UE: après le plan à 540 milliards d’euros, l’Italie veut toujours des «eurobonds»

Le ministre des Finances italien, Roberto Gualtieri
Le ministre des Finances italien, Roberto Gualtieri - Reuters

Rome s’est dit déterminé vendredi à « gagner le match » au conseil européen en obtenant désormais l’émission d’un emprunt européen commun, les « coronabonds », après avoir œuvré la veille à l’accord sur une réponse économique européenne commune au coronavirus.

Ce consensus, arraché jeudi soir, constitue un soulagement pour les Européens, après des semaines d’atermoiements mettant en évidence une fracture béante entre les pays du Sud et ceux du Nord. « Cela a été une très bonne première mi-temps, maintenant nous devons gagner le match », a déclaré vendredi le ministre italien de l’Economie Roberto Gualtieri, sur la chaîne de télévision Rai 1.

Grâce à la « bataille menée » par l’Italie et d’autres pays, « on est passé d’un texte initial, que nous avions rejeté et qui contenait une proposition unique », à « un texte qui prévoit quatre instruments », s’est-il félicité.

Face à la pandémie, la réponse européenne doit s’orienter, selon l’accord, sur trois axes principaux : jusqu’à 240 milliards d’euros de prêts du Mécanisme européen de stabilité (MES, le fonds de secours de la zone euro), un fonds de garantie pour mobiliser 200 milliards d’euros maximum pour les entreprises et jusqu’à 100 milliards pour soutenir le chômage partiel.

« La bataille la plus dure »

La brûlante question des « coronabonds » ou « eurobonds », cet emprunt européen commun réclamé par les pays du Sud (Italie, France, Espagne…) pour soutenir l’économie à plus long terme, n’a pas été tranchée jeudi.

Mais le texte européen prévoit également un fonds de relance dont les modalités restent à définir. « L’Italie, au côté d’un groupe d’alliés nombreux, demande que cet instrument soit mis en œuvre rapidement et qu’il ait une dimension large, à travers l’émission d’eurobonds », a affirmé M. Gualtieri.

Sur cette question, « il y aura la bataille la plus dure » au conseil européen et « nous serons très déterminés », car « le programme n’existe que s’il y a les quatre éléments », a-t-il poursuivi. Il a jugé nécessaire au total 1.500 milliards d’euros au niveau européen, alors que 500 milliards ont pour le moment été débloqués.

Il semble néanmoins très difficile de parvenir à un accord sur les eurobonds, alors que l’Allemagne et les Pays-Bas n’ont eu de cesse, ces derniers jours, de réitérer leur opposition totale à cette idée. « On est loin du consensus sur la mutualisation de la dette », a ainsi assuré à l’AFP une source européenne.

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