Durée du confinement, tests, masques, l’après-coronavirus: la Première ministre fait le point

Durée du confinement, tests, masques, l’après-coronavirus: la Première ministre fait le point

Dans une allocution vidéo, la Première ministre belge Sophie Wilmès, s’est adressée à la population. Elle a fait le point sur toutes les mesures qui ont été mises en place pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Amélioration

« Les experts s’accordent à dire que les effets de nos efforts sur l’évolution du virus en Belgique se font ressentir. On le voit clairement dans plusieurs indicateurs comme le rythme de propagation du virus ou le taux de doublement des lits occupés dans nos services hospitaliers », a déclaré dimanche soir la Première ministre Sophie Wilmès dans un nouveau message vidéo.

« Ce sont des données encourageantes. Malgré cela, plus que jamais, nous devons tous persévérer », a encore dit la Première ministre qui a également averti qu’un long processus de reconstruction attendait le pays.

« La période que nous vivons actuellement est inédite, bouleversante à plus d’un titre. Pour vous protéger, pour protéger les gens que vous aimez – en fait, pour protéger la société dans son ensemble – nous avons dû prendre une série de mesures difficiles qui ont chamboulé nos habitudes, notre vie en société, notre vie économique également », rappelle Sophie Wilmès.

Tenir bon

« Les sacrifices que nous faisons sont majeurs et éprouvants, en particulier pour les personnes qui sont seules. Et ces sacrifices ne doivent pas être vains », ajoute-t-elle.

Les données actuelles concernant l’évolution de l’épidémie de coronavirus en Belgique sont encourageantes. « Cela nous a permis jusqu’ici d’éviter la saturation de nos hôpitaux et singulièrement, de nos services de soins intensifs », souligne la Première ministre qui ajoute que la capacité de rediriger des patients vers d’autres hôpitaux existe toujours.

« Malheureusement, nous savons qu’après le pic de transmission, viennent les hospitalisations et bien trop souvent les décès. Les annonces des semaines à venir seront donc encore très éprouvantes, je le crains », avertit cependant Sophie Wilmès qui insiste sur le fait que « nous devons impérativement continuer à respecter les règles difficiles de confinement et distanciation sociale. »

Et la ministre d’expliquer. « Il faut le faire aussi en respectant les injonctions de nos services de police. Ils sont là pour vous protéger pas pour vous ennuyer ».

Méfiance

« Comme tous ceux qui continuent à faire tourner le pays par leur travail nous leur devons reconnaissance et soutien. Parmi ces personnes, il y a évidemment celles et ceux qui travaillent dans nos services de santé. Celles et ceux qui nous guident par le courage extraordinaire dont ils font preuve au quotidien. Nous savons que la question de leurs conditions de travail est au centre de vos préoccupations. C’est notre cas également. Méfions-nous des effets d’annonces, des formules toutes faites du type « il faut juste faire ceci ou il n’y a qu’à faire cela », a mis en garde l’élue MR.

« Certes, la Belgique est un pays qui a énormément de capacité, avec un des systèmes de soins de santé les plus développés au monde. Mais dans le contexte international actuel, même des pays comme les nôtres sont confrontés à des difficultés ».

Masques, médicaments…

« La pénurie d’approvisionnement en matériel médical en est une illustration », a poursuivi la cheffe du gouvernement. « Les incertitudes liées aux livraisons de matériel sont malheureusement devenues la norme. Le gouvernement fédéral, les entités fédérées et les services de santé se battent chaque jour pour trouver des masques, des dispositifs médicaux de qualité, des médicaments aussi. Et si la situation s’améliore clairement sur le terrain, elle reste évidemment insuffisante pour nombres d’entre nous. Les obstacles restent nombreux. Pourtant, à titre d’exemple, le gouvernement fédéral a déjà pu commander plus de 50 millions de masques », a rappelé Sophie Wilmès. « Ce chiffre ne prend pas en compte les commandes qui se font par l’intermédiaire des autres acteurs. Comme vous le constatez tout le monde travaille. Notre Souverain aussi s’investit pleinement. Il nous soutient l’ensemble de nos démarches par la voie diplomatique ».

Tests de dépistage

« Nous travaillons également à augmenter notre capacité de dépistage par le biais du développement de nouvelles techniques mais aussi par la multiplication des labos en capacité de les réaliser. Si nous testions entre 4 et 5.000 personnes par jour la semaine dernière, ce chiffre sera porté à 10.000 la semaine prochaine. L’objectif est bien de pouvoir multiplier ce chiffre à brève échéance », a déclaré Sophie Wilmès.

« Ceci est le résultat d’une collaboration remarquable entre les universités et les laboratoires ; ce dont la Belgique peut être fière. Notre intention est bien de pouvoir équiper et tester un maximum de personnes dont celles qui en ont le plus besoin dans l’exercice de leur fonction. Cela, toujours par priorité et en cohérence avec la réalité du terrain. Ce n’est pas un choix mais une nécessité. Ce que nous ne pourrons pas importer de l’étranger, nous voulons le fabriquer ici. Nous nous sommes ainsi réunis avec le secteur pharma, celui du textile belge ou encore de matériel médical ; et ce, pour étudier dans quelle mesure nous pouvons lancer des initiatives dans ce sens ».

Des conséquences socio-économiques

La cheffe du gouvernement fédéral a également averti que les conséquences socio-économiques se feraient encore longtemps sentir après le retour à la normale. Et de rappeler les mesures déjà prise par son gouvernement en faveur des travailleurs mais aussi des indépendants et des entreprises et ajoute que d’autres mesures viendraient « en particulier en soutien au secteur des soins de santé. »

« D’autres mesures viendront en particulier en soutien au secteur des soins de santé. Vous le voyez : de nombreuses décisions ont été prises. D’autres concernent également la mobilité, la gestion de l’asile ou encore le soutien aux plus fragiles d’entre nous. Ces décisions sont prises au niveau du gouvernement fédéral, en équipe avec le soutien du parlement et des partenaires sociaux. Mais pas seulement. Les Régions et communautés ont, elles aussi, pris des mesures pour faire face à la situation. Les communes et leurs CPAS sont également au quotidien au service des personnes qui en ont le plus besoin. Nous sommes tous dans l’action. C’est, en fait, l’ensemble du pays qui se met au service de la lutte contre le corona ».

La durée du confinement

« Beaucoup de personnes me demandent quand elles pourront reprendre leurs habitudes quotidiennes, retourner à l’école par exemple, aller travailler normalement. Nous aspirons tous à un retour à la normal », a déclaré la Première.

« Nous avons décidé, lors du dernier Conseil National de Sécurité, que les mesures actuelles de confinement seront d’application jusqu’au 19 avril. Cette échéance – comme vous le savez – pourrait être reportée au 3 mai. En tout état de cause, nous continuerons ce travail d’évaluation semaine après semaine. Un jour cette épreuve sera totalement derrière nous. Et même si personne ne peut dire avec exactitude quand ce moment viendra, nous nous y préparons ».

Un avant et un après covi-d19

« Plus généralement, nous devons préparer notre pays à la transition. Car le retour à la normal ne pourra se faire de manière graduellement. Pour ce faire, nous nous entourons d’un groupe de haut niveau d’experts du monde scientifique, économique et social. C’est un long processus de reconstruction qui nous attend.

Il est évident qu’il y aura un avant et un après « covid-19 », que ce soit dans la manière d’envisager notre rapport aux autres ou que ce soit dans le fonctionnement de notre société, de manière plus générale.

Nous devons faire en sorte de sortir de cette épreuve renforcés », a conclu la Première ministre.

 
 
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