Coronavirus: les aides ménagères reprennent le travail sans garantie

Coronavirus: les aides ménagères reprennent le travail sans garantie
Sylvain Piraux.

Selon une enquête réalisée (sur base volontaire) par la FGTB entre le 17 et 20 avril, auprès de 4.000 aides ménagères, la pression pour un retour au travail serait actuellement « très forte ». Le syndicat estime pourtant que les mesures barrières ne sont que trop rarement respectées sur le segment « titres-services ». Rappelons-le : le secteur n’a jamais « fermé » de manière généralisée. Les employeurs, pour poursuivre leurs activités, doivent donc garantir le respect des mesures imposées par les autorités sur le lieu de travail de leurs employées. Soit, dans la très large majorité des cas de figure, le domicile de particuliers.

Plus de 80 % des aides ménagères sondées déclarent pourtant ne pas disposer du matériel de protection suffisant (masque, gel, gants). Seules 2 % d’entre elles ont reçu une formation (7 % en ligne) pour elles-mêmes apprivoiser les précautions nécessaires. En cas de reprise effective, 60 % des personnes interrogées déclarent régulièrement travailler dans la même pièce que leurs clients alors que 35 % de ces derniers ne respectent pas la distanciation sociale requise de 1,5 mètre.

Insécurité financière

Le syndicat a déjà alerté à plusieurs reprises sur le risque sanitaire et financier pour cette catégorie de travailleuses (le secteur compte 96 % de femmes) qui prestent en moyenne 21 heures par semaine et bénéficient donc, en raison d’un salaire bas, « d’une indemnité de chômage pour cas de force majeure insuffisante pour subvenir à leurs besoins ».

L’enquête montre que près de la moitié des travailleuses sondées (46 %) ont repris le travail « parce qu’elles n’arrivent pas à joindre les deux bouts » et que plus de deux tiers d’entre elles ont du mal « à payer les factures ».

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