Coronavirus: la crise pèse aussi sur le moral des footballeurs pros

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À l’instar de toute la population belge, tous les footballeurs du Royaume ont vu leur quotidien bouleversé. Si ne pas jouer de match en week-end est un phénomène récurrent (trêve, remises de match), être privé également du contact avec les autres équipiers, sur le terrain d’entraînement comme en dehors est une expérience nouvelle surtout avec une incertitude sur la date de reprise d’une activité normale.

Or, le physique va de pair avec le mental, c’est bien connu. Dans une période tendue pour tout le monde, la FIFPro a estimé nécessaire (en plus du dossier des saisons prolongées au-delà du 30 juin et de ses implications pour les joueurs en fin de contrat) de prendre le pouls des acteurs du football européen. Diligentée par le médecin français Vincent Gouttebarge, le responsable médical de l’organisation (et lui-même ancien footballeur pro aux Pays-Bas), l’enquête va être menée un peu partout en Europe… mais les résultats sont déjà connus pour la Belgique et ont été communiqués par Sporta.

Les questions ont été posées à 48 joueurs (deux par club de D1A et D1B) par le biais d’un groupe WhatsApp. Sur les 48 joueurs concernés, un n’a pas répondu à l’invitation, un s’est manifesté trop tard. Et sur les 46 autres qui avaient accepté l’invitation, 34 ont effectivement pris la peine de se pencher sur le sondage. L’échantillon comprend des joueurs âgés entre 26 et 34 ans et affiche entre 8 et 16 ans de carrière…

Reprendre l’entraînement ?

Si tous sans exception comprennent parfaitement la décision d’interrompre les entraînements et si la majorité (83 %) estime disposer d’assez de ressources et de soutien (de la part de leur club, du syndicat, etc.) pour garder le cap mentalement, la question de la reprise des activités les divise un peu plus : 35 % ne veulent pas recommencer à s’entraîner dans les conditions actuelles, même dans le strict respect des recommandations sanitaires.

L’interruption des championnats laisse planer beaucoup d’incertitudes, notamment au niveau du mercato. Les joueurs belges ne se montrent pas trop inquiets pour leur futur de footballeur pro. Seulement 24 % se font du mouron et 6 % très sérieusement.

Anxiété et dépression

La conclusion du sondage est plus interpellante : 47 % des sondés disent ressentir de l’anxiété (légère pour 32 % et modérée à sévère pour 15 %) et… 15 % parlent de dépression (légère pour 12 % et modérée à sévère pour 3 %).

Professeur à l’UCL et psychologue du sport auprès d’athlètes de haut niveau, Philippe Godin nous éclaire sur ces deux notions. « Les dépressions sont de deux types », explique-t-il. « il y a la chronique (vous avez des pensées négatives, vous n’avez pas de projet) et l’aiguë liée à un traumatisme (vous fonctionniez normalement quand vous avez été confronté à un drame). Pour cette dernière, la durée est variable, on s’en remet même si on n’en sort pas indemne. L’anxiété est un état latent : on peut être anxieux… et pas dépressif. Vous pouvez être préoccupé en permanence par rapport une certaine situation tout en interagissant normalement. L’anxiété est plus ciblée mais elle n’impacte aussi profondément votre personnalité comme la dépression. »

Du petit sondage, il ressort en fait que l’anxiété des footballeurs belges est plus forte que durant une saison normale (entre 1 et 8 % des sondés pour les symptômes modérés à sévères) tandis que les symptômes de dépression sont… moins perceptibles que dans un contexte normal (là on parle d’une fourchette entre 7 et 11 % pour les signes modérés à sévères).

Il y a matière à réflexion pour les clubs et la gestion de leur groupe…

 
 
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