Le coronavirus a emporté 46.000 vies aux quatre coins du monde dont un nouveau-né

Le coronavirus a emporté 46.000 vies aux quatre coins du monde dont un nouveau-né
Reuters

Le nouveau coronavirus a continué mercredi sa course cruelle à une vitesse «quasi exponentielle», fauchant des vies aux quatre coins du monde dont celle d’un bébé de six semaines aux Etats-Unis, devenu l’une des plus jeunes des plus de 46.000 victimes de la pandémie.

Plus de 900.000 cas de Covid-19 ont été recensés dans le monde, dont 215.000 aux Etats-Unis où la maladie progresse le plus vite. Faute de capacité suffisante de dépistage, ces bilans sont très probablement bien en-dessous de la réalité.

Malgré des mesures de confinement qui concernent près d’un habitant de la planète sur deux, les bilans sont de plus en plus lourds: plus de 13.000 morts en Italie, de 9.000 en Espagne, plus de 5.000 aux Etats-Unis, de 4.000 en France...

La mort d’un nouveau-né dans l’Etat du Connecticut, après le décès d’un bébé de neuf mois à Chicago, d’un adolescent de 13 ans au Royaume-Uni et d’une fille de 12 ans en Belgique, a particulièrement frappé les esprits, les enfants étant jusqu’ici relativement épargnés. «C’est déchirant», a commenté Ned Lamont, gouverneur de cet Etat du nord-est.

«Profondément préoccupé», le secrétaire général de l’Organisation mondiale de la Santé Tedros Adhanom Ghebreyesus n’a pu que constater la «croissance quasi exponentielle» du nombre de cas. «Nous devons être à l’unisson pour combattre ce virus inconnu et dangereux», a-t-il lancé.

Le président américain Donald Trump a quant à lui appelé le pays à se «mettre en mouvement». La Maison Blanche a présenté ses projections: le Covid-19 devrait faire entre 100.000 et 240.000 morts aux Etats-Unis, appelés à devenir, après l’Europe, le nouvel épicentre de la pandémie.

«Bombes virales»

En Europe, c’est l’Espagne qui a déploré les pertes les plus lourdes avec 864 nouveaux morts en 24 heures. Et le pays redoute de voir submergées les unités de soins intensifs qui travaillent déjà à la limite de leurs capacités.

«Il n’y a pas suffisamment d’équipements de protection» et «le nombre de lits reste insuffisant», déplorait Guillén del Barrio, infirmier à Madrid, tout en notant un ralentissement des arrivées aux urgences de son hôpital.

Une tendance confirmée par les autorités. «Il semble que nous soyons déjà» au pic de la contagion, «que nous sommes en train de descendre», a estimé le directeur du Centre d’urgences sanitaires, le Dr Fernando Simon.

En Italie aussi, où les hôpitaux craquent de toutes parts, le nombre des nouvelles infections continue de ralentir. Mais les médecins s’inquiètent des convalescents, qui quittent l’hôpital dès que leur vie n’est plus menacée, même s’ils sont encore contagieux.

«Dans une guerre comme celle-ci, on ne peut se permettre de s’exposer à l’apparition de nouveaux foyers de contagion qui risquent de transformer ces centres de convalescence en +bombes virales+ qui diffusent le virus», a mis en garde Raffaele Antonelli Incalzi, président de la Société de gériatrie italienne.

En France, où les hôpitaux parisiens et de l’Est sont aussi débordés, les transferts de patients par train ont continué, tandis que les établissements de la capitale se préparaient à produire en 3D le matériel manquant. Un recensement des vétérinaires volontaires a par ailleurs permis d’identifier ceux pouvant aider leurs collègues médecins en triant les patients par exemple.

En Belgique, 1.189 nouveaux cas ont été rapportés. Le nombre total de cas confirmés s’élève à 13.964. Au total, 828 sont mortes.

Ni eau, ni toilettes

Pour freiner la propagation de la pandémie, plus de 3,75 milliards de personnes (48% de la population mondiale) sont appelées à rester chez elles ou contraintes de le faire.

Ce n’est pas sans difficultés dans les zones les plus pauvres, comme dans l’immense township sud-africain de Khayelitsha, en lisière du Cap, où des centaines de milliers de personnes vivent dans un entrelacs de cabanes de bric et de broc.

«On n’a pas de toilettes. Alors on sort. On n’a pas d’eau. Alors on sort. On essaie de rester dans notre cahute mais ce n’est pas facile», témoigne Ndithini Tyhido. «Les gens ici aimeraient bien obéir, ils essaient de le faire, mais c’est juste impossible».

Faute de vaccin ou de traitement, le confinement reste le moyen de lutte le plus efficace et l’Etat américain de Floride, l’Erythrée ou la Sierra Leone s’y sont à leur tour ralliés mercredi, tandis que l’Allemagne, l’Italie ou le Portugal en prolongeaient la durée.

A Moscou, les autorités vont mettre en place une application mobile et des QR Codes pour vérifier que la population respecte les règles d’isolement, et pour surveiller les malades.

Aide russe aux Etats-Unis

Converti tardivement au confinement, le Royaume-Uni a enregistré en une journée 563 décès supplémentaires, marquant une nette accélération de la pandémie qui a désormais tué 2.000 personnes dans le pays. Le Covid-19 a déjà infecté le Premier ministre Boris Johnson ou encore le prince Charles, l’héritier de la couronne.

L’Iran a dépassé mercredi la barre des 3.000 décès.

Mais ce sont les Etats-Unis, où 85% des Américains vivent désormais confinés, qui se préparent à être submergés.

Avec plus de 1.900 morts, l’Etat de New York multiplie depuis quelques jours les préparatifs, avec la construction d’hôpitaux de campagne dans Central Park et dans un grand centre de conférences de Manhattan. Et l’aide afflue de partout, y compris de Russie qui a dépêché mercredi un avion chargé d’aide humanitaire dans la mégalopole.

Même l’armée américaine n’est pas épargnée: le Covid-19 s’est propagé au sein du porte-avions nucléaire USS Theodore Roosevelt, immobilisé à Guam dans le Pacifique, et son équipage a commencé à être évacué.

Deux autres navires, le paquebot de croisière Zaandam et son navire adjoint le Rotterdam, continuaient de naviguer avec quatre morts à bord, sans être sûrs de pouvoir accoster en Floride jeudi. Donald Trump a annoncé mercredi que les passagers canadiens et britanniques du Zaandam seraient prochainement évacués.

«Récession sans précédent»

Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guerres a noté que la Terre vivait sa «pire crise mondiale depuis que l’ONU a été fondée» il y a 75 ans, évoquant «la combinaison d’une maladie menaçante pour tout le monde et d’un impact économique conduisant à une récession sans précédent dans un passé récent».

Il existe désormais un risque de «pénurie alimentaire» sur le marché mondial à cause des perturbations dans le commerce international et les chaînes d’approvisionnement alimentaire, ont prévenu des agences dépendant de l’ONU et de l’OMC.

Gagnées par l’anxiété, les Bourses ont renoué avec de fortes baisses, l’indice Dow jones clôturant en recul de 4,44% notamment. Ce qui a plombé les Bourses chinoises à l’ouverture jeudi: -0,46% à Shanghai, -0,44% à et -1,34% à Hong Kong.

 
 
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