Le monde des start-up demeure encore trop masculin

Le monde des start-up demeure encore trop masculin

Le monde des start-ups serait-il encore exclusivement masculin ? C’est en tout cas que semble démontrer un rapport de la Commission européenne, intitulé Women in the Digital Age. Selon ce dernier, seuls 17 % des fondateurs de start-ups européennes seraient des femmes.

Un chiffre qui inquiète Martin Kern, directeur de l'Institut européen de l’Innovation et de la Technologie : « Le monde des start-ups reste encore trop majoritairement masculin. Il y a aujourd’hui toujours un réel fossé entre les hommes et les femmes dans ce milieu. C’est inquiétant dans le sens où se chiffre, très peu élevé, correspond à de nombreuses opportunités manquées. Nous passons à côté de certaines femmes entrepreneurs qui constituent pourtant une ressource économique puissante. Il est grand temps de mettre sur pied de sérieuses mesures pour endiguer ce problème. Nous devons essayer de renverser la situation à court comme à moyen terme ».

Et pour y parvenir, la clé se situerait au niveau de l’éducation. « Il faut en priorité se focaliser sur l’éducation des jeunes filles dès leur plus jeune âge. Elles doivent prendre conscience que l’entreprenariat est une possibilité qu’elles peuvent tout à fait envisager », estime Martin Kern.

Eriger un environnement propice à l’entreprenariat féminin

La création d’un environnement propice à l’entreprenariat des femmes constituerait aussi un moyen de renverser la vapeur. « Il faut pouvoir leur apporter un soutien constant, les guider dans leurs démarches en organisant par exemple des workshops qui leur sont exclusivement destinés », propose le directeur de l’Institut européen de l’Innovation et de la Technologie. De même, mobiliser les femmes CEO qui ont réussi dans le milieu de l’entreprenariat afin qu’elles inspirent les jeunes générations représenterait également un outil puissant. « Elles ont le pouvoir de montrer qu’elles ont réussi à créer leur propre entreprise. Elles sont la preuve vivante qu’il est possible de se faire une place en tant que femme dans le monde des start-ups », affirme Martin Kern.

Cette prise de conscience est cruciale, d’autant que selon le même rapport de la Commission européenne, les start-ups digitales appartenant à des femmes auraient plus de chances de réussir. L'investissement dans les start-ups fondées par des femmes serait, quant à lui, 63% plus performant que les start-ups exclusivement masculines. « C’est là que se situe tout le paradoxe. Il y a peu de femmes fondatrices de start-ups, alors que les statistiques montrent qu’elles réussissent mieux que les hommes. Cette réussite plus probable s’explique, selon moi, par la persévérance de ces femmes qui savent dès le début qu’elles vont devoir se faire leur propre place », développe Martin Kern.

L’EIT comme exemple

Dans ce contexte l’Institut européen de l’Innovation et de la Technologie (EIT) fait figure d’exemple, en plaçant les femmes au cœur de leur organisation, et ce à plusieurs égards. « Nous sommes rendu compte que la majorité des personnes récompensées lors de notre soirée annuelle des Awards étaient des hommes, nous avons donc décidé il y a quelques années de créer un Award qui récompenserait des femmes talentueuses afin de les inspirer à devenir de véritables leaders », exemplifie Martin Kern. L’évolution des mentalités est également visible dans leur attribution des postes à responsabilités.

Huit des douze postes des plus hautes sphères de l’EIT sont occupés par des femmes. De même que 55 % des experts de leur secteur relatif à l’évaluation des propositions d’innovations sont en réalité des expertes, contre 11% en 2013. « Cela fait une grosse différence et cela nous apporte beaucoup. Car les femmes ont souvent une vision différente de la technologie et de l’innovation, elles rendent une évaluation plus diversifiée », conclut Martin Kern.

 
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