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Carnet de bord d’une intensiviste: «Nous craignons de manquer un jour de médicaments de premier choix»

Chaque jour, dans « Le Soir », un membre du corps médical revient sur sa journée de lutte contre le coronavirus. Sabrina Joachim, cardiologue aux soins intensifs de la Citadelle de Liège, raconte.

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Au début de l’épidémie, ce que nous craignions, c’était un manque de personnel soignant, de masques, de blouses. Rien de tout cela ne manque, par contre nous craignons de manquer un jour de médicaments d’anesthésie. Depuis le début de l’épidémie, nous consommons ces médicaments en masse, et cette demande explose au niveau de l’Europe aujourd’hui, elle explosera au niveau mondial demain. Dès lors, les ressources qui nous ont toujours paru illimitées vont devenir extrêmement précieuses. Au quotidien, la pharmacie nous informe de nos stocks et de nos consommations, et nous savons par exemple qu’en cinq jours, en début d’épidémie, nous avions utilisé ce qu’on consomme habituellement en un mois en curare – un paralysant musculaire – et en propofol – un analgésique général destiné à induire et maintenir la sédation.

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