4, 11 et 18 mai: la Belgique annonce un déconfinement progressif

Dans cet article

Les politiques se sont réunis ce vendredi après-midi pour trancher et prendre les premières mesures liées au déconfinement lors d’un Conseil national de sécurité. De nombreuses questions étaient sur la table : écoles, travail, transports… Il aura fallu pas moins de 7h aux ministres pour régler les détails de l’accord.

La Première ministre, Sophie Wilmès, qui a présidé ce conseil, s’est ensuite présentée face à la presse pour communiquer et détailler les mesures prises pour cette première phase de déconfinement. Après sept semaines de « sacrifices humains et sociaux », la Belgique peut enfin se tourner vers le déconfinement.

« Le virus reste très présent et dangereux pour la population. Les mesures de sécurité doivent être maintenues pendant la phase de déconfinement », a commencé Sophie Wilmès. « Le déconfinement est une opération jamais réalisée dans l’histoire de notre pays. Il dépend largement de l’évolution de la situation sanitaire. Notre travail se base sur des hypothèses et des prévisions. Le virus a encore beaucoup de secrets à nous livrer même si la recherche d’un vaccin, d’un traitement miracle, continue à mobiliser toute la communauté scientifique », a prévenu la Première ministre. Les échéances ne sont pas définitives.

L’objectif premier reste d’éviter la saturation des hôpitaux. Le processus de déconfinement sera évolutif et non-définitif : il faudra faire évoluer certaines mesures en fonction du virus. Il sera par ailleurs possible de faire marche arrière, comme Sophie Wilmès l’avait déjà expliqué dans un entretien au Soir.

Les règles suivantes resteront en vigueur lors des différentes phases  : la limitation autant que possible des contacts entre les personnes, respecter les distances de sécurité en permanence, respecter les mesures d’hygiène et les gestes barrière (mouchoirs jetables, tousser dans le coude, contacter son médecin en cas de symptômes…).

La question du masque

Sophie Wilmès recommande de porter des masques en tissus dans un espace public et surtout si la distanciation sociale ne peut pas être garantie, « même si les masques ne suffisent pas ». Le port du masque qui couvre la bouche et le nez sera obligatoire dans les transports en commun dès l’âge de 12 ans à partir du 4 mai. Des alternatives telles que le foulard ou le bandana sont acceptables. Il faudra les porter dès l’entrée dans une gare ou à l’arrêt de bus. Le masque devra également être porté dans le cadre du travail si cela est nécessaire.

Tout le monde va recevoir un morceau de tissu qui permettra à chacun de se couvrir le nez et la bouche. Le fédéral a pour objectif de fournir deux filtres à chaque citoyen qu’il puisse intégrer dans les masques qu’il a pu confectionner lui-même. Des tutoriels et vidéos seront disponibles pour que chacun puisse créer son masque et le porter correctement. L’employeur devra fournir des moyens de protection à ses travailleurs, si cela est nécessaire.

« Il ne faut plus toucher au masque une fois placé sur le visage. Les masques en tissu doivent être lavés à haute température », rappelle Wilmès. Les transports en commun vont progressivement augmenter leur offre pour être prêts pour le 4 mai. Il faut continuer à utiliser au maximum son propre moyen de transport. Il vaut mieux éviter l’heure de pointe, si cela est possible.

Les différentes phases

Chaque phase sera contrôlée, « afin de voir si la propagation du virus permet de passer à la phase suivante ». Le nombre d’hospitalisations et la saturation des soins intensifs seront étudiés. Le passage d’une phase à une autre sera confirmé une semaine avant la date en question. Si une règle n’est pas explicitement modifiée, la mesure actuellement en vigueur restera en place.

La phase 0 est la phase que nous vivons aujourd’hui. Beaucoup d’activités ont cessé alors que cela n’était peut-être pas nécessaire. De plus, je tiens à vous dire que l’accueil dans les écoles doit pouvoir tenir compte des différentes phases de déconfinement. Il est important que le soin des petits enfants se fasse en fonction des normes en vigueur. L’offre et les soins thérapeutiques doivent rester maintenus.

La phase 1

La phase 1 aura lieu en deux parties. La première partie devrait se mettre en place dès le 4 mai, si la situation sanitaire ne change pas.

Phase 1A.

Économie. Le télétravail reste la norme dans la mesure du possible. Il sera désormais permis de pallier à l’impossibilité de respecter la distanciation sociale par une série des mesures, dont le port du masque. Les commerces et l’horeca doivent rester fermés, à l’exception des magasins de tissus et de merceries pour permettre à chacun de fabriquer des masques.

Santé. L’accès aux soins de santé généraux et spécialisés sera graduellement augmenté, pour aller vers un retour à la normale, sans saturer les infrastructures.

Enseignement. Pas de changement, les cours sont suspendus.

Vie quotidienne. Les règles restent les mêmes. L’activité physique sera permise avec deux personnes en plus de celles qui vivent sous le même toit, à condition de respecter les distances de sécurité. Il sera également permis de pratiquer d’autres activités sportives à l’air libre (comme le tennis ou le kayak). Si ces sports nécessitent une infrastructure, l’accès aux douches ou infrastructures reste interdit.

Phase 1B.

