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Les laboratoires de biologie clinique agréés en colère contre le gouvernement

Ils dénoncent leur mise sur le côté au profit des firmes industrielles.

Temps de lecture: 3 min

Les laboratoires de biologie clinique agréés, qui depuis le début de la crise covid-19 « se sont pleinement employés (…) à identifier les patients infectés dans les plus brefs délais », dénoncent leur mise sur le côté par le gouvernement au profit de firmes industrielles. « Quarante-cinq de ces laboratoires sont prêts et qualifiés pour élargir leur capacité en fonction des besoins (…) Ainsi, quelle ne fut pas la stupéfaction de tous les acteurs du secteur » quand il a été annoncé que les tests supplémentaires seraient effectués par les laboratoires de l’industrie pharmaceutique « sous prétexte d’élargissement des capacités », déclare jeudi l’Union professionnelle belge des médecins spécialistes en biopathologie médicale.

« Pour affronter la crise sanitaire actuelle, plusieurs laboratoires ont déjà investi dans une capacité supplémentaire et se tiennent prêts à réaliser d’autres investissements », relève-t-elle.

L’annonce du ministre De Backer d’une augmentation des capacités pour permettre 10.000 tests quotidiens avait été accueillie avec satisfaction, alors que jusque-là les laboratoires « devaient se battre pour trouver suffisamment de matériel de prélèvement et des réactifs sur le marché mondial ».

« Complètement ignorés »

Une satisfaction de courte durée, puisque « aucun contact n’a été pris avec les unions professionnelles des biologistes cliniques, ni avec la commission de biologie clinique compétente chargée de l’agrément et de la qualité des laboratoires, ni avec le groupe de travail de biologie clinique du conseil technique médical à l’Inami qui peut inclure les tests dans la nomenclature des prestations médicales, ni avec les laboratoires hospitaliers, ni non plus avec les laboratoires extrahospitaliers », indique l’Union. A l’exception du laboratoire de référence de Louvain, « les laboratoires qui jusqu’à présent ont réalisé tous les tests de dépistage du covid-19, ont été complètement ignorés ».

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« Ces laboratoires agréés sont aujourd’hui écartés sans préavis par des firmes industrielles et des collaborateurs qui ne satisfont pas aux exigences à remplir pour effectuer ces tests », dénonce-t-elle. Se passer des laboratoires agréés et déjà actifs au profit des laboratoires industriels est une perte « de temps et d’argent », estime-t-elle.

« Une position de monopole »

« Les biologistes cliniques sont inquiets et scandalisés par les développements politiques dans leur secteur », indique leur union, affirmant que les tests rapides d’antigènes distribués dans les Maisons de repos et de soins (MRS) pour dépister le virus ont « une plus-value pour le moins limitée ».

Elle dénonce « une position de monopole » des laboratoires industriels obtenue « grâce aux pouvoirs spéciaux du gouvernement », relevant notamment que « l’Inami et Sciensano soumettent » le remboursement des tests effectués « à toute une série de conditions que les laboratoires industriels n’ont pas à remplir ».

« Nous ne comprenons et n’acceptons pas que la capacité des tests requise soit confisquée aux laboratoires hospitaliers et extra-hospitaliers. Nous n’avons aucune sympathie pour ceux qui sont responsables d’avoir laissé en plan les professionnels des soins dévoués qui ne lésinent pas sur les heures de travail, et leurs patients. Ne soyez donc pas surpris que la confiance dans le gouvernement ait été fortement ébranlée », conclut l’Union.

 

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36 Commentaires

  • Posté par Remacle Vincent, vendredi 10 avril 2020, 13:01

    Pour répondre à tous. Il y a un élément essentiel que beaucoup semblent ne pas comprendre. Le rendement des machines est bien plus élevé dans trois centres spécialisés qui peuvent tourner H24. La centralisation des données et des résultats est aussi plus efficace. Les coûts sont réduits car il y a un accord de fourniture des réactifs avec le fournisseur (et donc une sécurité d'approvisionnement) GSK a annoncé qu'il mettait son personnel à disposition gratuitement. Pas ailleurs parmis les 45 labos qui se plaignent combien sont capables de faire de la RT-q-PCR en flux tendu ? Ces labos ont-ils des surcapacités analytique pour réaliser les tests en plus de la routine. Sont-ils équipés de labo L3 pour traiter le virus sans risquer la vie de leur personnel. Il a fallu pratiquement deux semaines à Jansens pour être opérationnel avec les machines réquisitionnées, GSK commence seulement. Tout cela n'est pas si simple et ces 45 labos doivent surtout regretter de ne pas pouvoir se faire des c... en or sur le dos de l'INAMI de préférence avec des méthodes moins couteuses et moins fiables.

  • Posté par Fuld Daniel, vendredi 10 avril 2020, 8:31

    Un exemple du petit esprit qui règne en Belgique ! On bloque le privé pour favoriser le public... Cela fait très longtemps que ce petit jeu existe. Pourquoi, au début de la crise, a t'on bloqué l'exécution des analyses de détection du COV19 à 2 laboratoires?... Aujourd'hui, on est tous en demande de l'augmentation des possibilités d'exécution du plus grand nombre d'analyses en vue du déconfinement et on nous dit que l'on a pas assez de moyens. C'est le moment d'oublier les vieilles querelles ! Vraiment le bon sens et l'intérêt du pays,réclament que tout le monde soit sur le pont !

  • Posté par Van Deuren Alain , vendredi 10 avril 2020, 10:10

    De quel "public" favorisé vous parler ?

  • Posté par PETIT Robert, vendredi 10 avril 2020, 4:44

    Madame, merci de corriger rapidement le tir ! Il y va de votre crédibilité !

  • Posté par Vanhelleputte Stefan, vendredi 10 avril 2020, 2:12

    La question de l'agréation, qu'on parle de laboratoire, de masque ou autre respirateur, restera dans tous les domaines un obstacle à l'action. Autoriser un produit ou un organisme non agréé peut poser des problèmes de responsabilité juridique. Lorsque je vois que des masques "non conformes" sont renvoyés par avion à l'expéditeur (chinois bien entendu), c'est sidérant ! Est-ce que tous les individus qui ont ressorti leur machine à coudre vont faire agréer leur masque ? Alors que probablement, 99% d'entre eux seront "non conformes"... à une norme qui, vu l'urgence, n'a plus vraiment d'importance qu'en milieu professionnel. Je crains que pour les labos, il ne s'agisse en outre d'une question de prise en charge par les mutuelles. Enfin, on n'est pas à l'abri d'un laboratoire de charlatants s'il n'est pas agréé. Mais dans la mesure où on fait confiance à des gens sérieux et si on est disposé à financer la détection à titre personnel, pourquoi ne pas se rabattre sur ce type de laboratoire pour avoir une première idée de son état personnel ?

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