Donald Trump refuse de porter un masque après… l’avoir recommandé

Donald Trump refuse de porter un masque après… l’avoir recommandé

En recommandant le port du masque, les autorités américaines ont relancé le débat planétaire sur son efficacité pour lutter contre la propagation éclair de la maladie Covid-19, dont le bilan s’établit à près de 59.500 morts depuis son apparition en décembre en Chine.

Selon le respecté spécialiste américain Anthony Fauci, conseiller du président Donald Trump et membre de la cellule de crise de la Maison Blanche, il ne fait plus guère de doute que le nouveau coronavirus est transmis par voie aérienne quand « les gens ne font que parler, plutôt que seulement lorsqu’ils éternuent ou toussent ».

En conséquence, le président américain a appelé vendredi ses concitoyens à se couvrir le visage à l’extérieur, même s’il a rappelé qu’il ne s’agissait « que de recommandations » que lui-même ne suivrait pas.

L’hypothèse « aérosol »

Depuis le début de l’épidémie, cette hypothèse selon laquelle le coronavirus pourrait se transmettre via l’air expiré (les « aérosols » dans le jargon scientifique) fait l’objet de nombreuses spéculations et n’est pas encore scientifiquement prouvée.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) s’est jusqu’à présent montrée prudente sur le sujet, craignant que l’usage généralisé du masque donne un « faux sentiment de sécurité » et fasse oublier les indispensables mesures-barrières (distanciation sociale, lavage des mains…). De nombreux gouvernements répètent que les masques doivent être uniquement utilisés par les soignants, les malades et leur entourage proche, en disant s’appuyer sur des données scientifiques.

Pour les promoteurs du port généralisé du masque, ce discours était avant tout destiné à éviter que le grand public se rue sur ceux réservés aux soignants (les masques chirurgicaux et les FFP2, plus protecteurs) et aggrave une pénurie déjà existante.

Dans les faits, il apparaît que les personnes infectées mais sans symptômes représentent peut-être le quart de tous les contaminés, et sont responsables d’une grande partie des contagions, à leur insu. Et vu d’Asie, où les masques chirurgicaux sont omniprésents, le retard des pays occidentaux, ouvertement pointés du doigt, est une aberration.

Les dernières déclarations américaines ne devraient pas manquer également de relancer la course planétaire à l’achat des précieux masques chirurgicaux, que certains pays -confrontés à la pénurie- s’arrachent désormais. Pays occidentaux, Etats-Unis en tête contre les pays européens, jouent ouvertement des coudes pour s’approvisionner en Chine, suscitant d’inattendues crispations diplomatiques entre alliés.

La France, qui a infléchi ces derniers jours sa position en « encourageant le grand public » à porter des masques, a annoncé en avoir commandé près de deux milliards auprès de fournisseurs chinois, tout en renforçant sa capacité de production nationale.

« 10/10 »

Ce mode de transmission « aérosol » expliquerait l’extrême contagiosité apparente du virus, avec un nombre de cas de contamination de plus de 1.122.320 dans 190 pays et territoires au total, pour 59.456 morts, selon un dernier bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles samedi à 11H00 GMT.

Ce nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations, un grand nombre de pays ne testant désormais plus que les cas nécessitant une prise en charge hospitalière. Parmi ces cas, au moins 211.600 sont aujourd’hui considérés comme guéris.

La moitié de l’humanité est désormais soumise à des mesures de confinement. La Thaïlande est la dernière nation en date à avoir rejoint ce groupe vendredi.

Avec près de 1.480 morts ces dernières 24 heures, bilan quotidien le plus élevé jamais enregistré dans un seul pays, et 278.458 contaminations, les Etats Unis se retrouvent aujourd’hui sur la ligne de front face à la pandémie.

La maladie Covid-19 y a déjà tué environ 7.159 personnes et devrait y faire entre 100.000 et 240.000 morts, selon la Maison Blanche, alors que les Américains bâtissent des hôpitaux de campagne de Los Angeles à Miami, avec des milliers de lits supplémentaires de réanimation et un gigantesque navire-hopital à quai à New York.

 
 
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