Pressions sur des médecins pour admettre des patients en soins intensifs: «On ne pensait pas en arriver là»

Pressions sur des médecins pour admettre des patients en soins intensifs: «On ne pensait pas en arriver là»
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Les médecins qui s’occupent de cas de coronavirus reçoivent de plus en plus de pression des familles. Des médecins en région liégeoise ont été menacés de poursuite s’ils ne mettaient pas un patient sous respirateur, ils ont dû plier.

En période de coronavirus, les médecins doivent faire des choix. Et ces choix des médecins ne sont pas toujours acceptés par les familles des patients délaissés. « Certaines familles avec certains avocats voulaient faire pression pour admettre certains patients en soins intensifs alors qu’ils ne nécessitaient pas » explique Christophe Levaux, directeur médical du CHR de Huy à nos confrères de la RTBF. Pour les hôpitaux liégeois, ces pressions sont inadmissibles. Ils ont contacté avocats.be et l’ordre des médecins pour permettre à ceux-ci d’exercer correctement leur métier. « On ne pensait pas un jour devoir en arriver à de telles extrémités pour pouvoir soigner correctement les gens. »

Les avocats réagissent

Les pressions légales subies par plusieurs médecins dans le cadre de la crise du coronavirus, à Liège notamment, n’ont pas été exercées par des avocats, affirme lundi Avocats.be, qui regroupe les barreaux francophones et germanophones. Le bâtonnier de Liège confirme n’avoir reçu aucune plainte. Avocats.be pointe une association « constituée par un ancien avocat radié il y a deux ans suite à une procédure disciplinaire ».

« Un tel comportement est abject. Il est aux antipodes de ce qu’est un avocat », souligne Xavier Van Gils, président d’Avocats.be. « Si des avocats devaient agir de la sorte, ils ne manqueraient pas d’être poursuivis devant les instances disciplinaires », poursuit-il.

Les médecins doivent en principe respecter la volonté de leurs patients, mais ils gardent une liberté thérapeutique et il s’agit avant tout de mettre tous les moyens en œuvre pour sauver les malades. « C’est ce qu’ils font tous les jours, dans des conditions excessivement difficiles », poursuit Xavier Van Gils.

 
 
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