La famille de la fille de 12 ans décédée témoigne: «Les enfants ne sont pas une priorité»

La famille de la fille de 12 ans décédée témoigne: «Les enfants ne sont pas une priorité»
AFP

La famille de la jeune fille de 12 ans décédée du coronavirus a témoigné de sa difficulté à se faire entendre par les soins de santé dans les colonnes du journal flamand Het Nieuwsblad ce mercredi. Elle veut raconter ce qu’il s’est passé, « pour remettre en cause le système de santé. Nous espérons que, grâce à ça, des gens seront sauvés ».

Mardi 31 mars, le SPF Santé annonçait le décès de Rachel, 12 ans, plus jeune victime européenne du coronavirus. Sa sœur raconte qu’elle a commencé à se sentir mal vendredi. « Elle se sentait fiévreuse et ma mère a été, dès ce jour-là, chez le docteur. Évidemment, ma mère a directement pensé au coronavirus, alors que le docteur pensait qu’il s’agissait d’une allergie. Il nous a prescrit un médicament contre la toux et ma mère était rassurée car il avait exclu le covid-19 ». Rachel se sent un peu mieux, mais dans la nuit de dimanche à lundi elle se réveille et fait beaucoup de fièvre. « Inquiète ma mère a rappelé le médecin. Mais celui-ci ne pouvait pas la recevoir avant 10h30, car ‘vu son âge, elle n’était pas une priorité’».

Lundi matin, l’état de Rachel s’aggrave rapidement. Sa maman a appelé une ambulance, qui n’est jamais arrivée. La jeune fille est décédée chez elle entre 8 et 9 heure du matin, alors que son père l’habillait pour se rendre à l’hôpital, car une connaissance avait accepté de les y conduire.

Selon Erwin Hertens, directeur du centre d’appel contacté par Het Nieuwsblad, un appel a bien été reçu, mais il était « incompréhensible » selon lui. « Ils ont appelé la centrale 101, qui est occupée par la police fédérale. Mais leur appel était incompréhensible pour le preneur d’appel. Les gens paniquaient clairement et se criaient dessus. Nous avons réécouté l’enregistrement, c’est difficile à comprendre ».

La sœur de Rachel explique que sa maman a simplement demandé de l’aide : « Ma mère parle anglais. Elle a dit « My daughter doesn’t feel well. She has trouble breathing » [Ma fille ne se sent pas bien. Elle a du mal à respirer, NDLR]. Ils doivent quand même comprendre, ça ? Mais la voix de l’autre côté du téléphone ne parlait que d’une patrouille de police ».

Une enquête a été demandée par le bourgmestre de Gand, afin d’analyser le déroulement et le traitement précis de l’appel.

 
 
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