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Baisse «vertigineuse» des ventes d’essence, qui se font «presque à perte»

La Fédération belge des négociants en combustibles et carburants est inquiète.

Temps de lecture: 3 min

La baisse de volume des ventes d’essence (95 et 98) est « vertigineuse » après un mois de confinement pour contrer la propagation du coronavirus et avoisine les 80 à 85 %, indique lundi la Brafco, la Fédération belge des négociants en combustibles et carburants. Le diesel n’est pas épargné, même s’il est moins touché, avec un recul de 25 à 30 % des ventes. Avec la baisse du prix des carburants depuis quelques semaines, les ventes se font presque à perte actuellement, alerte l’organisation.

L’essence davantage touchée

La restriction des déplacements et le télétravail largement adopté depuis le début du confinement ont donc eu un effet très visible (et logique) sur la consommation de carburant. « L’essence est davantage touchée car elle est essentiellement utilisée par le citoyen, qui ne roule plus que très peu », explique Olivier Neyrinck, porte-parole de la Brafco. Le recul est par contre nettement moins important pour le diesel grâce au secteur du transport qui est resté actif depuis le début du confinement.

Les marchés volatiles

Dans l’ensemble, la situation est toutefois « dramatique », à entendre le porte-parole de la Brafco. Le stock pour les stations-service est « énorme » et ce carburant a été acheté début mars, à une période où les produits pétroliers coûtaient bien plus chers. Depuis lors, le prix maximal fixé par le SPF Economie a fortement baissé et le prix proposé dans les stations-service est parfois même passé sous la barre de l’euro le litre. Un prix qui résulte des fluctuations des cotations des produits pétroliers et/ou des biocomposants inhérents à leur composition sur les marchés internationaux.

« On vend quasi à perte actuellement », s’inquiète Olivier Neyrinck, qui espère pouvoir compenser ce phénomène sur l’ensemble de l’année.

Les marchés du pétrole ont en effet plongé ces dernières semaines à leur plus bas niveau depuis près de vingt ans, alors que les blocages et les restrictions de voyages dans le monde entier se répercutent de plein fouet sur la demande.

Guerre des prix

La crise a été aggravée après que l’Arabie Saoudite, membre de l’Opep, a lancé une guerre des prix avec la Russie, qui n’est pas membre de cette organisation. Les deux pays ont mis un terme à leur différend au début du mois en acceptant, avec d’autres pays, de réduire leur production de près de 10 millions de barils par jour pour stimuler les marchés touchés par le virus. « Une demi-bonne nouvelle », commente le représentant de la Brafco, selon qui il eut fallu s’accorder sur une réduction de 20 millions de barils par jour.

Un impact financier pour la Belgique

Le recul des ventes a par ailleurs aussi un impact sur les rentrées financières pour l’État. Pour l’ensemble de l’année 2019, les accises sur les produits énergétiques et l’électricité avaient ainsi rempli les caisses publiques à hauteur de 5,3 milliards d’euros, selon les statistiques du SPF Finances, dont 490 millions pour le mois de mars et 449 pour celui d’avril. En 2020, ces accises ont déjà rapporté 421 millions d’euros en janvier, puis 418 le mois suivant.

La crise sanitaire n’a, par contre, pas de répercussions sur l’emploi dans le secteur en Belgique. Beaucoup d’entreprises vendent en effet des carburants mais aussi d’autres combustibles et « ne savaient plus où donner de la tête pour leurs livraisons avant le confinement », explique encore Olivier Neyrinck. Selon lui, « les chauffeurs n’ont pas compté leurs heures depuis lors ».

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8 Commentaires

  • Posté par LAMBERT André, lundi 20 avril 2020, 22:40

    Il ne faut surtout pas se leurrer, car dès qu'il y aura un semblant de reprise économique, ces braves marchands de pétrole vont organiser artificiellement, comme ils en ont toujours eu la fâcheuse habitude, une pénurie de carburant et les prix vont certainement atteindre des sommets qu'ils n'ont peut-être jamais atteints jusqu'à présent. A cet égard, il faut se rappeler les stratégies mises en oeuvre à l'époque, par le secteur, notamment en bloquant des tankers aux larges des côtes pour faire croire à une pénurie et donc dans l'attente de hausses de prix. Cependant, j'espère quand même me tromper !!!

  • Posté par Cambier Bernadette, lundi 20 avril 2020, 19:04

    Comme quoi, quand le consommateur veut ( dans ce cas, contre sa volonté ), Tout le système tremble devant le manque a gagner !!!! A méditer !

  • Posté par THIERRY SAYE, lundi 20 avril 2020, 17:30

    Pourtant les prix augmentent demain mardi !! Bizarre, bizarre !! Vous avez dit "bizarre !!", comme c'est étrange !!!

  • Posté par VINCENT Patrick, lundi 20 avril 2020, 18:39

    Si vous avez bien lu l'article , il y a une diminution de production de 10 millions de barils/jours, ce qui limitera les pertes pour les négociants , d'ou augmentation du prix . CQFD

  • Posté par Poels Celine , lundi 20 avril 2020, 17:13

    Moins d'accidents, moins de détériorations des routes, moins de pollution, etc etc Bref, il convient de prendre toutes les conséquences en cause avant de parler d'une baisse des rentrées pour l'Etat via les accises sur le carburant.

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