Ces jeunes qui ne rêvent plus de faire carrière

Ces jeunes qui ne rêvent plus de faire carrière

Ils se sont investis dans de longues et fastidieuses études pour, une fois arrivés sur le marché du travail, se laisser tenter par un autre mode de vie. Nombreux sont les jeunes diplômés à ne plus rêver de la carrière traditionnelle de leurs parents.

Aurélie (28 ans) et Antoine (26 ans) en sont la preuve. Après avoir effectué des études de droit, de communication puis de journalisme, Aurélie travaille aujourd’hui comme pigiste pour une télévision locale. Un statut précaire qui coïncide pourtant parfaitement avec sa vision et ses envies. « C’est un statut sans sécurité d’emploi et de salaire mais c’est aussi une vraie liberté. Je pars quand je veux, autant de temps que je veux. Pour moi, le CDI n’est pas le saint graal comme ça l’était pour nos parents. J’ai eu l’occasion de postuler pour des contrats mais je n’ai jamais voulu car il faut être prêt à bosser toute l’année, avec très peu de jours de vacances et sans pouvoir toujours choisir quand on pose ses congés. Ça me stresserait plus qu’autre chose. Quand je ne me sens pas bien, quand le temps est trop mauvais, quand j’ai besoin de plus de nature, quand je suis trop stressée, j’ai besoin de partir pour vivre autre chose », confie la jeune femme. Aurélie alterne ainsi les périodes de travail et les voyages. « Je travaille plusieurs mois pour gagner assez et dès que j’ai suffisamment d’argent ou quand je sens que je n’en peux vraiment plus du « métro, boulot, dodo », alors je pars à l’étranger plusieurs semaines, puis je reviens et je retravaille », développe-t-elle.

« La meilleure expérience de ma vie »

Antoine, lui, est détenteur d’un bachelier en e-business et d’un master en sciences de gestion. Après avoir travaillé en tant qu’auditeur interne en lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme au Luxembourg, il revient en Belgique en tant que conseiller de placement au sein d’une banque, avant de tout plaquer en septembre 2009 pour partir au bout du monde, en Australie. « Je suis parti avec un « Working Holiday Visa ». Ici, il faut faire 88 jours de travail en ferme pour pouvoir prolonger ce visa et rester sur le territoire durant deux ans. J’ai donc cueilli des pommes sous 38 degrés, 60 heures par semaine, à la grande surprise de mes anciens collègues ! Et honnêtement, c’était la meilleure expérience de ma vie. J’ai appris énormément sur moi-même, j’ai repoussé mes limites et j’ai rencontré des personnes formidables qui voyagent comme moi en solitaire », témoigne le jeune homme.

Trouver du sens à son travail

Revenir travailler en Belgique ? Il n’y pense même pas. « Ma vision à court terme se résume à travailler par période pour mettre un peu d’argent de côté et pouvoir me permettre de voyager. J’en profite pour visiter l’Asie en même temps, le Canada figure aussi dans mes projets. Je me laisse guider par mes envies, au grand désarroi de mes proches qui me voient changer de plan tout le temps. Me poser ? Sans doute plus tard, mais pour l’instant je veux découvrir le monde pour n’avoir aucun regret ».

Le schéma de la carrière classique, même postposé, Aurélie n’en veut, elle, tout bonnement pas. « Je suis certaine de deux choses. La première c’est que je ne veux pas vivre en Belgique. La seconde c’est que je ne me vois pas être soumise aux commandes d’un chef toute ma vie. Certains de mes proches et de mes amis tiennent le même discours. On en attend plus. Le but n’est pas juste d’avoir un contrat et de l’argent mais c’est vraiment de trouver un boulot qui ait du sens. Je réfléchis toujours à la manière de vivre et de travailler qui me plairait plus tard, sans tomber dans la routine. Je ne l’ai pas encore trouvée, mais on verra on le vent me portera », conclut Aurélie.

 
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