Relations à distance, couples séparés par le confinement…: «Le Soir» répond à vos questions

L’amour au temps du confinement doit se préoccuper de mesures de précautions.
L’amour au temps du confinement doit se préoccuper de mesures de précautions. - Photo News / Ziv Koren.

Un thème revient régulièrement dans vos interrogations autour des mesures de confinement contre le covid-19 : puis-je voir mon/ma partenaire, mon/ma petit.e-ami.e si nous ne vivons pas sous le même toit ? Tentons d’y voir plus clair.

Vos questions

1. David. « J’habite à Bruxelles et ma copine est à Braine-l’Alleud : dans cette situation ai-je le droit de me déplacer en voiture pour lui rendre visite ? »

2. Avi. « Le site info-coronavirus.be dit qu’il est permis de rendre visite à son conjoint ne vivant pas sous le même toit. Qu’en est-il pour ceux dont la frontière fait obstacle ? J’habite à la frontière belge et mon conjoint habite à la frontière française et nous ne parvenons pas à avoir plus de renseignements à ce sujet. »

3. Phil. « J’ai entendu dire dans l’émission “C’est pas tous les jours dimanche” que les couples assez anciens ne vivant pas sous le même toit et habitant assez loin un de l’autre, étaient autorisés à faire le trajet pour se voir, mais uniquement à eux deux évidemment… Qu’en est-il exactement et quel renseignement fournir à la police en cas de contrôle ? »

4. Romi. « Je voudrais savoir s’il-y-a eu un suivi sur le sujet des visites à son partenaire non domicilié sous le même toit, par rapport au document visant à harmoniser les pratiques sur le terrain des polices locales. Dans mon cas concret, ni moi, ni mon partenaire n’avons des symptômes du covid-19. Je suis domiciliée à Bruxelles et mon partenaire à Anvers. Je voudrais lui rendre visite en prenant le train, car je ne dispose pas de voiture. Est-ce qu’il est permis de le faire avec des mesures de précaution (comme masque, gants et social distancing vis-à-vis des autres passagers) ? Aussi, une fois que le déplacement a eu lieu, est-ce que je pourrais rentrer à Bruxelles après un certain temps ou mon lieu de confinement serait alors considéré comme celui de mon partenaire ? »

La réponse des autorités

Après une période de flou autour de la question des visites entre partenaires ne vivant pas sous le même toit, le Centre de crise a précisé sa doctrine le 30 mars dernier. « Vous devez limiter les contacts à votre famille et éventuellement une personne supplémentaire. Vous pouvez donc rendre visite à votre partenaire. Vous devez éviter de le faire si vous-même ou votre partenaire est malade ou déclare des symptômes », explique le site officiel info-coronavirus.be.

En conférence de presse, un expert du Centre de crise avait déclaré que « les partenaires adultes ayant une relation stable et un cercle limité de contacts doivent pouvoir se rendre visite ». « Ce n’est pas autorisé par contre qu’un adolescent de seize ans aille rende visite à son amoureuse », avait précisé Yves Stevens.

Par « relation stable », on entend une relation amoureuse exclusive et durant depuis un certain temps. C’est en tout cas l’acception du procureur général de Mons, Ignacio De La Serna, interrogé récemment sur le plateau d’RTL-TVI.

Nos réponses à vos questions

1. Réponse à David  : selon les règles du Centre de crise, vous avez le droit de rendre visite à votre partenaire vivant à Braine-l’Alleud. Du moment que vous et votre amie ne présentez pas de symptômes de la maladie, que vous respectez les mesures de précaution avant et après les trajets (lavage des mains, distances sociales…) et que vous limitez ces visites au maximum. Bien entendu, votre partenaire doit vivre seule chez elle : ni colocataires, ni famille vivant sous son toit.

2. Réponse à Avi  : Effectivement, la règle a été assouplie en Belgique et permet de visiter son partenaire sous certaines conditions, même si on n’habite pas sous le même toit. Si les voyages « non-essentiels » à l’étranger au départ de la Belgique sont interdits, le site officiel info-coronavirus.be précise que les visites au partenaire font bien partie des exceptions. Ils sont considérés comme des voyages essentiels.

Mais attention : cela n’est pas le cas en France. Les règles sont différentes. Comme l’explique le site CheckNews, du journal Libération, « les amoureux ne peuvent pas se rendre visite pendant le confinement » outre-Quiévrain. « Le ministère de l’Intérieur, contacté par CheckNews, se montre inflexible : “Non, cela n’est pas permis de manière régulière dans le cadre du confinement. Une sortie pour motif familial impérieux peut être envisagée dans le cas d’une extrême nécessité.”  »

Votre couple pourrait donc être victime des règles plus strictes instaurées en France. On sait que les frontières sont davantage surveillées qu’à l’accoutumée afin d’appliquer les règles de confinement. Vous êtes dans un cas (très) particulier : la police belge devrait vous laisser passer, mais la police ou la douane françaises pourraient très bien vous refuser l’accès au territoire français en cas de contrôle.

3. Réponse à Phil  : Vous avez tout à fait raison. Vous avez le droit de rendre visite à votre partenaire ne vivant pas sous votre toit. Du moment que vous et votre partenaire ne présentez pas de symptômes de la maladie, que vous respectez les mesures de précaution avant et après les trajets (lavage des mains, distances sociales…) et que vous limitez ces visites au maximum. Bien entendu, votre partenaire doit vivre seule chez elle/lui : ni colocataires, ni famille vivant sous son toit. Les policiers du pays, chargés de faire appliquer les règles du confinement, sont tenus de se référer aux règles instaurées par le Centre de crise. En cas de contrôle lors de votre déplacement, expliquez clairement votre situation. Si jamais le policier vous contrôlant n’était pas correctement informé de cette exception, une rapide lecture du site officiel info-coronavirus.be devrait clarifier les choses. Mais n’oubliez pas que, même autorisée, cette visite doit rester ponctuelle, dans la mesure où nous devons tous limiter nos déplacements au maximum.

4. Réponse à Romi  : Votre domicile est – et doit rester – votre lieu de confinement durant toute la période où les mesures spéciales sont en vigueur (pour l’instant jusqu’au 19 avril, prolongeable jusqu’au 3 mai). Comme expliqué ci-dessus, des visites ponctuelles à votre partenaire vivant à Anvers sont permises, dans la limite du respect des règles de sécurité. Les transports en commun et le train fonctionnent encore (quoiqu’à des fréquences plus limitées) et sont autorisés pour les déplacements « essentiels ». La visite au partenaire ne vivant pas sous son toit est considérée comme « essentielle » selon info-coronavirus.be. Les autorités vous invitent à prendre toutes les précautions utiles lorsque vous devez prendre le train. Enfin le manuel d’application de ces règles par les forces de l’ordre, que vous évoquez dans votre question, est « uniquement à usage des policiers », nous répond Nicholas Paelinck, président de la Commission permanente des polices locales.

« Le Soir » continue de vous accompagner dans cette crise liée à la pandémie de covid-19. N’hésitez pas à poser toutes vos questions dans l’espace « commentaires » ci-dessous. Chaque jour, nous publierons des réponses à une série d’interrogations : confinement, virus, mesures sociales, solidarités… Continuez à nous solliciter.

 
 
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