Cette phase débutera le 11 mai. Il s’agit uniquement de l’ouverture du commerce. Les règles de la phase 1A restent inchangées. Tous les magasins pourront rouvrir, sans aucune spécificité. Les conditions seront définies la semaine prochaine, en accord avec le GEES. Des détails seront également donnés sur les sports et les compétitions.

Trois types de condition seront abordés avec le secteur : l’organisation du travail, l’accueil des clients et la limitation de l’accès aux magasins pour éviter qu’il y ait trop de monde en même temps.

Les métiers de contact, comme les coiffeurs, ne peuvent pas encore ouvrir.

La phase 2

Cette phase s’envisage à partir du 18 mai, date qui pourrait changer.

Économie. Il sera examiné dans quelle mesure les métiers de contact peuvent reprendre leur activité. L’horeca, par contre, ne pourra pas encore redémarrer. L’ouverture des musées pourra s’envisager, sous conditions, comme un système de ticketing.

Vie quotidienne. Seront étudiées plusieurs possibilités : les réunions privées à domicile, le nombre de personnes autorisés aux mariages et aux enterrements, le nombre de personnes qui font du sport ensemble, l’organisation d’excursions dans différents endroits du pays et la possibilité de se rendre dans sa seconde résidence.

Enseignement. La reprise aura lieu partiellement à partir du 18 mai. Chaque communauté devra décider des modalités.

Une phase pilote sera testée le 15 mai en Flandre, avant une reprise le 18. Les maternelles resteront suspendues jusqu’à la fin du mois de mai au minimum. Pour le primaire et le secondaire, les cours reprendront pour un maximum de trois années, en petits groupes à l’école. La priorité sera donnée aux premières et deuxièmes années primaires, ainsi qu’aux dernières années secondaires. Des gardes devront être organisées pour les enfants dont les parents travaillent. Tous les élèves de plus de 12 ans et les membres du personnel devront porter un masque ou une protection suffisante toute la journée. Le personnel d’entretien et le personnel soignant devront également porter des gants. L’hygiène des mains devra être respectée. Une classe comptera au maximum 10 élèves, chacun disposera de 4m2 tandis que l’enseignant disposera de 8m2. La vidéoconférence sera privilégiée pour les réunions. L’accès aux toilettes sera limité : autant d’élèves que de lavabos, où du savon sera disponible.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, les cours reprendront de façon progressive et partielle. Les cours seront suspendus en maternelles. Un maximum 3 années dans le primaire et le secondaire, avec un nombre de jours à déterminer, sera également appliqué. Les modalités doivent encore être définies. Une concertation aura lieu ce samedi à ce sujet. Les classes seront divisées en petits gorupes. La priorité sera donnée aux années diplômantes, comme la 6e primaire et la 6e secondaire. Les écoles restent ouvertes pour l’accueil des enfants. Les déplacements effectués dans le cadre de l’enseignement sont considérés comme essentiels. Tous les élèves de plus de 12 ans et les membres du personnel devront porter un masque ou une protection suffisante toute la journée. L’utilisation de masques FFP2 n’est pas recommandée. Le personnel d’entretien et le personnel soignant devront également porter des gants. L’hygiène des mains devra être respectée. Une classe comptera au maximum 10 élèves, chacun disposera de 4m2 tandis que l’enseignant disposera de 8m2. Les places en classe devront être fixes. Les cours d’éducation physique pourront être organisés à des conditions précises mais si la proximité physique est trop grande, comme lors d’expériences de chimie, ce cours devra être annulé. Il n’y aura pas de repas chauds, les repas froids seront organisés de préférence en classe. La vidéoconférence sera privilégiée pour les réunions. L’accès aux toilettes sera limité : autant d’élèves que de lavabos, où du savon sera disponible. Chaque classe devra être nettoyée tous les jours et à chaque fois qu’elles sont utilisées par des groupes d’enfants différents.

Phase 3

Elle démarrera au plus tôt le 8 juin. Il faudra examiner la réouverture potentielle progressive des restaurants, puis, dans un timing, plus lointain la réouverture des cafés et des bars. Viendra aussi la question des voyages en été, des stages, des attractions touristiques.

Sophie Wilmès rappelle l’annulation des festivals jusqu’au 31 août. Il sera étudié la possibilité d’organiser des plus petits événements en plein air.

Les tests et le tracing

Le testing et le tracing joueront un rôle important. Un test de laboratoire devrait être offert à tous ceux qui présentent des symptômes, les personnes exposées au virus de part leur profession et les personnes en contact avec une personne contaminée. La capacité belge devrait atteindre les 25.000 tests par jour, une capacité qui pourra être élargie jusqu’à 45.000 tests.

Les tests sérologiques seront destinés à étudier l’immunité dans des groupes sélectionnés, suivre l’épidémie et réaliser des tests sur prescription du médecin.

Pour le tracing, il y aura dans chaque entité fédérée un call center de 2.000 personnes ETP. Chaque communauté fera le suivi avec le soutien d’une plateforme commune et l’appui du fédéral. Au niveau interfédéral, un comité sera en charge du tracing des contacts rapprochés. Une base de données commune sera créée. Un cadre juridique pourrait être mis en place si cela est nécessaire, afin de protéger la vie privée. Cela débuterait dès la première phase du déconfinement. La personne infectée sera appelée, devra donner la liste de personnes avec lesquelles elle a été en contact. Ces personnes seront alors contactées et en cas de présence de symptômes, elle serait prise en charge.

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