Attaque à Romans-sur-Isère: ce que l’on sait

Attaque à Romans-sur-Isère: ce que l’on sait

Le parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé samedi dans un communiqué ouvrir une enquête notamment pour « assassinats en relation avec une entreprise terroriste » et « association de malfaiteurs terroriste criminelle », après l’attaque au couteau de Romans-sur-Isère qui a fait deux morts et quatre blessés.

Les premiers éléments de l’enquête sur l’auteur de l’attaque, un homme d’origine soudanaise né en 1987, « ont mis en évidence un parcours meurtrier déterminé de nature à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur », selon le PNAT, qui ajoute que lors d’une perquisition à son domicile ont été retrouvés « des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l’auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants.

Ce qu’il s’est passé

Un homme, se présentant comme un réfugié soudanais, a tué samedi deux personnes et en a blessé cinq autres lors d’une attaque au couteau, aux motivations encore floues, perpétrée samedi matin à Romans-sur-Isère (Drôme), en pleine période de confinement.

S’il a évoqué le « parcours terroriste » de l’assaillant présumé, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, rendu sur les lieux, a souligné qu’il appartiendra au Parquet national antiterroriste (PNAT) et « à lui seul » de « se prononcer sur la qualification terroriste ou pas ».

Armé d’un couteau, l’auteur présumé, qui habitait dans le centre-ville, « s’est rendu dans un bureau de tabac » dont il a attaqué le patron, a indiqué à l’AFP Marie-Hélène Thoraval, la maire de la commune. « Sa femme est intervenue et a été blessée aussi », a-t-elle déclaré.

L’assaillant est par la suite « allé dans un autre commerce, une boucherie, où il s’est emparé d’un nouveau couteau », avant de poursuivre sa mortelle randonnée dans le centre de cette ville de 35.000 habitants.

« Il est entré dans la boutique. Il a pris un couteau, en sautant par dessus le comptoir, et a planté un client, puis est reparti en courant », relate à l’AFP Ludovic Breyton, le patron de l’établissement. « Ma femme a essayé de porter assistance à la victime, en vain. »

L’homme a ensuite poursuivi se course folle en plein centre-ville, attaquant des passants, notamment devant une boulangerie. « Ceux qui avaient la malchance de se trouver sur son passage ont été agressés », a ajouté la maire.

Le second tué l’a été alors qu’il était sorti dans la rue pour ouvrir ses volets, selon un témoin. Julien V. cogérait avec son père et son frère le café-théâtre La Charrette. « Tous les Romanais les connaissent. La Charrette, c’est l’endroit où on va prendre un verre à Romans quand on veut prendre du bon temps », souligne Sandrine Nodon, représentante de l’association des commerçants du centre-ville

« Acte odieux »

Parmi les cinq blessés, trois victimes grièvement atteintes sont dorénavant « parfaitement stables », a précisé l’Hôpital Privé Drôme-Ardèche (HPDA), après avoir été opérées « pour des plaies vasculaires graves » pour l’un, pour « une plaie thoracique et digestive » pour le deuxième et « une plaie thoracique et hépatique » pour le troisième.

L’auteur présumé a été interpellé sans résistance très rapidement après les faits, peu après 11H00, par l’une des nombreuses patrouilles de police chargées de faire respecter le confinement.

Il s’est présenté comme un réfugié soudanais et dit être né en 1987, a appris l’AFP de source proche de l’enquête. Il n’est pas connu des services de police sous l’identité qu’il a donnée, selon cette même source.

Selon des témoins cités par la radio France Bleu Drôme Ardèche, il aurait crié « Allah Akbar » en se précipitant sur ses victimes.

Il aurait demandé aux policiers qui l’ont interpellé qu’on « le tue », selon David Olivier Reverdy, secrétaire national adjoint d’Alliance police nationale. « Tous les ingrédients d’un acte terroriste sont pour nous réunis », a-t-il ajouté sur BFMTV.

Le chef de l’État, Emmanuel Macron, a quant à lui promis dans un tweet que « toute la lumière » serait faite « sur cet acte odieux qui vient endeuiller notre pays déjà durement éprouvé ces dernières semaines ».

Soulignant qu’elle ne « ne savait pas » que l’auteur présumé se trouvait sur sa commune, la maire LR de Romans a demandé à « avoir le niveau d’information qu’(elle) estime légitime d’avoir ».

« En pleine crise sanitaire, les attaques au couteau continuent : la barbarie et la lâcheté jusqu’au bout », a tweeté le président LR du conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez.

Qualifiant l’attaque d’« attentat islamiste », Marine Le Pen a quant à elle, également dans un tweet, demandé au gouvernement « cesser absolument de vider les prisons et les centres d’accueil de demandeurs d’asile ».

Cette attaque intervient au moment où la France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d’attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015.

Depuis le début de l’année, la justice antiterroriste s’est saisie d’une attaque. Le 3 janvier, un jeune homme converti à l’islam et atteint de troubles psychiatriques avait attaqué au couteau dans un parc de Villejuif (Val-de-Marne) des promeneurs, faisant un mort et deux blessés, avant d’être abattu par les policiers.

En 2019, la justice antiterroriste s’est saisie à trois reprises. En plus de quatre ans, la vague d’attentats en France a fait 256 morts.

 
 
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