Des tests pour les joueurs, des stades aménagés: le football français contraint d’adapter sa logistique en cas de reprise

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Comment éviter la propagation du nouveau coronavirus lors d’un match, dans les stades, à l’entraînement ? Si les équipes reprennent leur activité, comme le laisse entendre la levée progressive du confinement à partir du 11 mai, le secteur devra se plier à de nouvelles règles sanitaires.

Distanciation sociale, masques, gants, gestes barrières… Des bonnes pratiques existent mais pour le moment, les acteurs attendent des consignes officielles.

« Il y a beaucoup d’incertitudes et tout le monde navigue un peu à vue », explique le Dr Pascal Maillé, directeur du Centre médical sportif de Clairefontaine. Mais « à un moment, il va falloir rejouer au football. Et ça passe par le marquage d’un joueur sur un corner. C’est là qu’il va falloir demander une interprétation, un avis… », poursuit-il.

« C’est difficile dans des sports comme le football de respecter la distanciation sociale, et on ne peut pas jouer en portant le masque », abonde le Dr Régis Boxelé, médecin du sport à Paris. « La clé, ce sont les tests. Ils sont indispensables, ce serait une prise de risque énorme de faire sans, poursuit-il. Pour les joueurs qui n’ont pas eu le Covid-19, il faudra les tester souvent, au moins tous les trois, quatre jours. »

« La préconisation, c’est évidemment de faire les tests à tout le monde », confirme Philippe Piat, président du syndicat des joueurs (UNFP).

En suivant cette logique, au rythme de deux fois par semaine, c’est près de 4.000 tests qu’il faudrait effectuer chaque mois pour la Ligue 1. C’est sans compter la Ligue 2, le National et la D1 féminine, qui tablent aussi sur une reprise cet été.

« Cela va entraîner une logistique médicale importante, sans compter l’aspect psychologique », prolonge le Dr Boxelé.

Des aménagements dans les stades ?

Pour les enceintes sportives, une chose est sûre : « Cette pandémie va nous obliger à modifier profondément les habitudes de travail », explique Xavier Pierrot, directeur général adjoint de l’Olympique lyonnais, chargé du stade.

Si rejouer à huis clos est aujourd’hui l’option la plus probable, il reste néanmoins que plusieurs dizaines de personnes continueront à se côtoyer autour de la pelouse pour assurer la tenue du match. Des secours à la maintenance technique, des joueurs aux journalistes, ce chiffre monte à 300 à Lyon.

À Toulouse, le club l’estime à « 150, 200 » personnes, à Bordeaux autour de 200. À Reims, c’est la même fourchette : 200, 250 selon la ville.

Là encore, des consignes sanitaires sont attendues, comme sur le port du masque. « Si on nous demande de fournir un masque, aujourd’hui on est tous dans le même cas, il n’y en a pas », explique Christophe Pierrel, président de SBA, concessionnaire du Matmut Atlantique à Bordeaux.

« Le gros avantage d’avoir une infrastructure comme un stade, c’est qu’on peut mettre à disposition des espaces dédiés pour les autorités médicales ou sanitaires. Par contre, il faudra une clarification sur ce que l’on devra mettre en place mais ça, il n’y a pas grand-monde qui le sait », poursuit-il.

Une piste peut mener à la désinfection du stade ou à placer les deux bancs de touche l’un en face de l’autre, comme au football américain. Voire, pour respecter la distanciation sociale, à allonger les bancs « avec des chaises », sourit Pierrel.

Quels dispositifs de sécurité ?

Jouer à huis clos ne garantit pas l’absence de supporters… autour du stade, comme l’a montré mi-mars l’exemple de PSG-Dortmund où des centaines de fans parisiens se sont amassées autour du Parc pour encourager leurs joueurs.

Un dispositif de forces de l’ordre est donc à prévoir, et c’est au préfet de le mettre en place. À Saint-Etienne, pour le match à huis clos entre l’ASSE et Nantes le 12 janvier, 75 policiers et 40 CRS avaient été mobilisés, selon la préfecture de la Loire.

Mais la situation peut beaucoup varier d’un match à un autre, d’une ville à une autre. Dès lors, quel dispositif envisager pour l’affiche restant à jouer entre Marseille et le PSG, toujours très suivie ?

« On pourra difficilement éviter les rassemblements de supporters à l’extérieur. Mais on ne sait pas encore ce qui sera autorisé ou non, après le 11 mai », conclut Francis Assailly, directeur des sports de la ville de Reims.

 
 
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