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Ces jeunes qui ne rêvent plus de faire carrière

Ils ont fait trois voire cinq ans d’études, pour finalement suivre un tout autre chemin : celui du voyage et de la liberté. Rencontre avec Aurélie et Antoine, deux jeunes qui ne rêvent plus de faire carrière à tout prix.

Temps de lecture: 4 min

Ils se sont investis dans de longues et fastidieuses études pour, une fois arrivés sur le marché du travail, se laisser tenter par un autre mode de vie. Nombreux sont les jeunes diplômés à ne plus rêver de la carrière traditionnelle de leurs parents.

Aurélie (28 ans) et Antoine (26 ans) en sont la preuve. Après avoir effectué des études de droit, de communication puis de journalisme, Aurélie travaille aujourd’hui comme pigiste pour une télévision locale. Un statut précaire qui coïncide pourtant parfaitement avec sa vision et ses envies. « C’est un statut sans sécurité d’emploi et de salaire mais c’est aussi une vraie liberté. Je pars quand je veux, autant de temps que je veux. Pour moi, le CDI n’est pas le saint graal comme ça l’était pour nos parents. J’ai eu l’occasion de postuler pour des contrats mais je n’ai jamais voulu car il faut être prêt à bosser toute l’année, avec très peu de jours de vacances et sans pouvoir toujours choisir quand on pose ses congés. Ça me stresserait plus qu’autre chose. Quand je ne me sens pas bien, quand le temps est trop mauvais, quand j’ai besoin de plus de nature, quand je suis trop stressée, j’ai besoin de partir pour vivre autre chose », confie la jeune femme. Aurélie alterne ainsi les périodes de travail et les voyages. « Je travaille plusieurs mois pour gagner assez et dès que j’ai suffisamment d’argent ou quand je sens que je n’en peux vraiment plus du « métro, boulot, dodo », alors je pars à l’étranger plusieurs semaines, puis je reviens et je retravaille », développe-t-elle.

« La meilleure expérience de ma vie »

Antoine, lui, est détenteur d’un bachelier en e-business et d’un master en sciences de gestion. Après avoir travaillé en tant qu’auditeur interne en lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme au Luxembourg, il revient en Belgique en tant que conseiller de placement au sein d’une banque, avant de tout plaquer en septembre 2009 pour partir au bout du monde, en Australie. « Je suis parti avec un « Working Holiday Visa ». Ici, il faut faire 88 jours de travail en ferme pour pouvoir prolonger ce visa et rester sur le territoire durant deux ans. J’ai donc cueilli des pommes sous 38 degrés, 60 heures par semaine, à la grande surprise de mes anciens collègues ! Et honnêtement, c’était la meilleure expérience de ma vie. J’ai appris énormément sur moi-même, j’ai repoussé mes limites et j’ai rencontré des personnes formidables qui voyagent comme moi en solitaire », témoigne le jeune homme.

Trouver du sens à son travail

Revenir travailler en Belgique ? Il n’y pense même pas. « Ma vision à court terme se résume à travailler par période pour mettre un peu d’argent de côté et pouvoir me permettre de voyager. J’en profite pour visiter l’Asie en même temps, le Canada figure aussi dans mes projets. Je me laisse guider par mes envies, au grand désarroi de mes proches qui me voient changer de plan tout le temps. Me poser ? Sans doute plus tard, mais pour l’instant je veux découvrir le monde pour n’avoir aucun regret ».

Le schéma de la carrière classique, même postposé, Aurélie n’en veut, elle, tout bonnement pas. « Je suis certaine de deux choses. La première c’est que je ne veux pas vivre en Belgique. La seconde c’est que je ne me vois pas être soumise aux commandes d’un chef toute ma vie. Certains de mes proches et de mes amis tiennent le même discours. On en attend plus. Le but n’est pas juste d’avoir un contrat et de l’argent mais c’est vraiment de trouver un boulot qui ait du sens. Je réfléchis toujours à la manière de vivre et de travailler qui me plairait plus tard, sans tomber dans la routine. Je ne l’ai pas encore trouvée, mais on verra on le vent me portera », conclut Aurélie.

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7 Commentaires

  • Posté par Sofia Letovaltseva, dimanche 19 avril 2020, 12:29

    Je comprends ces jeunes . Je ne penses pas qu'ils ont fait des études " juste pour le fun" et que maintenant ils se plaignent des privilèges qu'ils ont . Souvent, les jeunes font des études qui ne leur correspondent pas car la pression sociale fait qu'on doit absolument prouver sa valeur devant les gens.. En vérité, nombreux sont ceux qui ne veulent pas de boulots conventionnels, ils sont soit de nature artistique soit manuelle mais on leur fait très souvent croire que sans diplôme ils ne valent pas grand chose dans la vie . Une fois que les études sont finies, un bon nombre de jeunes se retrouvent piégé par un boulot qu'ils n'aiment pas mais se sentent obligés d y continuer ... Bien sûr, il y a des étudiants en économies, droits etc, qui adorent leurs études et se voient pratiquer le métier futur dans ces domaines ! A mon avis, Il ne faut pas blâmer ces jeunes complètement perdus, à qui on a fait croire que leur destin est tout calculé pour eux . Je suis étudiante aussi et la vie professionnelle me fait peur car je n'aime pas trop mes études.. Pour moi, voyager n'est pas une option mais j'envisage de prendre des cours de cinéma.. rien à voir avec mes études en sciences politiques :p

  • Posté par Moris gérard, vendredi 17 avril 2020, 10:03

    """osté par Marco Polo, jeudi 16 avril 2020, 21:31 Le comportement de bobo... Oh, oui, j'ai fait des études, mais travailler, oh non, c'est pas fun... Il y a des baffes qui se perdent, en effet..."""" +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++ Et encore ...faire des études...quelles études:communication,journalisme de base,tourisme..;etc des études qui n'en sont pas vraiment.Alors qu'on manque d'enseignants,d'ingénieurs,..ah mais oui.C'est trop dur. On préfère du coup se délester de ce fardeau d'étude que sont les vraies études et tant qu'à faire on élimine tout ce qui demande une assiduité. Devenir randonneur est plus simple en effet:les CPAS et autres aides sont toujours là

  • Posté par François Marc, jeudi 16 avril 2020, 18:47

    Ces jeunes me remplissent d'espoir qu'un jour de nouvelles valeurs permettront de sortir de l'enfermement mortel dans le monde du profit dans lequel nous nous perdrons pour toujours si nous ne changeons pas en urgence. L'espoir est donc encore vivant.

  • Posté par Marco Polo, jeudi 16 avril 2020, 21:30

    On verra dans qq années, quand ils vont commencer à se demander ce qu'ils boufferont quand ils seront vieux...

  • Posté par Monsieur Alain, jeudi 16 avril 2020, 16:29

    Je trouve que faire des études aux frais de collectivité et ne pas rembourser celle-ci en mettant ses compétences à son service relève du comportement de la cigale.

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