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Maisons de repos: «Nous étions des maisons de vie, nous sommes devenus des maisons de mort»

À Flobecq, la maison de repos de Patrick Smousse compte 75 % de résidents et 51 % du personnel positifs au Covid-19. Il met en cause la politique de testing et a dû appeler l’armée en renfort.

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Journaliste au service Société Temps de lecture: 4 min

Premier étage du home la Providence Saint-Christophe, à Flobecq. Vêtue d’un ensemble blanc recouvert d’un tablier orange et jaune, Jennifer Thiry pénètre, accompagnée d’une aide-soignante, dans la chambre d’une résidente qui n’a plus quitté son lit depuis plusieurs jours. Affaiblie, elle peine à s’exprimer et à se mouvoir. Ensemble, les deux jeunes femmes entreprennent de faire la toilette de la vieille dame qui esquisse un petit sourire. Les gestes sont coordonnés et logiques. Entre les deux femmes, la machine semble huilée. Pourtant, Jennifer n’est là que depuis quelques heures. Sergent au sein du 3 Element médical d’intervention, l’ambulancière fait partie des cinq militaires qui sont venus porter main-forte à Patrick Smousse, le directeur de la résidence qui paie un lourd tribut au Covid-19.

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7 Commentaires

  • Posté par Casier Etienne, jeudi 16 avril 2020, 11:19

    La ministre régionale Morreale s'est-elle déjà rendue sur le terrain ? Quel est le rôle de l'OIP AVIQ dans cette crise ? Qui fait quoi ? Merci pour votre éclairage journalistique sur ces questions

  • Posté par Pire Bernard, jeudi 16 avril 2020, 9:37

    Une fois de plus, la Belgique paie le prix de ses coupes budgétaires à répétition, d'autant plus faciles avec la Grande Muette que celle-ci par définition s'exprime peu. De plus, la majorité des citoyens, habitués à une vie sans crises ni menaces, approuvait ces "rationnalisations", préférant plus de confort immédiat à une défense jugée inutile. Ensuite est venue la crise islamiste. Les soldats ont été envoyés dans les rues et on s'est rendu compte de ses effectifs squelettiques, de son manque d'équipement, du vieillissement de son cadre, du déficit d'estime dont sont victimes ses membres alors que ces gens font preuve d'un dévouement rare . A l'heure du Covid, on voit maintenant l'inadéquation de nos services de santé, victimes des mêmes mesures. La question est : où va s'arrêter le détricotage de l'Etat ? La Belgique s'empêtre dans sa structure régionalisée inextricable, la multiplication des instances, le manque de vision stratégique. Je sais que la comparaison est facile et peut-être pas tout à fait objective mais, si on regarde les Pays-Bas, on voit que leurs joyaux industriels sont encore nationaux. En Belgique, ils sont aux mains de l'étranger... Et tout est à l'avenant chez nous...

  • Posté par Casier Etienne, jeudi 16 avril 2020, 9:29

    La maison de repos est en effet un modèle dépassé (voir notamment https://plus.lesoir.be/233599/article/2019-06-28/cinq-experts-la-maison-de-repos-est-un-modele-depasse). En outre, la marchandisation/financiarisation de l'aide aux personnes âgées - plus de 50% des lits en maison de repos sont aux mains de sociétés commerciales axées sur le sur le seul profit de leurs actionnaires - est une dérive catastrophique. Quand ça va les actionnaires font des profits, quand ça va mal il faut envoyer l'armée et la protection civile et l'Etat doit renflouer. Une fois la crise COVID passée il faudra revoir l'intégration des personnes âgées dans notre société.

  • Posté par Pire Bernard, jeudi 16 avril 2020, 9:44

    Je partage votre opinion. Il en est des maisons de repos comme du reste. L'Etat est là pour renflouer les banques quand le crash menace mais ne taxe pas quand elles font des profits. Il en est de même pour les maisons de repos et pour beaucoup d'autres secteurs. C'est un modèle de société à changer, en effet. C'et aussi un effort de solidarité à remettre au centre du débat : dans nombre de cas, la jeune génération ne veut pas sacrifier son petit confort à l'hébergement d'une personne âgée. La mise en maison de repos ne fait que satisfaire un besoin identifié. Il suffit d'emballer le produit dans un joli argumentaire du style : "il y aura une surveillance médicale continue, il ne sera pas seul la journée, on a peur qu'il tombe etc etc"

  • Posté par Flamcourt Gabriel, jeudi 16 avril 2020, 9:02

    Justice, enseignement, santé publique, armée, etc. Partout le même son de cloche : « restriction budgétaire, nous faisons avec ce que nous avons ... » Dans un pays où la pression fiscale est très élevée, où part l’argent ?

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