportionnés, le Score de Fragilité clinique (CFS) est primordial pour déterminer leurs chances de survie. La population peut être rassurée sur le fait que l’âge, à lui seul, n’est pas un critère éthiquement acceptable. L’âge est couplé avec le CFS », détaille encore Jean-Michel Foidart.

L’Académie préconise par ailleurs que trois médecins expérimentés dans le traitement de l’insuffisance respiratoire en médecine intensive puissent se consulter lorsqu’une décision de refus ou d’accès prioritaire aux soins doit être prise.

Elle rappelle enfin que le personnel soignant doit pouvoir poser les gestes nécessaires, tels que la réanimation, en toute sécurité, ce qui inclut le port de masques, de lunettes, de gants et de blouses.

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7 Commentaires

  • Posté par Casier Etienne, mardi 31 mars 2020, 19:47

    Allez on progresse. C'est déjà mieux que l'opinion de Axel Gosserie qui visiblement n'est pas médecin et n'avait jamais soigné quelqu'un ( voir https://plus.lesoir.be/291140/article/2020-03-30/comment-trier-les-patients-en-cas-de-manque-de-lits-dans-les-hopitaux). Je me demandais d'ailleurs suivant quelle légitimité cette personne avait pu exprimer son avis dans les colonnes du soir sur un sujet aussi sensible. Le présent article ne fait toujours pas mention de la volonté des patients. C'est évidemment interpellant. Certains patients ne souhaiteront pas aller en soins intensifs.

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